Le film Barbecue ou quand un pépin de santé devient une opportunité pour changer sa manière d’aborder la vie

Barbecue, titre qui laisse sceptique, et qui a priori n’est pas très alléchant… quoiqu’un barbecue, c’est tout de même souvent très bon ! En effet, en voyant le titre, on pourrait penser que le film est une comédie potache et un peu lourdingue. Et bien, il n’en est rien. Le réalisateur Eric Lavaine, n’en est pas à son coup d’essai en ce qui concerne le genre comique. Il a notamment réalisé Poltergay (2006) et plus récemment Bienvenue à bord (2011). Barbecue, contrairement à ses précédentes comédies, est doté d’un sens plus profond. Eric Lavaine revisite le thème antique du carpe diem. Certes l’on rit beaucoup mais on fait aussi un petit retour sur soi. On se demande si on profite réellement de la vie, si on apprécie à leur juste valeur chacun des petits moments de bonheur qui nous sont offerts.

Mais alors pourquoi Barbecue ?

Le titre Barbecue, qui semble saugrenu au prime abord se révèle finalement être un titre qui colle parfaitement au film. De fait, le film nous plonge dans l’histoire d’un groupe d’amis qui se connait depuis la fac. La bande de joyeux lurons se réunit régulièrement et partage nombre d’activités : ils font du footing ensemble, des restos ensemble, vont voir les matchs de l’Olympique Lyonnais ensemble, partent ensemble en vacances… mais ils font aussi des barbecues ensemble. Toutefois, cette activité n’est pas la seule raison du choix du titre. Le barbecue, plus qu’une activité supplémentaire entre amis, est le symbole même de l’amitié. Le terme « barbecue »rend compte à lui tout seul de tout ce que représente une bonne soirée entre « vieux potes ». Barbecue rime avec détente, bonne bouffe, confidences, alcool, vacances, rires, engueulades… autant de termes qui caractérisent les relations amicales. Bref, le film est une jolie fresque sur l’amitié. Lambert Wilson, Franck Dubosc (qui joue pour la deuxième fois sous la direction d’Eric Lavaine), Florence Foresti, Guillaume de Tonquedec forment une bande de potes tout à fait crédible, à laquelle chaque spectateur peut facilement s’identifier. Bien que le groupe soit composé de personnages stéréotypés – un couple de divorcés qui n’arrêtent pas de se chamailler mais qui en fait s’adorent, un couple « parfait », un couple de riches mais cocus, un couple dans la galère financièrement et un célibataire – force est de constater que ces clichés fonctionnent à merveille et que chacun se projette dans ses personnages très ordinaires mais si proches de nos vies. On rit de bon cœur avec eux, on compatit à leurs galères et on fait presque parti des leurs.320689.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Un scénario plutôt original

Ce qui fait sans doute l’originalité du film, c’est la situation initiale. De fait, l’accident cardiaque dont est victime le personnage principal et narrateur, Antoine (Lambert Wilson) ne s’avère pas être un pépin mais une véritable chance, une opportunité de repenser sa vie pour changer ses habitudes. Paradoxalement, l’infarctus dont est victime le quinquagénaire, loin de l’abattre, lui redonne goût à la vie. Loin d’écouter son médecin et de faire attention – lui qui a justement fait attention toute sa vie – il profite à fond de la vie. Fini le travail avec son père comme boss (vive la retraite à cinquante ans !), fini les non-dits avec les amis… bonjour cigarette, alcool, shite, nourriture grasse. On comprend alors aussi pourquoi c’est le terme « barbecue » qui a été retenu pour le titre. Barbecue symbolise ce virage à 180 degrés. Le changement d’Antoine passe essentiellement par une envie de faire bonne chère. Il s’agit pour lui d’une seconde jeunesse ou plutôt d’une première jeunesse, car il n’a pas profité de ses belles années et le regrette amèrement. Le film est donc également un hymne à la joie de vivre, au bonheur d’être ensemble. Cette comédie nous invite à profiter de la vie, à cueillir le jour comme dirait ce très cher Horace. Enfin, ce souci de santé est d’autant plus bénéfique qu’il permet de donner un second souffle à l’amitié de ces joyeux drilles. En changeant de vie, en choisissant de dire ce qu’il pense, Antoine bouscule ses amis, les invite à retrouver leur joie d’antan.

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De l’humour et encore de l’humour

Cette leçon de vie mise au goût du jour (à la sauce barbecue) passe d’autant plus facilement que les « vannes » fusent et que situations comiques s’enchaînent. De plus, le fait que Lambert Wilson raconte l’histoire de cette bande de potes, avec toujours une distance amusée, avec quelques petites piques satiriques concernant ses amis, avec de l’autodérision, rajoute du sel à cette comédie familiale. Tous les personnages du film sont à la fois drôles et attachants, les difficultés de chacun sont tour à tour mises en avant (problèmes de couple, d’argent, de solitude). Aucun personnage n’est plus mis en avant que l’autre. On appréciera de voir Franck Dubosc jouer un personnage plus profond, bien moins « foufou » que dans ces précédents rôles. A tout cela s’ajoute des paysages magnifiques. Le réalisateur a choisi pour ses acteurs un lieu de vacances à couper le souffle : le Parc des Cévennes non loin du Cirque de Navacelles et de Saint-Guilhem le désert.

La comédie fonctionne bien et s’inscrit dans la lignée du Cœur des hommes, le thème de l’amitié est omniprésent et aux situations difficiles succèdent les situations comiques. On ne voit pas passer le temps. En ressortant, on a juste envie de croquer la vie à pleines dents. Précipitez-vous dans les salles dès aujourd’hui pour une bonne dose de rire, d’émotion et d’amitié.

Mel Teapot et Marie de Kako

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