Le laboratoire de bulles de rue

Le festival Luaga und Losna de Feldkirch en Autriche nous donne cette année l’opportunité de découvrir deux spectacles de la compagnie Bubble Laboratory emmené par Kurt Murray, Dr. Bubble, et Milkshake, Iula Benze. Ils commencent tout d’abord par nous ouvrir les portes de leur laboratoire de rue pendant deux jours avant de nous offrir un spectacle en intérieur pour clore le festival. Commençons tout d’abord par le spectacle en extérieur…

Un nouveau monde plein de bulles

Leur performance commence sans qu’ils se présentent, et nous ne saurons jamais qui sont ces personnages, même si on comprend assez facilement que l’homme qui nous présente les tours – Dr. Bubble – est un scientifique qui fait des expériences sur les bulles. Son costume ressemble à celui d’un magicien et c’est bien ce qu’il est, il parvient à créer de nouvelles formes avec des cordes et des bâtons nous donnant l’impression d’être le maitre des bulles ! Il joue avec, leur donnant une grande ou petite taille, créant une bulle dans une autre ou une multitude de bulles, il décide de tout. Il réussit même à mettre le feu à une bulle, à faire de petites bulles depuis une grosse, à séparer une bulle en plusieurs, il est comme Dieu créant vie et beauté. Son adresse se manifeste également dans sa capacité à faire des bulles fumées avec une pipe ou un tube à vapeur, il réussit même à combiner une bulle de fumée et une normale mais le plus impressionnant c’est quand il sépare une bulle de fumée en deux, une qui conserve la fumée et une sans…
Tous ces numéros sont liés à une musique qui donne une certaine couleur à chaque tour. Le spectacle commence par Le Barbier de Séville de Rossini et son fameux « Largo at factotum » (Figaro Arias) qui présente le divertissement avec une mélodie très dynamique. Le Carmina Burana de Carl Orff est utilisé pour marquer l’inflammation de la bulle nous faisant comprendre qu’il s’agit d’un moment risqué et crucial, mais aussi pour créer une grande attente, et ce qui est certain, c’est qu’on n’est pas déçu ! La journée portes ouvertes de son laboratoire se termine avec un arc-en-ciel de bulles flottant tout autour de nous pour laisser aux enfants la chance de danser avec au rythme de « La Valse des fleurs » du célèbre Casse-noisette de Tchaïcovsky, comme pour nous dire qu’il s’agit d’un moment de réunion lors duquel tout le monde peut danser ensemble sous un ciel de bulles…
Même si la pluie s’était déplacée pour voir le spectacle et probablement empêcher la tenue de certains tours, l’expérience reste tout de même fantastique ! Ils ont utilisé tellement d’accessoires pour nous offrir de nouvelles perspectives et enchanter parents comme enfants qui ne peuvent pas résister à l’envie de percer les bulles qui les entoure.

© Bubble Laboratory

L’invasion des enfants !

Les difficultés d’un spectacle de rue à bulles est que ces dernières peuvent s’envoler n’importe où, il est donc plus difficile de les contrôler que dans un espace clôt, il est donc légitime que les enfants ne puissent se réfréner et entrent dans le laboratoire… Dr Bubble, assisté de Milkshake, explique aux enfants qu’ils ne peuvent pas entrer dans le cercle tracé au sol qui délimite le périmètre du laboratoire, sous peine d’être réprimandés à coups de sifflet… Comme un arbitre, il donne des ordres et ne nous mène pas à la baguette mais au sifflet, il est inflexible ce qui le rend marrant – enfin surtout pour les enfants qui ne traversent pas la ligne, pour les autres… – mais rassurez-vous, il n’est pas violent… il veut juste les protéger… Et en même temps, il en invite certains à venir à l’intérieur pour leur faire partager quelques expériences… Il apprend au premier comment faire des bulles avec ses mains, quant aux huit autres, il les déguise avec des bulles, leur faisant prendre des poses devant le public.
La seule déception est la sous-exploitation du personnage de Milkshake – ce qui explique pourquoi nous n’avons presque pas parlé d’elle depuis le début de l’article – qui est pourtant présentée, dans le programme, comme une personne effrayée par les bulles, essayant d’apprendre à contrôler sa peur avec le docteur, et qui finalement semble être à côté du show… elle a vraiment l’allure d’une assistante plus que celle d’un personnage participant vraiment au spectacle et c’est terriblement dommage car le clown de Iulia Benze a un énorme potentiel. Toutefois, nous pensons que sa mise de côté est due à la volonté de la compagnie de faire des enfants les stars du show, ceux qui jouent avec les bulles et s’en amusent. Nous espérons donc que pour le spectacle de cloture du festival en intérieur, quand les enfants n’auront pas la possibilité de monter sur scène, elle aura un plus grand rôle.

La beauté de ce spectacle réside dans son côté ludique et interactif, chaque numéro est brillant et nous ne pouvons qu’adorer la poésie, l’humour et le partage, même si parfois, c’est un petit trop racoleur avec les enfants, notamment au début.

Jérémy Engler

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