Le Festival Lyon BD par Mathieu Diez, le directeur de la programmation

ghjgf« Il ne faut pas être un fan de BD pour aller dans un festival de BD »

Les 13, 14 et 15 juin se tiendra à Lyon la 9ème édition du Lyon BD Festival, l’occasion pour L’Envolée Culturelle de vous proposer une semaine BD avec un article par jour en amont du festival sur une BD en lien avec les grandes lignes directrices du festival. De plus, nous vous proposerons chaque jour, de samedi à mercredi, de gagner deux pass pour accéder à tous les événements du festival que nous présente Mathieu Diez, directeur de la programmation du Lyon BD festival.

Lyon BD en quelques mots

Le festival Lyon BD a été crée en 2006 par une bande de copains. On est tous Croix-croussiens et on avait envie de créer un festival sur la BD à la Croix-Rousse parce qu’on était passionné et qu’on trouvait que ça manquait.
A l’époque c’était un grand chapiteau sur la place de la Croix-Rousse donc c’était un peu plus camping qu’aujourd’hui.
Une de nos constantes pourrait être les projets décalés comme celui de la plus grande BD du monde il y a trois ans où nous avions homologué un record au Guiness Book en faisant 1km de bande dessinée sur les quais du Rhône.

24H

Lyon BD à l’année

La petite association du départ s’est quand même pas mal structurée. Il y a pas mal de choses qui se font. L’an dernier, on a réalisé pour la première fois, une performance avec les 24h de la BD en janvier où on a accueilli dans les locaux de l’ECAM (Ecole catholique d’arts et métiers) plus de 40 auteurs qui ont fait une nuit blanche de bande dessinée en résonance avec Angoulême qui faisait la même chose, donc c’était une expérience assez marrante.
On a organisé un colloque sur les festivals de bande dessinée dans le cadre des entretiens Jacques Cartier qui se déroulaient en octobre dernier.
Il y a évidemment nos partenariats internationaux qui donnent lieu à tout un travail en amont du festival comme avec le spectacle « Des planches sur l’Atlantique » qui a été présenté au festival de la BD francophone de Québec en Avril avant d’être de nouveau présenté à Lyon BD au mois de juin.
Il y aussi le projet « Webtrip » de bande dessinée sur internet que nous coordonnons. Le projet « Héroïnes » que nous lançons cette année sur une idée de Jean-Christophe Denevey qui voit des auteurs détourner des stéréotypes de bande dessinée qui mettent souvent en avant des héros masculins donc là les auteurs détournent et malmènent ce postulat de base faisant de Corto Maltese, Coco Maltese par exemple. Ce projet donnera lieu à une exposition et à un album qui sera édité à la rentrée.

Les lieux du festival

L’ensemble du festival est accessible avec un pass unique, vendu 5 euros la journée et 8 euros les deux jours. A partir du moment où on a ce pass, on accède à tout gratuitement, on peut accéder à l’Odéon pour voir les spectacles vivants, au Musée des Beaux Arts, au Palais du Commerce, à l’Hôtel de Ville… Et inversement avec le billet acheté dans un musée, on peut avoir accès à l’ensemble des événements du festival. Cela offre une meilleure visibilité à Lyon BD et cela génère un échange de public qui est intéressant
Au Palais du Commerce et à l’Hôtel de Ville, on retrouvera les 220 auteurs invités cette année.

– Le Palais du Commerce :
Ce sera plutôt la tradition franco-belge qui sera présentée avec des éditeurs, des auteurs, des dédicaces et des rencontres. Je pense que c’est intéressant de rencontrer les auteurs pour découvrir tout le processus de la création d’un album car la plupart des gens ne connaisse pas le principe de la bande dessinée et à chaque fois qu’on a fait ce genre de choses, ça a toujours captivé les gens.
D’autres rencontres sont organisées à la Fnac Bellecour.

– L’Hôtel de Ville :
On retrouvera tout le pan Comics que nous développons cette année, qui est une vraie nouveauté.
La culture de Lyon BD c’était plutôt la BD franco-belge pas parce que le reste ne nous intéressait mais parce que les membres de l’association sont plutôt de culture de BD franco-belge. L’arrivée du Comics à Lyon BD a été une rencontre avec les gens de l’association BDCinéGoodies qui sont venus nous voir avec l’envie de faire une Comics Convention (Comic Con) comme on dit dans ce milieu là. Puis en discutant, on s’est dit qu’il y avait une opportunité à la faire ensemble et à l’intégrer dans le chapeau Lyon BD qui a déjà connu un certain développement et qui avait quelques pré-requis tels que des lieux et des contacts. Donc on a travaillé ensemble et on a réussi à affréter l’Hôtel de Ville en le consacrant uniquement aux Comics. Je crois que c’est parce qu’on a rencontré des gens passionnés de Comics comme nous le sommes de BD franco-belge que cela a été possible. Je pense que le manga, on le fera quand on aura rencontré les bonnes personnes pour le faire, des personnes qui connaissent ce milieu là.
On aura aussi dans la salle du Conseil de l’Hôtel de Ville des ateliers jeunesse qui s’enchaîneront tout au long du weekend.

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– La Comédie Odéon :
Par définition le spectacle vivant c’est du live avec plusieurs types de spectacles et concepts qui sont tous des créations originales. On retrouvera donc des adaptations de deux bandes dessinées qu’on a beaucoup aimées : une de Guillaume Long qui réalise le blog culinaire du Monde, A boire et à manger. On va transposer son œuvre sur scène en le faisant lui-même monter sur scène pour dessiner dans un concept faisant intervenir des comédiens qui vont réagir à ses dessins, lui-même réagissant en dessin au jeu des comédiens, le tout orchestré par Jocelyn Flipo, metteur en scène lyonnais. Un concept un peu dans le même style se développera sur la Psychanalyse des supers héros réalisé par l’auteur Wandrille, ensuite nous aurons Reinhard Kleist qui est l’auteur de la BD Cash qui raconte la vie de Johnny Cash. Lui dessinera en live sur des musiques de Johnny Cash donc ce sera assez sympa.
Pour terminer, on aura le spectacle « Des planches sur l’Atlantique » en coproduction avec le festival de la BD francophone de Québec qui est un spectacle d’impro avec moitié dessinateurs français et moitié dessinateurs québécois.
Nous allons aussi lancer cette année la coupe du monde d’impro BD où on va faire s’affronter des dessinateurs et des comédiens français, argentins et québécois.

– Lyon BD s’installe en ville :
Il y a les cinémas avec lesquels on travaille bien comme le Comoedia ou le cinéma Pathé de Vaise avec qui on fait des spectacles d’impro BD projetée sur des écrans de 20m de base, donc c’est vraiment très amusant et impressionnant !
Pour ce qui est des lieux décalés, cette année, on a créé un événement avec l’armée française, ça peut paraître surprenant mais on a envoyé un auteur qui s’appelle Nicolas Wild, auteur de Kaboul disco notamment, dans des bases militaires où il est allé croquer un peu de la vie quotidienne pour en faire une exposition qui sera présentée au Palais du Commerce.
On a aussi pu travailler avec le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation avec une exposition sur le 70ème anniversaire du débarquement illustré par les planches originales de Philipe Jarbinet (auteur de Airborne 44) ainsi que celles du canadien Jimmy Beaulieu, l’allemand Philip Riesberg et le français Nicolas Brachet.
Les auteurs argentins sont assez représentés et exposés dans les bibliothèques municipales de la ville.
Je ne peux pas tout citer mais oui, avec les Musées (Gadagne, Beaux-Arts, Gallo-Romain…), la Comédie Odéon, le Complexe du rire ou la fondation Bullukian, en plus ça fait vraiment une grande diversité de lieux qui accueillent la bande dessinée.

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Un festival lyonnais

Il y a une volonté de promouvoir les auteurs locaux mais pas seulement car nous ne voulions pas devenir un festival uniquement régionaliste donc on a une politique d’avoir 30 % de nos invités qui sont des auteurs locaux avec notamment Marion Fayolle, exposée à la Fondation Bullukian. Au-delà de ça, il y a cette envie d’aller vers l’international pour découvrir la culture de la bande dessinée dans les autres pays

Un festival international

La BD française est de toute façon endémiquement présente dans Lyon BD parce que c’est notre culture première et que les auteurs sont majoritairement français. Après, il y a beaucoup de festival et l’international a été un moyen de nous démarquer et de nous singulariser un petit peu.
Ce côté international se concrétise avec des délégations d’auteurs étrangers assez larges, au premier rang desquels un certain nombres d’auteurs québécois, argentins – puisqu’on fait un partenariat avec la bande dessinée argentine sur 2 ans – et plus généralement tout un tas d’auteurs venant du Portugal, du Cameroun, d’Algérie, etc. Cette dimension internationale s’est vraiment imprégnée dans la programmation.

Mon coup de cœur BD de l’année

Pour moi il y a une belle rencontre, enfin plusieurs en fait ! Il y a Guillaume Long qui fait le blog A boire et à manger qui s’est installé à Lyon il y a deux ans. J’ai découvert ses albums il y a un peu plus d’un an et j’ai eu l’occasion de rencontrer le bonhomme ensuite, et c’est assez plaisant quand on n’est pas déçu par l’auteur des planches qu’on a aimées. Puis je suis content car cela faisait longtemps que j’avais envie de faire quelque chose autour de la gastronomie et de la bande dessinée parce qu’à Lyon ça s’y prête évidemment.
Une autre belle rencontre c’est Jean-Claude Fournier, l’un des grands auteurs de Spirou, tout du moins celui qui avait repris la plume à Franquin, là pour le coup, c’est pareil, c’est vraiment une rencontre qui ne déçoit pas sachant que j’idolâtrais l’auteur étant petit.
Craig Thompson qui s’est rajouté un peu récemment aux invités et qu’on est content de retrouver qui est l’auteur d’albums comme Blanksets et Habibi.
Donc trois coups de cœur s’il ne fallait en citer que trois mais il y en a beaucoup plus.

Pour en savoir sur la programmation, cliquez ici !

Propos recueillis par Jérémy Engler

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