Le Lyon BD Festival, une édition fraîche et dynamique

La 9ème édition du Lyon BD Festival s’est déroulée à Lyon les 13, 14 et 15 juin dernier. Organisé par l’association Lyon Bande Dessinée Organisation, et dirigé par Philippe Brocard, elle a réunit plus de 200 auteurs venus des quatre coins du monde.

IMAG0851
© Alice

La 9ème édition du Lyon BD Festival c’était ce week-end, et l’équipe de l’Envolée Culturelle y était ! Sous le soleil de Lyon, c’est donc plus de 200 auteurs qui se sont réunis afin de proposer des séances de dédicaces, des interviews, des conférences et des animations. Mais ce sont surtout des tas de petits dessins qui ont rempli les murs des sites officiels de la ville de Lyon : l’Hôtel de Ville, le Palais du commerce, la Fnac Bellecour (uniquement le samedi) et la Comédie Odéon. Si la journée du vendredi 13 était réservée aux professionnels, les deux jours suivants étaient ouverts aux amateurs. Les lieux du festival ont donc installé non seulement de nombreuses expositions de planches dessinées comme « Héro(ïne)s » ; « 2000 ans, un trésor et 10 planches » ; « AFP : les dépêches illustrées » etc. mais également des ateliers, des performances, et surtout, des rencontres. Le jeune public n’a pas non plus été oublié grâce à des ateliers « pour apprendre à faire de la bande-dessinée autour de thèmes et d’auteurs du Lyon BD Festival ».

IMAG0860
© Alice

Un festival ouvert sur le monde

La grande nouveauté de cette édition, c’est la Comic’Gone, un lieu entièrement réservé aux comics américains, dans ce grand festival plutôt habitué à la bande-dessinée franco-belge. L’Hôtel de Ville s’est donc rempli durant un week-end de stands de ventes proposant des séances de dédicaces avec ces auteurs de comics, tandis que dans un coin, une scène était dressée pour des Sketch battles. Et le mot d’ordre semble s’être répandu : international ! C’est donc avec curiosité que nous nous sommes rendus à une conférence sur la micro-édition où les interlocuteurs, argentins, camerounais et québécois nous ont offert un panel intéressant sur une question finalement encore très taboue dans le monde de la bande-dessinée. Si l’auto-édition peut être malheureusement mal perçue par les gros éditeurs, celle-ci est avant tout histoire de réseau : les dessinateurs sont tous d’accord pour dire que l’auto-édition, c’est d’abord un choix, et un travail d’équipe. Que ce soit des fans ou des bénévoles, sortir une bande-dessinée, c’est beaucoup de travail, et beaucoup de communication, surtout sur internet : « Dès que j’oublie de communiquer un jour, on m’oublie une semaine » réplique une jeune dessinatrice. Communiquer, c’est le credo de cette jeune génération de dessinateurs comme par exemple les élèves de l’école d’art Emile Khol, bien présents au Palais du Commerce, avec de petits stands présentant leurs travaux et leurs techniques. Le festival, c’est aussi l’occasion de découvrir les étoiles montantes, comme par exemple ce coup de coeur de la rédaction, Elyon’s, une jeune dessinatrice camerounaise, venue présenter sa nouvelle bande-dessinée, auto-éditée et financée grâce à ses fans : L.V.D.D, soit La Vie D’Ebène Duta : « Cette BD, c’est le communautarisme dans toute sa splendeur ». Cette dessinatrice qui nous a offert une conférence à la fois toute en finesse et en sourires, met un point d’honneur à rappeler, à tous, le rôle exceptionnel qu’ont joué ses admirateurs. « Au Cameroun, quand on reconnaît le travail d’une fille, on lui dit qu’elle dessine comme un garçon » explique-t-elle.

La bande-dessinée mise en spectacle

Nous en avons déjà beaucoup parlé mais la bande dessinée à Lyon c’est aussi des spectacles prodigieux et des performances uniques et drôles où la bonne humeur des dessinateurs et le professionnalisme des comédiens s’allient à merveille pour nous en mettre plein la vue ! De plus, grâce à la Coupe du monde d’impro BD, on a pu découvrir des auteurs méconnus en France et des auteurs québécois. Je vous laisse deviner qui a gagné… la France bien-sûr. Nous sommes donc champions du monde de l’impro BD, si cela pouvait en inspirer certains courant juin début juillet…

IMAG0854
© Alice

La bande-dessinée dans la ville des lumières

Mais les lieux culturels lyonnais ont également joué le jeu, ajoutant bien souvent un petit clin d’œil du festival à leurs collections. Les visiteurs des musées et bibliothèques de Lyon ont donc pu retrouver de petites animations autour des objets : au Musée des Beaux-Arts, les artistes étaient invités à « croquer » les œuvres sous l’œil curieux du public. Dans la salle réservée à la numismatique, les auteurs ont dû réaliser des planches en rapport avec le statère de Vercingétorix l’une des pièces majeures de la collection de Lyon. Ces travaux ont été présentés samedi par les dessinateurs, aidés du conservateur-numismate du musée des Beaux-Arts, François Planet. Au musée Gadagne, une petite salle était réservée à quelques planches sur Guignol et la guerre, préparant les visiteurs à une exposition prochaine. Dimanche prochain, ce sera le tour des jeunes Cohliens de croquer le musée. Que ceux qui ont raté ce festival se rassurent : des planches ont également été exposées dans les lieux culturels – ou non – (musées, bibliothèques, librairies, restaurants, bistrots etc.) de la ville, en lien avec le lieu et/ou les collections, qui resteront en place tout au long du mois de juin.

Alice

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *