Les Assises Internationales du Roman, lieu d’échanges et de partages

La 8ème édition des Assises Internationales du Roman qui se déroulait du 19 au 25 mai à Lyon s’est finie sur la très belle lecture de Réparer les vivants de Maylis de Kerangal réalisée par Dominique Blanc. Toute la semaine L’Envolée Culturelle vous proposait des critiques des derniers livres de certains auteurs invités, il est temps maintenant de revenir sur les temps forts de cet événement !

« La littérature est un média qui permet d’aller vers l’autre » Christian Oster

Des rencontres incroyables

Quand des collégiens travaillent sur un projet d’écriture avec une auteure telle que Léonora Miano, ça laisse forcément un souvenir indélébile. La sensation unique d’avoir produit quelque chose de beau grâce à une auteur prévenante et à l’écoute. Ce qui est encore plus formidable, c’est voir les élèves ayant participé à ce projet monter sur scène pour réciter des poèmes, jouer des scénettes ou lire des abécédaires pour rendre hommage à cette initiative proposée par la Villa Gillet (plus de détails ici)

« La création est le contraire de l’ordinaire » Christian Oster

La salle des Subsistances qui accueillait l’événement affichait presque complet chaque soir, même les soirs de grand froid ! Heureusement les couvertures étaient là pour nous permettre d’apprécier comme il se devait les propos des 48 invités répartis autour de 18 conférences. On n’imagine pas toute la logistique qu’il faut pour organiser un tel événement et je pense que toute l’équipe de la Villa Gillet mérite un grand BRAVO pour son travail et pour avoir rendu possible ces véritables moments de partage. Si je dis « partage » c’est parce que les auteurs ne font pas que parler entre eux, ils parlent avec le public, ils l’écoutent, lui répondent et leur signent même des autographes après chaque rencontre. De plus, au-delà des simples conférences, les écrivains n’hésitent pas à se déplacer dans la région Rhône-Alpes jusqu’à Grenoble et Bourg-en-Bresse pour intervenir dans des bibliothèques, des médiathèques, des musées, des librairies, etc.

Ce qui nous a marqué, cette année, c’est la simplicité de la plupart des invités et leur proximité avec le public. Ils étaient très disponibles et on sentait qu’il y a avait en eux une véritable envie de transmettre quelque chose…Il suffisait d’écouter Marie Desplechin dialoguer avec des morts sur le ton de la légèreté et en interpellant le public pour le voir ou de regarder Léonor de Recondo nous parler de Michelangelo pour comprendre la passion qui l’a animée pendant la rédaction de son livre et qui l’anime toujours… mais le mieux est encore de laisser la parole aux auteurs parler de leur travail !

Qu’est ce que l’art d’écrire ?

Léonor de Recondo :

© Jérémy Engler
© Jérémy Engler

« Le roman commence où le souffle est court »    « Le silence peut se glisser dans le roman »

« Il faut incarner l’image »                                        « Les personnages s’imposent à l’écrivain »

« Voyage sensible avec lui, par lui »

Hugo Boris :

© Jérémy Engler
© Jérémy Engler

« Il y a un livre dans le livre »

« Le biographe opère une soustraction pudique alors que le romancier opère une addition décomplexée. »

« Chien fou de romancier »                                                          « Canular aux ayants droits »

David Bosc :

© Jérémy Engler
© Jérémy Engler

« Ecrire c’est le principe d’élection »    « En écrivant la vie d’un autre, on met un peu de soi »

« Projet immodeste de rendre compte des choses »

Christian Oster :

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© Patrice Normand

« Faire comme les livres qu’on a aimés »        « Je ne suis personne sinon cette envie d’écrire »

Frédérique Ciriez :

© Jérémy Engler
© Jérémy Engler

« Extraordinariser le quotidien »                                         « La littérature est un bras de fer »

Ascanio Celestini :

© Jérémy Engler
© Jérémy Engler

« Nous devons aller chercher les histoires »           « Il faut vivre leurs histoires [les histoires des gens interviewés par l’auteur] pour l’écrire »

« Dans les histoires que j’écris, il y a ce qui m’a été raconté »

Paolo Giordano :

© Jérémy Engler
© Jérémy Engler

« On n’écrit pas de manière heureuse sur la guerre, on écrit sur la guerre avec vitalité, avec un vitalité d’autant plus intense qu’on a le courage de se pencher sur l’abîme »

« Se mettre dans l’esprit du soldat permet d’oublier toute idéologie »

Delphine Coulin :

© Jérémy Engler
© Jérémy Engler

« Si est rêverie. Tout vient de là.»

Kevin Powers :

© Jérémy Engler
© Jérémy Engler

« Ecrire pour se débarrasser d’un fardeau »

« Désir de se libérer »

Marie Desplechin :

© Jérémy Engler
© Jérémy Engler

« Ecrire c’est un jeu »

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Comment se construit un roman ?

Christian Oster :

« L’auteur agence les mots »

                « Je n’ai pas de mots préférés »          « Je n’aime aucun mot sorti de son contexte »

« L’ordinaire est la pâte dont on se sert pour écrire des romans »

« Un personnage moyen dans une situation adéquate peut accéder au statut de héros pour ce qu’il est et non ce qu’il fait »

« La fiction n’a jamais rien eu d’ordinaire »

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Frédérique Ciriez :

« Mes personnages ne sont pas des petites gens dont je fais l’exégèse populaire »

« Petite goutte d’ordinaire plein de super »

« Je désire mes personnages de manière très forte »

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Ascanio Celestini :

« Je veux raconter quelque chose qui fait partie leur ordinaire et non l’ordinaire »

« Parmi la foule de mots utilisés dans une vie,

quelques mots exemplaires émergent »

« La réalité de la vie est la narration de la réalité »

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Paolo Giordano :

« Le réalisme le plus cru surgissait

dans ce qui avait été pour moi une expérience de l’ordre du rêve »

« Creuser dans ce qui est refoulé »                      « Volonté de lancer la guerre sur le lecteur »

« Effet durable et permanent »

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Delphine Coulin :

« Volonté d’écrire sur la violence féminine et non sur la violence des femmes »

« La violence circule et ne disparaît pas »                 « [après la guerre] il reste une blessure »

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Kévin Powers :

« L’empathie se développe dans l’imagination »

« Un roman est plus efficace que les infos »   « Le roman nous met en situation de guerre »

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Evidemment, ceci n’est pas représentatif de tous les auteurs présents, mais cela correspond assez à notre vision de la littérature et de l’écriture romanesque ! Ecrire doit être un plaisir dans lequel on donne de sa personne en partageant ses émotions, ses coups de coeurs ou tout simplement les histoires qui nous plaisent afin de sortir le lecteur de son ordinaire et le faire entrer dans un tout nouvel univers !

Jérémy Engler

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