Le festival de film court de Villeurbanne trempe son nez dans le regret pour le programme 7

La totalité des courts métrages dévoilés au grand jour de cette compétition européenne, il ne manquait plus que cette dernière programmation pour combler votre attente et c’est chose faite ! La soirée d’hier se prolongeait alors d’une séance spéciale avec un atelier beatbox rythmé par l’artiste KOSH, et la diffusion d’un nouvel « Histoire de courts ».

Moyennant 5 films d’une qualité sensorielle épatante, le programme final discute de désolation, tristesse mais surtout des remords que les hommes éprouvent. Un thème exploré via des histoires d’horizons extrêmement différents. Red Hulk annonce violemment la couleur avec un protagoniste néo-nazi préoccupé par son appartenance à un gang gratuitement cruel envers les minorités ethniques. Un personnage tourmenté par son choix d’orientation et en pleine remise en question. La dureté du regard de l’homme et la proximité dans l’intimité de Giogios durant presque 30 minutes, troublent le spectateur qui s’imagine presque s’attacher à cet homme pourtant lié à la barbarie raciale. Provocant, ce court mérite une attention particulière pour l’émotion vive qu’il procure. Un peu moins surprenant sur sa touche finale, Disney Ramallah mêle originalité et émoi. Immersion totale dans un foyer palestinien, le spectateur est plongé dans la crainte quotidienne de Rabia et son jeune fils, un garçon pénétré par ce rêve d’aller à Eurodisney, et un père dans l’incapacité de satisfaire son enfant, les événements entre Israël et la Palestine restreignant son champ d’action.

Red Hulk de Asmina Proedrou
Red Hulk de Asmina Proedrou

Après ces deux films marqués par la mélancolie, The ringer nous permet de rire un moment avec l’histoire d’un père et son fils qui se rencontrent pour la première fois. Une réalisation qui surprend par l’esprit revisité de cette rencontre en associant fiction et réalité.
Le programme progresse vers Ne parlez pas d’amour, un court métrage sans réel surprise. L’ennui n’est pas de mise mais l’histoire d’un amour naissant entre un élève coléreux en difficulté et une jeune handicapée n’est pas pour autant inattendu. Une histoire qui mélange injustice et vengeance, nous menant directement à la touche finale avec une petite merveille du cinéma allemand. Rhino full throttle joue de nos sentiments, les acteurs propageant des émotions fugitives à notre égard. La solitude qui s’empare de Bruno au début du film marque notre compassion. Sans vous en dire trop, ce film est une bonne leçon de vie où il fait bon de découvrir les rues de Berlin. On retiendra de cet univers street-art qu’il n’est jamais trop tard pour intervenir dans la fugacité du temps.

Un programme qui boucle cette compétition européenne sous une thématique qui répond aux courts métrages des séances précédentes. Red Hulk est peut être l’exemple le plus éloquent du fait que malgré la violence dans laquelle a choisi d’agir le protagoniste, un sentiment de regret fait son apparition. En conséquence, violence abusive, quête de soi, amour, famille peuvent conduire à une émotion commune à tous, le remord.

L’avertissement donné, vous n’avez plus autre choix que d’assister à la rediffusion de ce programme vendredi prochain à 16h30, sans quoi vous risquez vous aussi de sombrer dans le regret. Le festival du film court continue avec la retransmission de la compétition européenne qui commence dès aujourd’hui avec les programmes 1 et 2, ainsi qu’une séquence jeunesse dès 14h30 à la Maison du Livre et de Villeurbanne. Pour ne plus vous égarer, on vous invite à consulter la totalité du programme sur le site du festival. http://www.festcourt-villeurbanne.com/programme.php

Tristana Perroncel

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