Le Cercle des Poètes Apparus : carton plein !

Qui veut des cookies ? Qui veut de la poésie ? Qui veut du jazz ? Un seul lieu pour ça : la veillée poétique organisée par le Cercle des Poètes Apparus du Litterarium ! Une soirée unique, où toutes les voix poétiques s’expriment : des vers à la prose en passant par le slam, des poètes débutants aux confirmés plusieurs fois publiés : la poésie est vivante, et Lyon vous le prouve ! Organisée par une équipe toujours très dynamique, il s’agit de ne pas se prendre la tête : ambiance détendue, humour et bonne humeur sont au rendez-vous !

Amour, humour, glamour

Malgré un petit retard en ce vendredi 14 novembre, la soirée a commencé par une lecture commune du Cercle. Effets de voix et théâtralité étaient au rendez-vous. Les applaudissements ont confirmé l’acuité du poème d’Edmund Jabès « Les mots changent-ils quand ils changent de bouche ? ».
Puis, première poétesse de la soirée, Barbara Le Moëne a ouvert la soirée avec la lecture douce et sensible de son poème « Un vieux couple ». Un magnifique moment, un de ces petits moments de la vie, où la beauté du langage révèle toute la profondeur de la vie. Musicaux, ces vers libres saisissent avec précision, subtilité et parfois dérision une image du tram. Barbara Le Moëne trouve son inspiration dans les transports en commun : on se souvient de ses précédents poèmes à propos du métro. Elle croque les passants avec une plume et un scalpel. Sublime, grotesque, beauté, comique : toutes les irisations de la vie sont dans sa poésie.

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© Raphaël Rossi

Puis l’on est entré dans la poésie étudiante. Toujours autour de l’amour, les mains se nouent, ou se déchirent, sous les plumes d’Amélie Claveau – absente – et d’Anne Rivollier, qui a récité avec sourire son tout premier poème. Il faut dire que l’ambiance était parfaite : l’auditoire regroupait une quarantaine de personnes, tous amateurs de poésie. Nessim Gamaz nous a présenté « Les réparties d’Ophélia », un très long poème en quatre partie et dont la mise en page symbolise le délitement de la parole, ou de l’amour ?
Samuel Heyndrickx, arrivé juste à temps pour déclamer sa prose, a fait basculer la première partie de la veillée dans le « grivois » avec son poème « fjedzsfj ». Loin de s’inspirer d’une armoire suédoise, ce poème raconte une vie sexuelle sans doute rêvée, avec des mots bien crus. Colombe Lanoire, membre du Cercle des Poètes Apparus, et Douce Violaine ont prolongé la thématique charnelle avec respectivement « 21th century » et « Quand on me baise sans savoir qui je suis ». L’atmosphère potache a provoqué moult rires et sourires. C’est dans cette bonne humeur qu’Arthur Lebraud a conclu, avec « Les culs », cette première partie de soirée.
L’entracte a permis une grande discussion, comme à chaque fois, entre les auditeurs, et les poètes. Mais, ô drame, ô désespoir : plus de cookies dans le buffet ! Ni une, ni deux, un membre du Cercle a filé parmi les rues pluvieuses pour acheter ces précieux disques gratuits. Ce qui a donné lieu à un fantastique lancer de boîtes de cookies, que les auditeurs réclamaient avec une telle avidité qu’ils n’ont pas fait long feu.

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© Raphaël Rossi

Slam, rap, et tectonique des plaques

La veillée s’est poursuivie dans une atmosphère moins graveleuse, mais l’énergie était toujours présente. Grégory Parreira a régalé l’auditoire avec son très long poème « Réponse à un poète pédant », à quoi Valentin Louis-Roche a répliqué par une lecture très prenante de son texte « Le rimeur épéiste » suivi du poète confirmé Roland Dauxois, qui nous a honorés de ses vers « Les insoumis ». Confirmé et plusieurs fois publié, Roland Dauxois s’est distingué par son humilité : partager la scène avec des étudiants n’est pas, à ses yeux, une dégradation, mais plutôt une fantastique motivation !
Et les jeunes se débrouillent aussi bien que les confirmés, la preuve avec l’excellente participation de Victor Boulanger. « Le poids des mots, le choc des images » fut en effet une impressionnante lecture. D’une diction étonnement fluide et rapide, on ne peut que regretter que le texte ne fût pas dans le corpus : si l’on saisissait beaucoup de jeux de mots, la vitesse, nécessaire pour donner au texte toute sa force, faisait parfois un peu décrocher. Mais quelle puissance !
Retour au slam avec une création du Cercle des Poètes Apparus : Jérémy Rodriguez nous a livré sa vision très personnelle de la géographie des conflits. Puis, pause avec le jeu poétique ! Ce « bluffeur » consistait en un poème à trou qu’il fallait compléter. Aux auditeurs de s’emparer de la plume, et de trouver des rimes ! Les propositions qui ont été faites étaient drôles pour la plupart, voire sérieusement décalées (certains sont allés jusqu’à rêver d’entrecôtes et de steaks bien cuits). Les gagnants du jeu ont remporté des cookies de feu.

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© Raphaël Rossi

« Illégitime », Timothée Dejour ne l’est pas : son poème très classique, en quatrains d’alexandrins à rimes croisées, était déclamé sur le mode du rap. Alliance du classique et du contemporain, c’est ce que propose le Cercle ! Coppélia Truc a ensuite proposé un hymne à « La Trance », poésie prosaïque composée de moult jeux de mots sur tout ce qui est trans : transsexuel, transport, transformation, outrance, transpiration… Transpiration, oui, il faisait un peu chaud dans cette salle : il faut dire que le public était très nombreux.
Puis Arthur Huot de Neuvier a donné sa vision de la « Condition étudiante ». Pas de vision cependant pour Lorcan Charonnat, qui s’est intéressé à la cécité dans son poème « Sine Qua Non ». Une cécité qui est allée jusque dans certaines formules, obscure voire sibyllines…
Après quoi un autre poète confirmé est venu nous lire un extrait d’un de ses textes : Denis Marulaz et « Puisque toujours tourne le monde », une lecture enflammée, passionnée même, où la voix mimait le sentiment inquiet, puis terrifié, des protagonistes. La soirée s’est terminée par deux poèmes de membres du Cercle des Poètes Apparus : « Cheminements » d’Alexandre Boutard, et la ravissante « Histoire d’une courgette » par la pimpante Juliette Descubes.

Le Cercle des Poètes Apparus a donc réuni vingt-et-un poètes, dont quatre confirmés, onze étudiants et six membres du Cercle ; huit slams et quelques lectures théâtralisées. La soirée était un peu longue, et a dû se couper un peu brutalement ; mais ce n’étaient que quelques petits désagréments, largement compensés par la qualité des poèmes ! On n’a qu’une hâte : que la prochaine veillée, prévue en janvier au théâtre de la Renaissance, soit tout autant réussie ! Vous pourrez retrouver le poème gagnant de cette veillée dans le Gazettarium, le journal du Littérarium la semaine prochaine.

 Willem Hardouin

4 pensées sur “Le Cercle des Poètes Apparus : carton plein !

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