La vague de déferlantes de Claudie Gallay, c’est le coup de cœur d’Alicia

Claudie Gallay est née en 1961 à Bourgoin-Jallieu. Enseignante en école primaire deux jours par semaine dans le Vaucluse, elle se consacre à l’écriture le reste du temps.
Ecrivant depuis une dizaine d’années, elle est l’auteure de nombreux livres : Une part de ciel (2013), L’Amour est une île (2010), Seule Venise (2004), Les années cerise (2004) mais le plus connu reste Les déferlantes, paru en 2008, aux éditions du Rouergue qui obtient le grand prix des lectrices Elle.

Un livre sombre…

Dès les premières pages, ce roman ne semble pas bien « gai ». Ambiance pesante, décor glauque et triste, phrases nominales et courtes, style plutôt sec…
Nous sommes bien en Normandie, sur la pointe du Cotentin, dans ce décor lourd et sinistre de tempêtes, de vagues qui se brisent sur les rochers, de ciel lourd et chargé de nuages gris avec pour seule lumière celle d’un phare…
D’emblée, le roman n’attire donc pas par son atmosphère paradisiaque ! Mais une fois qu’on commence à le lire, on est plongé dans l’intrigue et on ne lâche plus ce roman de 550 pages !

les-deferlantes-2720252La narratrice est une jeune femme employée par le centre ornithologique et envoyée dans cet endroit non loin de Cherbourg, pour aller observer les oiseaux maritimes sur les falaises. Elle arpente donc, au fil de l’œuvre, ces landes, ces falaises, ces rivages et observe non seulement les oiseaux mais aussi la vie des personnages qui l’entourent.
Il y a Lili, la jeune femme qui tient le café et sa mère, muette et à moitié folle. Il y aussi Morgane et Raphael, le peintre, les deux frères et sœurs qui s’aiment d’un amour beaucoup plus que fraternel. Il y a aussi la vieille Nan et Theo, le gardien de phare qui gardent tous deux un étrange secret…
Et il y a bien sûr, Lambert, avec son silence et ses souvenirs, attiré dans cet endroit pour une seule et unique raison ; le naufrage de sa famille pendant une tempête.
Il revient, 30 ans après, car il sait au fond de lui, qu’il y a quelque chose à découvrir dans cet endroit… Il croisera le chemin de la narratrice et l’histoire commence, mêlée d’une multitude de fils qui se croiseront et se rejoindront…
Ce livre est parcouru de secrets et de choses lourdes à garder en soi. Le lecteur le ressent et perçoit cette tension toujours présente, voulant faire éclater ce lourd fardeau intérieur que portent les personnages.
Dans les lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à taire.

 « Sous la violence, les vagues noires s’emmêlaient comme des corps. C’étaient des murs d’eau qui étaient charriés, poussés en avant, je les voyais arriver, la peur au ventre, des murs qui s’écrasaient contre les rochers et venaient s’effondrer sous mes fenêtres.
Ces vagues, les déferlantes.
Je les ai aimées.
Elles m’ont fait peur ».

qui emporte le lecteur !

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Ce roman à l’écriture dépouillée a donc été distingué par plusieurs prix. Par son écriture sèche, Claudie Gallay nous plonge dans la psychologie de chaque personnage, nous forçant à nous imaginer quelle a pu être la vie de chacun, ce que son passé a été et pourquoi il est ainsi maintenant…
Elle a construit, outre le décor, une véritable vie palpable.
Les déferlantes, c’est aussi la beauté des paysages. Si vous aimez ce décor normand, sombre, venteux, vous allez adorer !! Claudie Gallay nous plonge dans cette atmosphère caractéristique des côtes atlantiques françaises. Parfois, le côté « glauque » est un peu exagéré mais ce n’est que pour installer l’ambiance du livre.
Les déferlantes, c’est aussi une histoire d’amour entre l’héroïne et Lambert, l’homme mystérieux du début, qu’elle rencontre « le jour d’une grande tempête » et qui la hante du début à la fin. L’histoire de cet homme hante aussi toute l’œuvre, venu à La Hague pour trouver des réponses…

Ces vagues effrayantes, cet océan violent et dangereux, ce petit village peuplé d’êtres étranges et mortellement enfermés dans une solitude que rien ne semble pouvoir entamer, sont au début un peu étranges….
Mais peu à peu et malgré nous, on a envie et on continue ce roman pour enfin avoir le fin mot de l’histoire de ces Déferlantes.

 

Alicia

Une pensée sur “La vague de déferlantes de Claudie Gallay, c’est le coup de cœur d’Alicia

  • 9 novembre 2014 à 23 h 03 min
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    encore un livre à ajouter à ma liste 😉

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