La fête du livre jeunesse de Villeurbanne, une fête pour les enfants complètement folle !

Les 12 et 13 avril se déroulait la 15ème édition de la Fête du Livre Jeunesse de Villeurbanne. Parce que cet événement s’est toujours voulu décalé et drôle même quand il traitait de sujets sérieux tel que le racisme, le genre, les mouvements sociaux, etc. Gérard Picot, le directeur artistique du festival, a voulu rendre hommage à l’essence de ce festival complètement « pété de la coiffe » en proposant le thème de la folie avec pour mot d’ordre : « Soyons fous ! » Et effectivement, ce weekend, la folie s’est emparée du cours Emile Zola…

« Tout ce qui est barré, on ne le dit pas aux gens. On travaille beaucoup sur l’effet de surprise. » Gérard Picot

Une fête de rue à la manière de la Fête des fous dont parle Victor Hugo dans Notre-Dame de Paris :

La force de cette fête du livre est la surprise et elle résulte souvent de la folie. La fête du livre jeunesse de Villeurbanne a cette particularité qu’il ne faut pas se fier à son programme sans quoi on rate le meilleur de l’animation.
Si le programme nous renseigne efficacement sur les ateliers proposés aux enfants, les conférences, les expositions et  les spectacles, force est de constater qu’il oublie volontairement de parler de la rue…

© Jérémy Engler
© Jérémy Engler

Rien ne disait que samedi après-midi, d’innombrables craies seraient distribuées aux visiteurs pour qu’ils écrivent ce qu’ils veulent partout où ils le veulent.

© Jérémy Engler
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De même, personne ne nous avait parlé des Brigades d’Intervention Orales qui viennent à nous pour discuter ou nous distraire tout en légèreté et avec un brin de folie. Leur but est d’amener les visiteurs à pleinement profiter de l’événement en ne manquant rien de toutes les animations « spontanées » que proposent les organisateurs.

 

© Jérémy Engler
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Tout comme la Fête des fous au Moyen-Âge, les rues sont fermées pour que la rue (re)vive ! C’est la seule fois de l’année que le cours Emile Zola est fermé aux voitures afin que Gérard Picot, le Clopin villeurbannais, nous invite dans l’univers d’Alice et de son Chapelier fou qui envahissent la rue l’espace d’un weekend.

Au delà des décors, l’univers Carollien se retrouve aussi dans l’attraction de la fête, les poules de 2m40 qui déambulent dans les couloirs de la Maison des auteurs ou au milieu des passants. Ces animaux fantastiques nous plongent dans un autre monde, le monde fou, imaginaire et rêvé des enfants…

© Jérémy Engler
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« L’idée est vraiment de partir en vrille afin qu’ils n’aient plus de repère donc on a une trentaine de personnes qui sont lâchées partout. » Gérard Picot

 

La Fête du livre jeunesse de Villeurbanne : La vraie fête des enfants !

© Jérémy Engler
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Dans ce fol univers créé pour cette occasion, seuls les agents de sécurité, aimables comme des portes de prison, nous rappellent que nous n’errons pas dans un monde fantastique. Et pourtant tout est fait pour que les enfants oublient leur monde et découvrent la joie du livre et des arts plastiques.

© Jérémy Engler
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Dans la Maison des auteurs, un coin lecture a été installé pour que les enfants puissent lire des livres auxquels ils n’ont pas accès chez eux. Les parents peuvent les accompagner et leur lire des histoires ou tout simplement jouer avec eux. Le but du festival est évidemment de rendre possible l’accès à la littérature aux plus démunis et cela fonctionne bien puisque l’espace lecteur est plein toute la journée.
Les ateliers proposés aux enfants tout au long de la journée sont complets eux aussi et leur offrent la possibilité de laisser libre cour à leur imagination pour créer leur propre planche de BD ou devenir réalisateur, ou dessiner des superhéros et des personnages loufoques… Bref, il y en a pour tous les goûts !

La force de cette fête pour enfants réside dans sa diversité et sa capacité d’adaptation au public.

© Jérémy Engler
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Pour rester dans le loufoque, il faut rappeler que les inscriptions s’effectuaient auprès de caravanes postes de radio (doublées d’un grille-pain pour certaines) très originales. Tous les ateliers ne nécessitaient pas forcément une inscription, les ateliers dans la rue étaient totalement libres d’accès, comme la lecture relais d’un passage d’Homère de 10h et 18h ou les tables de craies laissées à disposition des enfants pour qu’ils puissent dessiner en plein air.

© Jérémy Engler
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Mais assurément, l’atelier public qui reçut le plus de succès ce weekend fut « travaille ton chapeau pour travailler du chapeau ».

Cet atelier proposait de customiser un entonnoir pour en faire un chapeau. Tous les enfants se baladaient avec un chapeau rigolo sur la tête et certains adultes s’étant laissés prendre au jeu les imitaient à leur plus grande joie.

© Jérémy Engler
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En plus de tous ces ateliers, l’espace librairie, dont les murs en carton étaient couverts de dessins, paraissait lui aussi sortir d’une autre dimension. Au milieu des gradins, sur ce qui a l’habitude d’être des terrains de sport, les auteurs ou illustrateurs étaient installés à leurs stands pour dédicacer leurs ouvrages à des enfants aux yeux écarquillés et à des parents émerveillés de pouvoir offrir un si bel objet, signé de la main de l’auteur, à leurs bambins.

Tout était réuni pour que les enfants passent un weekend magique et féérique au pays de l’imaginaire déjanté. Un imaginaire qui s’inspire du quotidien pour transcender le monde et nous le montrer sous un jour nouveau.

 

Gilbert Legrand, l’invité d’honneur du festival : un grain de folie dans les objets du quotidien :

© Jérémy Engler
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© Jérémy Engler
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Pour les plus grands, mais aussi pour les enfants, la Maison du Livre, de l’Image et du Son proposait des expositions dont celle de Gilbert Legrand qui s’amuse à donner vie à des objets du quotidien tels que des lunettes, des brosses, des emballages, des outils, etc. en créant des personnages et en les plaçant dans un contexte citadin, ici New York pour coller à l’image villeurbannaise des Gratte-Ciel.
En tant qu’invité d’honneur, il a eu la possibilité de travailler avec les élèves de l’école élémentaire Albert Camus afin de leur faire créer des personnages à partir d’objets du quotidien ou à partir d’un support papier.

© Jérémy Engler
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Cette exposition prodigieuse s’est même vue consacrée un article individuel dans notre journal, ici-même.

La Fête du Livre Jeunesse de Villeurbanne est maintenant terminée mais il nous tarde d’en découvrir le prochain thème car il sera sans doute surprenant et fera de l’événement un moment magique et surréaliste pour des enfants qui auront à cœur de cultiver leur grain de folie…

Jérémy Engler

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