L’avent – Une lumière s’allume à l’Auditorium de Lyon

C’est la période précédent les fêtes de Noël et Lyon ne propose pas seulement un marché de Noël et de nombreux sapins en ville, mais aussi un programme de musique préparant aux fêtes : quelques jours avant le réveillon, l’orchestre baroque de Fribourg et le chœur de chambre du RIAS (Radio In American Sector de Berlin) vous invitent à l’Auditorium de Lyon pour vous faire découvrir une partie de la musique du XVIIIème siècle, fortement influencée par la religion, dans une ambiance solennelle.

« La musique : une harmonie agréable célébrant Dieu et les plaisirs permis de l’âme » (Johann Sebastian Bach)

Le concert est composé des cantates 1, 2, 3 et 6 du fameux Oratorio de Noël de Johann Sebastian Bach. Il l’a composé en 1734 pour un ensemble de chœur et orchestre, mais avec l’intention de le laisser jouer dans les églises pendant la période de Noël. L’œuvre doit représenter l’histoire de la naissance du petit Jésus à Bethlehem. L’accent est mis sur la partie lyrique qui se caractérise surtout par des textes du Nouveau Testament. Selon Bach c’est le chant des chœurs qui construit un pont vers les spectateurs, même si l’auditoire ne chante pas lui-même. Comme l’oratorio se constitue à l’origine de douze cantates, il est nécessaire, d’après le compositeur, de les connecter entre elles dans la joie de la naissance de Jésus.
51blk3u1yl-_ss500Aujourd’hui, c’est au chœur de chambre du RIAS, sous la direction de Hans-Christoph Rademann, de construire ce rapport avec le spectateur. Ce chœur allemand propose surtout des interprétations des pièces de la Renaissance et du romantisme, mais aussi de la musique folklorique.
C’est un projet qui n’a pas toujours eu du succès : fondé aux alentours de 1948, sur le terrain de l’ancienne Allemagne d’après-guerre, l’ensemble, composé aujourd’hui de trente-cinq personnes, ne pouvait pas éblouir alors par un grand nombre de membres et avait du mal à s’imposer contre d’autres groupes plus nombreux. Comme souvent, il s’est avéré avec le temps que quantité ne signifie pas forcement qualité : en particulier les pièces anciennes de Bach qui appelle une certaine précision en ce qui concerne la technique, la structuration, l’intonation. Dans ce contexte Il fait ressortir non seulement les solistes Anna Lucia Richter (soprano), Stefanie Irányi (mezzo soprano), Maximilian Schmitt (ténor) et Roderick Williams (basse), mais aussi chacun des autres membres du groupe.

Le chœur de chambre du RIAS jouit d’un grand succès avec son concept vu le nombre de prix qu’il a gagné : le gramophone award, le choc de l’année, l’écho de la musique classique, le prix caecilia …

Une pièce ancienne jouée sur de vieux instruments, peut-elle passionner une foule d’auditeurs aujourd’hui ?

© Marco Borggreve
© Marco Borggreve

C’est la connexion entre le chant et la musique instrumentale qui donne à l’oratorio son caractère solennel. Pour donner ce côté solennel à ces morceaux, un orchestre étranger rentre également dans la partie : il s’agit de l’orchestre baroque de Fribourg venant de la ville éponyme en Allemagne, près de la frontière française. Fondé, selon une légende, pendant le réveillon du jour de l’an 1985 par quelques étudiants de la haute école de musique de Fribourg, l’orchestre a crée un programme qui est basé sur la musique baroque.
Une des particularités de ce genre d’orchestre est de jouer sur des instruments historiques comme le basson ou la trompe, en plus, la plupart des spectacles a lieu sans chef d’orchestre, ce rôle est pris par un premier violon. Dans le cas de l’orchestre de Fribourg, il s’agit de Gottfried von der Goltz et Petra Müllejans.

Dans l’absolu il s’agit assurément d’un ensemble exceptionnel en comparaison à de grands orchestres classiques de notre ère. Il n’a rien à envier à ceux-ci, vu sa connaissance technique et sa réputation internationale, comme le montre les nombreux concerts (environ cent par an) et les soixante CDs enregistrés.

Ce sont cette formation orchestrale et le contenu biblique de l’œuvre qui attestent de l’authenticité de l’oratorio. Par conséquent le concert du 20 décembre se caractérise inévitablement par l’esprit religieux du XVIIIème siècle, et certaines personnes se poseront sûrement la question de l’intérêt aujourd’hui de tels spectacles. Plusieurs y objecteront que l’origine religieuse des fêtes a disparu de nombreuses maisons et qu’on célèbre plutôt des réunions de famille que la naissance de Jésus. La présence immense à l’Auditorium ce soir-là montre que même les créations plus anciennes de Bach attirent des gens différents, pas seulement à cause d’une conviction religieuse, mais en raison d’une curiosité universelle, d’un amour de la musique et enfin du souhait de se laisser passionner par le côté festif de cette œuvre.

Lea Steinbinder

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