Le bois dont les rêves sont faits : du bois au zoo de Vincennes, il n’y a qu’un pas

Le cinéma Les Alizés présente, à l’occasion du festival du Film Français, le film documentaire Le bois dont les rêves sont faits réalisé par Claire Simon qui sera présente à la prochaine projection le dimanche 31 janvier à 16h30. Ce documentaire n’a pas de véritable but et donc pas de véritable impact.

Un film pluri-documentaire

Cette production est tournée au bois de Vincennes. Le principe initial de ce projet ? Donner un aperçu des personnes en présence dans le bois au fil des saisons et les faire parler d’eux. Le premier problème est que chaque personne ou groupe rencontré est un début de reportage, un début de sujet, une amorce. Il y a une profusion de témoignages pour finalement n’arriver à rien. Le but est, semble-t-il, de voir ces gens furtivement, éventuellement les revoir une fois, car au fil des saisons ils reviennent, puis de passer à quelqu’un d’autre. Cela dure 2h25. C’est très long 2h25 quand à chaque fois que l’on commence à réfléchir aux thématiques abordées par les personnes on fait un grand écart et on passe à autre chose, on fait des bonds dans toutes les directions possibles : être fils de G.I, le sport, l’homosexualité, l’immigration cambodgienne, l’aménagement du bois et des cours d’eau artificiels, la prostitution, interrompre sa carrière pour s’occuper de son enfant, le nouvel an chinois, l’exhibitionnisme, la reproduction des amphibiens, la fac de Deleuze, comment poser des pièges à moustiques, la drague, la peinture, choisir de vivre dans le bois, s’occuper des pigeons… Le bois de Vincennes est le seul fil rouge du film documentaire. Étant donné la multiplication des interviews éclairs il faut trouver des transitions originales. Ou alors faire le choix de deux transitions possibles et s’y tenir pour donner d’une certaine manière des points de repère aux spectateurs : la première c’est les images du bois, la seconde c’est les joggeurs. Rien n’est vraiment dit. Le spectateur est mis dans la position du voyeur, comme s’il était au zoo et qu’il regardait la faune humaine.

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Où l’on apprend tous les moyens de se faire « sucer » dans les bois

Le titre du documentaire parle de rêves, on ne perçoit pas exactement ce que recouvrent les « rêves » ici. Cela doit être une façon poétique de parler de fantasmes. Oui certains se laissent aller à parler de leurs rêves, de ce qu’ils veulent ou auraient voulu faire mais comme on l’a dit plus tôt ce n’est jamais développé. Les fantasmes reviennent, on voit des homosexuels qui cherchent un plan de cinq minutes, des exhibitionnistes en quête d’excitation, des prostituées qui sont là pour soulager les hommes, on apprend les ficelles avec eux pour savoir comment ça se passe, comment faire. On revient vers eux plusieurs fois mais le point de vue est réducteur, ils sont coincés dans la catégorie des pulsions sexuelles et n’en sortent pas.

Certains s’émeuvent du portrait de la société et de ses rêves, de la liberté aussi que le bois permet. On pourrait plutôt parler d’un inachèvement de ce travail, d’un mauvais support pour une bonne idée.

Anaïs Mottet

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