Les Huit Salopards : un Tarantino on ne peut plus sanglant !

Les Huit Salopards (The Hateful Eight) est le dernier long-métrage en date réalisé par Quentin Tarantino, sorti le 6 janvier 2015 en France (en salle actuellement). Un bon film, avec une bande-son géniale et des décors magnifiques, mais une intrigue peut-être un peu trop écœurante pour nous…

©The Weinstein Company
©The Weinstein Company

Une belle distribution au service d’un scénario bien ficelé… mais un peu long

Commençons par vous présenter le casting, qui est assez incroyable, nous devons le reconnaître : on retrouve des habitués du travail de Tarantino avec Samuel L. Jackson, Michael Madsen ou encore Tim Roth, mais aussi de nouvelles têtes, comme celle de Channing Tatum par exemple, qu’on ne s’attendait certainement pas à voir ici (une partie de notre adolescence s’est vue remplie de ses films « romantico-niais » tels que Sexy Dance, Cher John ou encore Je te promets, alors quelle surprise dans ce changement de registre !).
L’actrice qui joue le rôle de Daisy Domergue, une criminelle dont la tête a été mise à prix, est Jennifer Jason Leigh : nous l’avons vraiment trouvé impressionnante en tueuse psychopathe sans scrupules. Son rôle lui a d’ailleurs valu une nomination aux Oscars dans la catégorie de la meilleure actrice dans un second rôle. Espérons qu’elle sera récompensée pour sa belle performance !
Chapeau bas donc pour ces acteurs époustouflants… Et une petite mention spéciale pour Samuel L. Jackson, que l’on retrouve dans de nombreux autres Tarantino (Pulp Fiction, Jackie Brown, Kill Bill vol. 2 ou encore Django Unchained), et qui nous fait toujours autant sourire avec son petit rictus si sarcastique et à la fois si amical– on a envie de croire tout ce qu’il nous raconte -, ainsi que son regard si pénétrant…

©The Weinstein Company
©The Weinstein Company

Outre ces bons acteurs, nous nous devons de parler du scénario. Et ce dernier comporte un petit hic. Nous admettons volontiers qu’il ne manque pas de retournements de situations, et que la tension est assez bien maîtrisée dans la seconde partie du film (partie qui se passe en huis-clos dans une auberge où le destin des « huit salopards » se joue véritablement). La fin, bien que nous nous attendions à un massacre général, est aussi assez inattendue et vraiment magistrale !
Malgré cela, nous n’avons pas réussi à adhérer au rythme proposé par le film ; la première partie est trop lente par rapport à la seconde. Et cette dissymétrie nous a gênés. De nombreuses pistes très intéressantes et alléchantes sont esquissées au début du film lors de la (longue) conversation dans la diligence entre Chris Mannix (futur shérif de Red Rock), John Ruth (chasseur de primes ayant capturé la redoutable Daisy Doumergue) et le Major Marquis Warren (autre chasseur de primes). Le spectateur se méfie et ne sait qui croire : les questions fusent dans son esprit. Qui sont véritablement ces personnages ? Mentent-ils tous (car ils ne peuvent pas tous dire la vérité) ? Le jeu entre vérité et mensonge, dicible et indicible, est vraiment très bien amené : on reconnaît là la belle plume de Tarantino. Mais il aurait pu condenser cela et ne pas le laisser durer près d’une heure et demie : on est alors un peu déçu par ce dialogue quand on le compare avec la deuxième partie du film. On s’attendait presque à plus de rebondissements dans cette seconde partie, ou à plus d’événements inattendus. Malgré ce petit bémol, le scénario reste tout de même plein de nuances, de subtilités et d’actions toutes aussi folles les unes que les autres !

©The Weinstein Company
©The Weinstein Company

Du sang, du sang, et… du sang.

Reprocher à un Tarantino d’être trop sanglant paraît absurde, nous en conviendrons. Mais là… En fait, ce qui est gênant, c’est encore une fois ce trop gros décalage entre la première et la deuxième partie du film. Cette première partie si lente et si calme, suivie par cette deuxième si sanglante et si mouvementée.
D’ailleurs, le sang est vraiment omniprésent tout au long du film. Prenez pour exemple le personnage de Daisy Domergue qui a tout le temps du sang sur le visage et/ou sur le corps… Pendant trois heures. Un personnage lui vomit du sang sur le visage avant de s’écrouler mort sur elle par exemple, et elle finit avec un avant-bras tranché qui ne lui appartient pas, avant-bras pendant à son propre bras puisque menotté à ce dernier… Bref, c’est assez gore. On dirait que Tarantino s’est bien amusé, comme un grand enfant, en voulant utiliser le plus d’effets sanglants ! Le résultat n’est pas du tout réaliste, c’est une sorte d’« esthétique du sang », ce qui est finalement une esthétique assez particulière et propre à Tarantino.
Mais nous avouons que c’était un peu trop pour nous… Nous n’avions pas mangé avant la séance et nous étions fatigué, nous avons donc eu un peu mal au cœur !

En résumé, ce dernier Tarantino témoigne de bonnes idées et d’une intrigue intéressante, bien qu’un peu trop longue et sanglante pour nous… Il en vaut tout de même la peine, n’hésitez pas à aller le voir pour vous faire votre propre idée !

Sarah Chovelon

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *