Le gardien de phare de Camilla Läckberg : encore un bon polar suédois !

A l’occasion de la semaine polar organisée à L’envolée Culturelle, nous avons décidé d’écrire une critique par jour sur les derniers romans des invités phares du festival des Quais du Polar, qui se déroulera du 4 au 6 avril 2014 à Lyon.
Après James Ellroy, nous poursuivons cette fois-ci avec Le Gardien de phare, le dernier roman de l’auteure suédoise Camilla Läckberg.

Un réalisme haletant :

Dès les premières pages le ton est donné : Annie se retrouve avec les mains couvertes de sang, elle monte dans sa voiture où se trouve son petit garçon et s’enfuit.
Dans le premier chapitre, le décor est posé : des relations familiales qui semblent empreintes d’affection et des relations amicales qui remontent dans le temps avec le même sentiment affectif.  Près d’une dizaine de personnages se met en place. On sent tout de suite que cet univers en apparence serein va basculer dans un terrible cauchemar. Rien que l’évocation du surnom du lieu dans lequel se situe l’action n’inspire pas une douce quiétude : « l’île aux esprits » appelée ainsi car « les morts, dit-on, ne la quittent jamais et parlent aux vivants… » et même le nom de l’archipel Fjällbacka, résonne comme un doux son au début pour terminer sa course dans un fracas.
Comme un couperet, arrive la mort de Mats Sverin, surnommé Matte, qui venait de regagner sa ville natale quelques mois plus tôt. Un homme a priori estimé de ses concitoyens et menant une vie sans grand intérêt.
Au fil des chapitres, entrecoupés de nombreux flash-backs, on continue la liste des personnages mais les trois principaux sont les deux sœurs Anna et Erica ainsi que Patrick marié à cette dernière, inspecteur de police de surcroît.
Grâce à un grand souci du détail, on arrive même à se représenter la nature où se déroule ce récit, tantôt attachante, tantôt alarmante. On se propulse au milieu de ses paysages en marchant au côté des personnages en ayant parfois envie de les tenir dans nos bras ou de les envoyer paître. Il nous arrive aussi de vouloir leur ouvrir les yeux en les secouant. 

le gardien de phare couverture

Une enquête digne d’un bon polar !

Au fil des pages on bascule sans cesse entre l’émotion et la peur. L’auteure s’amuse à nous raconter la vie de ses personnages qui nous semblent bien banale ressemblant sommes toutes à celle de tout le monde avec ses préoccupations de tous les jours. Elle nous amène peu à peu à l’analyse psychologique de ces acteurs couchés sur papier et on plonge avec délectation dans l’univers de cette enquête qui sera longue. Les policiers se heurtent à bien des problèmes surtout quand la victime n’est pas de bonne volonté !
Mais Erica va s’évertuer à enquêter sur la mort de cet ami d’enfance qu’elle avait connue au lycée. Elle aussi rencontre bien des soucis surtout que sa vie est déjà bien remplie :
Anna, après l’accident dont elle est victime dans La Sirène (précédent roman de Camilla Läckberg), connaît de nombreux tourments, Annie se débat avec ses propres secrets, Patrick nage en eaux troubles et les autres continuent à vivre eux aussi tant bien que mal.
Les différents protagonistes de ce roman  nous touche de près et l’intrigue nous interpelle car elle nous murmure à l’oreille que rien n’est jamais acquis : et si c’était nous ?
Certains passages de ce polar sont à relire deux fois pour en comprendre toutes les subtilités. L’intrigue n’est pas de celle qui nous laisse sans voix mais la trame de ce roman est des plus intéressantes. De nombreux personnages jalonnent l’histoire et la difficulté est tous les retenir – notamment à cause de leurs noms suédois peu courants chez nous – pour en apprécier la présence au moment opportun. On a parfois le sentiment que trop d’histoires passées et présentes s’entremêlent et que le récit gagnerait peut être en raccourcis.
Une chose est sure : ce livre s’inscrit dans la digne lignée des polars suédois ! Vivement la suite qui sortira en juin 2014, La faiseuse d’anges.

Françoise Engler

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