Le récap’ du Festival Lumière !

Le festival Lumière s’est terminé dimanche soir avec la diffusion d’Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, l’occasion pour nous de revenir sur la semaine du festival, pendant laquelle Lyon se met au rythme du 7e art. Dans toute la ville, les salles de cinéma ont fait de la place dans leurs programmations habituelles pour la diffusion de tous les films sélectionnés par le festival. ( Institut Lumière  ©Olivier Chassignole ) 

Institut Lumière_Pedro Rojo RomeoInstitut Lumière  ©  Pedro Rojo Romeo

Le cinéma au premier plan 

Cette année, autour d’invités prestigieux tels que Bong Joon-ho, Frances McDormand, Donald Sutherland, Marco Bellochio, Marina Vlady, Gael Garcia Bernal ou encore Daniel Auteuil, c’est le réalisateur américain Francis Ford Coppola qui a été récompensé par le Festival Lumière pour l’ensemble de sa carrière. Une belle occasion de revenir sur l’oeuvre du réalisateur et de voir ou revoir ses films les plus connus, comme Dracula, ou la trilogie du Parrain qui a été diffusée entièrement pendant la célèbre Nuit du festival à la Halle Tony Garnier. Mais c’est aussi une formidable occasion de découvrir certains de ces films, moins connus, surtout du jeune public.
La rédaction de l’Envolée culturelle a eu par exemple le plaisir de voir pour la première fois, The Outsiders, une très jolie vision de l’adolescence adapté du roman de Susan E. Hinton. Le film, qui a reçu à sa sortie en 1983 un très bon accueil critique et public a su séduire les festivaliers. La salle était remplie autant de curieux que de personnes venues avec nostalgie se remémorer ce film de leur adolescence. 


Une autre découverte, pour tout le monde cette fois, celle des séances du Forbidden Hollywood, qui nous ont offert pour la première fois sur grand écran plusieurs films américains réalisées avant l’arrivée du code Hays. Cette loi mise en place par le gouvernement américain de 1934 à 1966 avait pour but de contrôler la production cinématographique hollywoodienne, et cela passait par une vive censure de ce qu’il était possible de mettre en scène. Les thèmes et le traitement de ces films éclipsés de l’histoire du cinéma paraissent alors bien inhabituels au cinéma hollywoodien que nous connaissons, d’autant plus qu’ils sont produits par l’une des majors hollywoodiens à savoir la Warner. Le film que nous avons vu résonne comme l’emblème de ces années de liberté pré-code.
Baby Face dépeint la vie d’une jeune américaine décidant de partir à New York après avoir involontairement causé la mort de son père, alors qu’il s’apprêtait à la vendre à un de ses amis. Elle se sert de son influence auprès des hommes pour évoluer dans une banque. Bien loin des mœurs et du puritanisme américain, le film est étonnamment moderne sur les thèmes qu’il traite et c’est un véritable plaisir de découvrir ces « trésors » sur grand écran !

Institut lumière_Olivier Chassignole.jpg
Institut Lumière  © Olivier Chassignole.

Des rencontres « Coup de cœur »

Bien d’autres séances nous ont émerveillé.e.s, et l’éclectisme des films proposés est la preuve que le Festival Lumière est avant tout une célébration du cinéma sous toutes ses formes, loin des tapis rouges et de la compétition, mais plus proche des films. Finalement, tout le monde repart gagnant du Festival Lumière, que ce soit en ayant découvert des films importants pour l’histoire du cinéma, ou bien en profitant des rencontres organisées avec les invité.e.s. 

Élisabeth, l’une de nos rédactrices, a, par exemple, eu la chance de participer à la Master class de Gael García Bernal et assiste à une véritable « plongée dans l’œuvre et le regard du comédien avec la simplicité qui le caractérise. Le cinéma ouvre nos horizons, c’est ce que nous rappelle l’acteur et réalisateur mexicain. Faire et voir du cinéma, c’est construire ensemble, dialoguer, réfléchir, résister. Et si pour lui le cinéma ne sauve jamais le monde, cet art – quand il réussit – nous met au défi de réaliser l’impossible et nous donne d’avoir un peu moins peur de la mort et de la fatalité. A chaque expérience de sa vie d’acteur, de nouveaux chemins s’ouvrent pour lui : Amores perros d’Iñárritu où il n’y avait qu’une seule prise par scène ; Y tu mamá también de Cuarón où les acteurs participaient à la réalisation à tous les niveaux ; Diaros de motocicleta de Walter Salles avec ses dix semaines de préparation et sa traversée de l’Amérique Latine ; La science des rêves de Michel Gondry où chaque objet, chaque geste avaient une importance, et une intensité particulière…
Le débat est lancé sur la question du mur entre les États-Unis et le Mexique, Gael García Bernal ouvre les perspectives en rappelant la responsabilité de son pays. Accueillir dignement les migrants ou les mexicains qui rentrent au pays ne peut pas être une option, affirme le comédien. Le regard plein de malice, il rappelle que l’une des plus vieilles histoires du monde est bien celle de quelqu’un qui essaye de rentrer chez soi. Les odyssées sont notre ADN, il faut en prendre soin.
Enfin, il nous laisse entrevoir, avec son long métrage Chicuarotes, qui sortira bientôt, que de nouvelles voies se dessinent. Face aux derniers cowboys machos qui ont du mal à accepter que le monde change, les voix, notamment féminines, prennent le dessus pour faire en sorte que le monde soit meilleur, sans laisser personne derrière. Gael García Bernal nous a convaincu : plusieurs mondes peuvent exister ensemble dans un même monde. Son cinéma y participe et nos horizons s’élargissent… »

Institut Lumière_Léa Rener.jpgInstitut Lumière  ©  Léa Rener

Si le festival est bel et bien terminé, l’Institut Lumière propose, du 23 octobre au 12 novembre, une sélection « best of » des films qui ont été diffusés durant la semaine des festivités. Au programme : des films de F.F. Coppola, d’André Cayette, du Forbidden Hollywood, et bien d’autres séances qui ont été diffusées pendant la semaine du festival. Si vous n’avez pas eu l’occasion d’y aller, foncez ! 

L’Institut Lumière se trouve au 25 rue du Premier Film, 69008 Lyon. 

Lien vers le programme

Lien vers la Billetterie 

Article écrit par

AmbreAmbre Bouillot

et Élisabeth Coumel

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *