La journée arts de rue du Karnaval Humanitaire, une journée hétéroclite et chaleureuse !

Le samedi 28 mars dernier se déroulait au festival du Karnaval humanitaire une journée spécialement consacrée aux arts de la rue. Avec la petite dizaine de spectacles, tous les savoir-faire étaient représentés : jonglage, marionnette, acrobatie, musique. Bref, une journée riche en rebondissement, et qui a su réchauffé nos cœurs malgré le froid ambiant.

Trois clowns pour le prix d’un !

Et c’est donc un clown et la compagnie trois petits tours qui ouvre cette journée art de rue. Mais pas question de se lancer comme ça, sans recommandations ! Ce maître de cérémonie, ce gardien, est là pour nous guider, et nous expliquer les dangers que comporte un chapiteau. Si l’idée et le jeu de ce Félicien sont bons, le texte manque quelque peu de comique et d’extravagances. Dommage. En fin de journée, le public à la joie de retrouver deux autres clowns, pour deux solos bien différents, tout deux avec un univers bien particulier, mais tout aussi déjanté ! Le premier est un autrichien, chemise-nœud pap, et pantalon trop petit. C’est Helmut Von Karglass. Déjà, l’univers est installé. Entre quelques numéros de jongles, avec des balles ou des couteaux, nôtre hôte discute avec nous. Entre ses problèmes sociaux et professionnelles, tout y passe. Saupoudrés bien sûr de quelques clichés, grinçants, mais toujours succulents. Si les numéros techniques laissent hélas parfois un peu à désirer, le personnage haut en couleur rattrape toujours l’ensemble, par son attitude, par ses mots. Puis, pour conclure la journée, un autre clown, dans un style totalement différent. C’est Stoppino, de la compagnie Circolabile. Chez lui, pas de mots, juste quelques voyelles sans sens, ou presque. Son show ? Un partenariat avec son public. Si une trame existe, la majorité du spectacle se fait en improvisation, suivant les réactions ou non du public. Le résultat est particulièrement jouissif et le rire nous emporte instantanément.

Des déambulations festives

Outre ces numéros à tendance comique, le public a égalemment eu la chance d’assouvir un plaisir visuel. En premier temps, avec une fanfare punchy au rythme brésilien : la compagnie Batook. Un petit coup de cœur pour leurs costumes, noir et blanc, mélange de dentelle et tissus imprimés, ainsi que pour leur énergie débordante. Marchant avec les spectateurs, une marionnette géante, rappelant celle des Royal Deluxe, et dansant au rythme des tambours. Puis, après cette longue déambulation dans les parcs de l’INSA, retour à un lieu fixe, avec un spectacle tout aussi dynamique, interprété par les Hong-Teck Lyon. Cette fois, c’est un lion qui danse. Une prestation traditionnelle que l’on voit souvent au nouvel an chinois, et qui a toujours le mérite d’être très spectaculaire et visuellement intéressant, avec ses costumes encore une fois extravagants. Malgré tout, peu d’intérêt artistique derrière cela, même si on ne boude pas notre plaisir.

Des plaisirs poétiques

Après le comique et le spectaculaire, vient alors la poésie. C’était notamment le cas pour le spectacle qui s’est joué en début d’après-midi, par la compagnie Hors loge. Un thème délicat qu’est la vieillesse, travaillé avec un outil qui l’est tout autant : la marionnette. Une intention louable, mais qui manque hélas de rythme et de concordance narrative. Un jolie esthétique néanmoins, et de bonnes trouvailles, comme par exemple les bulles de savon se transformant comme par magie en billes de verre. Enfin, c’est un show de ruban volant qui nous a été offert par The Flying Froggs. A l’inverse du premier spectacle évoqué, l’esthétique était ici moins développé, mais la technique était elle parfaitement bluffante.

Une journée arts de rue qui a su donc composer avec un panel d’arts et d’artistes au profil et aux techniques riches et variées. Une jolie après-midi, qui donne envie d’en voir encore plus ! Pour les amateurs d’arts de rue, deux festivals importants cet été : Chalon dans la rue (71) et le festival d’Aurillac (15). L’occasion de découvrir de nombreux artistes, et de passer, en prime, un agréable moment.

Marie-Lou Monnot

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