Les Lyonnais d’Olivier Marchal, le coup de cœur de Jérémy

C’est en tant que rédacteur en chef que j’ouvre cette catégorie des coups de cœur. Je tiens à ce que chaque rédacteur ait une tribune dans laquelle il pourra vous faire part de ces coups de cœur, indépendamment de l’actualité culturelle. D’une part pour remercier tous les rédacteurs de se prêter au jeu mais aussi et surtout pour vous faire (re)découvrir ce qu’ont aimé vos rédacteurs préférés.

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Bande annonce du film

Un polar du côté des voyous :

« Agir bien, parler peu et pas s’écarter de sa voie »

Tels sont les préceptes de vie que donne le père du petit Edmond Vidal à son fils. On pourrait appliquer les mêmes à Olivier Marchal. En effet, que ce soit les films et séries qu’il réalise ou encore ceux qu’il scénarise, tous sont des films policiers. Le polar étant à l’honneur cette semaine à « L’envolée culturelle », mon coup de cœur s’est légitimement porté vers un film d’Olivier Marchal, Les Lyonnais. Ce film est moins connu que 36 quais des Orfèvres mais il se passe à Lyon, ville dans laquelle se déroule le Festival des Quais du Polar du 4 au 6 avril.
Comme pour son premier film, Gangsters, Olivier Marchal, cet ex-flic qui se sert de son expérience pour rendre ses films les plus crédibles et réalistes possibles, place son action du côté des voyous, montrant ainsi qu’on peut faire un bon polar même en se plaçant du côté des « méchants ».

gang lyonnais
Ce qui est intéressant dans la filmographie d’Olivier Marchal c’est que les flics ne sont pas tous exemplaires comme il le montre avec 36 quai des Orfèvres, tous ont des cadavres dans le placard comme on dit dans le jargon. De même, les voyous ne sont pas tous mauvais, ils sont souvent filmés avec une certaine empathie, ils ont un code d’honneur et des valeurs qui les rendent touchants. Le personnage de Momon (Edmond Vidal, joué par Gérard Lanvin) bien que braqueur multi-récidiviste reste  un homme de parole et d’honneur pour qui l’amitié est la chose la plus importante, il restera fidèle à ses valeurs tout au long du film. Et pourtant à la fin, devant la plus terrible et cruelle désillusion, tout ce en quoi il croyait est remis en question. Et la performance de Gérard Lanvin dans sa voiture, à la fin du film, sans dire un mot, est exceptionnelle. Son visage et la musique suffisent à nous faire ressentir la tristesse, le désespoir, la colère et la souffrance justement indéfinissables du personnage et il fallait un grand Gérard Lanvin pour nous faire ressentir tout cela

Une histoire de famille : 

« On espère tous à peu près la même chose, que la vie soit belle et tranquille, avoir une famille heureuse, une maison, des amis sur qui compter, moi j’ai la chance d’avoir eu tout ça et plus encore. »

Ce film est tiré d’une histoire vraie, celle racontée par Edmond Vidal dans son livre Pour une poignée de cerises. Ce film est un hommage à ce leader charismatique du clan des Lyonnais qui sévissait dans la région dans les années 70. On y découvre la vie de Momon (Gérard Lanvin/Dimitri Storoge lors des flashbacks) et de ses trois amis, Dani (Lionel Astier/Simon Astier), Christo (Daniel Duval) et Serge (Tchéky Karyo) dans leur jeunesse et leur « retraite ». Avec le Grec, ils formaient le gang des Lyonnais qui multipliait les braquages et humiliait la police. Après plusieurs années de prison, tous se sont rangés sauf Serge qui baigne dans une sale affaire. Si sale, qu’il risque d’y passer s’il reste en prison. Tiraillé entre sa promesse à sa femme de ne plus enfreindre la loi et son amitié pour Serge, Momon choisit de faire évader son ami mais en déléguant, ce qui va entraîner un grand bouleversement dans sa vie. Lui qui voulait protéger sa famille la voit exposée et décide de reprendre son rôle de voyou pour régler ses comptes et empêcher qu’il leur arrive malheur.
L’histoire parle donc de l’importance de la fidélité envers ses amis et sa famille. Ce qui est intéressant c’est que ce film est justement une histoire de famille…

lyonnais vieux

Pour ce film, Olivier Marchal s’est entouré de ses amis et de ses précédents collaborateurs comme Francis Renaud (Brandon, l’amant de la fille de Serge et un petit voyou) qu’il a rencontré sur la série Quai n°1 à ses débuts à la télévision et qui a joué dans tous les films qu’il a réalisé ou co-écrit. On retrouve aussi François Levantal qui jouait dans son premier film Gangsters et qui a participé à plusieurs épisodes de la série Braquo (créée par Olivier Marchal), Daniel Duval qui jouait dans le plus grand succès d’Olivier Marchal 36 quai des Orfèvres. Parmi les personnages principaux, seuls Tchéky Karyo et Dimitri Storoge n’ont jamais travaillé avec lui, ainsi que Lionel et Simon Astier, tous deux choisis pour ancrer un peu plus l’histoire dans la ville de Lyon, ces deux acteurs étant fortement associés à cette ville. Ce film marque aussi la première collaboration entre Olivier Marchal et Edgar  Marie avec qui il travaillera sur Le Jour attendra et Braquo.

Ce film nous semble bien résumer le genre du « polar » car il illustre parfaitement sa complexité. Un polar n’est pas qu’une simple enquête policière, ici il s’agit plus de montrer la fidélité liée à sa famille et ses amis considérés comme des membres de la famille. Cette fidélité à toute épreuve (torture, prison, assassinats) pour laquelle ils sont prêts à tout sacrifier…

Jérémy Engler

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