Le printemps de la BD-Q

La bande dessinée québécoise

La bande dessinée québécoise, aussi appelée BDQ, a connu une histoire mouvementée afin de parvenir depuis ces dernières années à trouver une existence éditoriale réelle. Au Québec, les premières planches considérées comme de la bande dessinée datent de la fin du XIXème siècle. Incluses dans la presse, elles avaient surtout pour caractéristique d’être humoristique et satirique par rapport à la société. Les difficultés économiques n’ont pas permis à ce genre de s’imposer facilement. Il est repris au début du XXe siècle par l’Eglise pour diffuser les valeurs chrétiennes. Les auteurs/dessinateurs de BDQ ont donc majoritairement tenté leur chance à l’étranger : pour se faire éditer soit par le marché américain en plein essor avec les illustrations de comics de super héros soit en passant par de la réédition au niveau européen d’anciennes BDQ. Le « printemps de la bande dessinée québécoise » est un mouvement qui démarre dans les années 1960 dans les universités et les milieux contre-culturels et qui marque un renouveau du genre. Depuis ces dernières années, la BDQ va trouver en l’Internet un média de diffusion de masse où chaque bédéiste va pouvoir valoriser son travail ou celui de ses contemporains. On peut souligner l’existence du site BD Québec créé en 1995 et toujours d’actualité afin de parler des nouveautés et coups de cœur de la BDQ.

 

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Guy Delisle, un bédéiste québécois mobilisé

Dans ce panorama de la BDQ, Guy Delisle est un auteur de BD qui défend son art sur plusieurs plans. Il fait partie des auteurs publiant sur le site BD Québec, il tient aussi un blog pour diffuser son actualité ainsi que ses planches qu’il va ensuite faire éditer sur papier. Internet est donc un moyen d’information qu’il a choisi de développer pour communiquer et partager autour de ce 9ème art.

Son style se partage entre autobiographie et reportage. Maître de la BD-reportage, il a publié de nombreux albums sur ses différents voyages à travers le monde : Birmanie, Moyen-Orient, Corée du Nord. A chaque fois, il s’agit pour lui de traduire les habitudes de ces populations à travers des anecdotes souvent drôles et toujours révélatrices. Il est donc axé sur un mode d’écriture personnel, simple et humoristique. Ces albums sont traduits dans différentes langues : italien, espagnol, allemand…

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Le guide du mauvais père, une autobiographie fragmentée et humoristique

Dans la lignée de la BD humoristique et engagée à éduquer la population, Guy Delisle nous propose Le guide du mauvais père en deux tomes. A l’origine, ce n’était que quelques planches publiées sur son blog qui sont devenues peu à peu un ouvrage édité par les éditions Shampooing.

« C’est aujourd’hui que sort mon dernier album : Le guide du mauvais père – tome 1. C’est sur ce blog que j’ai commencé cette série d’histoires courtes. J’en ai posté la moitié ici-même et j’ai réservé la suite pour la version papier. » publie Guy Delisle sur son blog en janvier 2013. Le deuxième tome est publié début 2014.

Cette BDQ nous propose une série d’anecdotes qu’un père vit avec ses deux enfants à travers différents moments de la vie quotidienne : déclaration d’impôts, repas sans maman, soirée télé… On nous montre ici un papa un peu dépassé par tous les événements qui essaye de ne voir que les bonnes choses de la vie et qui éduque du coup par le bonheur, mais est-ce toujours possible ? Ici, la mère a donc le mauvais rôle, celle qui remet en place mais qui permet une stabilité pour les enfants, alors que le père vit déconnecter des responsabilités d’adulte. Les enfants lui rappellent d’ailleurs parfois qu’il ne tient pas son rôle de père. Il propose à ses enfants d’acheter une nouvelle console de jeux, il tient à faire arriver son fils en retard à l’école pour le déstresser de sa ponctualité, il veut faire tomber la dent de sa fille en l’attachant à une poignée de porte et bien sûr il préfère acheter une BD à son fils plutôt qu’un livre.

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Cet album se lit très facilement. Les dessins sont épurés, à la façon du croquis. Les personnages sont peu nombreux : la famille est composée du père, de la mère, d’un garçon et d’une petite fille. Au maximum, deux autres personnages peuvent se rajouter suivant les anecdotes. Les dialogues sont relativement courts et liés à des situations de la vie courante ; la lecture n’est donc jamais perturbée par des éléments de la culture savante de l’écrit.
Le lien entre Lyon BD festival et la BDQ est fort. En 2011 est créée la première passerelle de Lyon BD festival avec l’international, avec le festival BD de Québec. Des échanges avec les auteurs et dessinateurs de la belle province ont donc pu voir le jour : une délégation lyonnaise se rend au festival BD de Québec et réciproquement.

Cette année, si la BDQ vous intéresse, sachez qu’il y aura une conférence à la Salle Tony Garnier au Palais du Commerce le dimanche 15 juin à 11h. Seront invités Thomas-Louis Côté, directeur de la BD francophone de Québec ; Estelle Bachelard, bédéiste ; Jimmy Beaulieu ; bédéiste et éditeur de BDQ ainsi que Raymond Poirier, animateur et journaliste.
Estelle Bachelard est une artiste québécoise qui travaille dans le graphisme des jeux vidéo en plus d’être une auteure BD. Publiée pour la première fois en 2012 dans un recueil collectif, elle a sorti cette année son album C’est pas facile d’être une fille où elle raconte de façon simple et humoristique les problèmes quotidiens de fille. Elle a d’ailleurs, elle aussi, commencé par partager ses planches via Internet, sur sa page Facebook.
Jimmy Beaulieu est un artiste touche-à-tout qui a commencé par exercer dans le milieu de l’édition, pour travailler ensuite comme libraire, critique, commissaire d’exposition, animateur d’atelier, de revue voire mercenaire du dessin. En 2009, il écrit et publie deux albums À la faveur de la nuit et Comédie sentimentale pornographique.

Vous pourrez aussi retrouver samedi à 15h, à la Comédie Odéon, Jimmy Beaulieu et Estelle Bachelard accompagnés de Laurent Verron et Guillaume Long (deux français) pour le spectacle « Des planches sur l’Atlantique » qui invite le public à assister à un spectacle de création de BD en direct. Il est chargé de choisir l’univers et les personnages de la Bande dessinée qui sera jouée et dessinée. Ensuite, les acteurs et dessinateurs font vivre les personnages sur scène et à l’écran.

Mathilde


Le blog de Guy Delisle : http://www.guydelisle.com/

Le site BD Québec : http://bd-quebec.artv.ca/

Site du festival de la BD Québec pour les biographies des différents auteurs : http://www.fbdfq.com/index.php?option=com_zoo&view=category&Itemid=15

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