Les Spectaculaires, un nom loin d’être galvaudé !

Le Cabaret des ombres est le premier tome des aventures des « Spectaculaires » scénarisé par Régis Hautière et dessiné par Arnaud Poitevin. Tous deux n’en sont pas à leur coup d’essai. Cela fait plusieurs années que ces deux compères évoluent dans le monde de la bande dessinée. Après s’être rencontrés sur Le Marin, L’Actrice et La Croisière jaune, et suite à cette expérience fructueuse et enrichissante, ils décident de remettre ça avec une folie dégénérative époustouflante.

©Hautière/Poitevin
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Tout est fou-fou-fou !

Tout commence dans l’atelier du professeur Pipolet – un nom bien ridicule vous en conviendrez – qui vient d’inventer la plus prodigieuse des armes de destruction massive au début du XXe siècle ! Ça commence bien ! Cet inventeur de génie – ou non – se retrouve trahi par son associé qui veut fabriquer et commercialiser cette arme aussi reçoit-il une balle dans la tête !
Décidément ça part mal pour notre professeur !
Heureusement, il survit et se greffe un appareil pour remplacer l’œil qu’il a perdu ! Mais cette blessure lui laisse une grosse séquelle… Sa mémoire à court terme dysfonctionne et il est incapable de se souvenir de la journée de la veille, mais deux jours après, il s’en souviendra et ce sera celle d’avant qu’il aura oublié ! Fou on vous dit ! Mais le pire arrive ! Il rencontre la troupe des Spectaculaires dans un cabaret parisien, il est fasciné par leur prestation et leur propose de sauver le monde en empêchant son associé de mettre son plan à exécution. Si cette idée a de quoi séduire, un problème demeure, ces artistes sont des charlatans et n’ont aucun talent… C’est mal parti mais finalement, en jouant sur la mémoire défectueuse de Pipolet, ils finissent par accepter cette mission risquée mais leur motif est plus pécuniaire qu’humanitaire. C’est alors que le professeur décide de tous les équiper avec des inventions de son cru ! Et attention à la catastrophe ! Si toutes ces inventions semblent géniales de prime abord, elles vont toutes se révéler défaillante au plus grand dam de leurs utilisateurs !

©Hautière/Poitevin
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Des personnages caricaturaux et typiques

On retrouve tous les codes du genre avec l’inventeur fou peu fiable, la troupe de bras cassés qui en utilisant chacun leurs habilités vont parvenir à sauver le monde, avec un brin de chance ne le nions pas… Évariste est un séducteur invétéré, se croyant irrésistible ; il se retrouve équiper d’un appareil lui permettant de voler puisque dans leur spectacle, il est l’homme volant ; Félix est un faiblard allergique aux chats qui bénéficie de gants avec des crocs qui lui permettent d’escalader toute paroi et rappellent le personnage du lycanthrope qu’il joue sur scène, Eustache est un gros qui se fait passer pour un colosse er qui aura donc droit à une armure censée le protéger de tout… et enfin toute cette bande « spectaculaire » est dirigée d’une main de fer par Pétronille, une élégante et intelligente demoiselle. Toute cette famille – car oui ils sont bien de la même famille – possède tous les traits des héros de ce type de récit et c’est ce qui fait que ça fonctionne ! Sans oublier évidemment le savant fou ! Et que dire enfin du grand méchant, Victor Stingler, dont le physique grassouillet et arrogant en fait un personnage exécrable !

©Hautière/Poitevin
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Un rythme effréné !

Le succès de cette bande dessinée dont la prochaine aventure paraîtra l’année prochaine repose sur le rythme. En partant du postulat que ces inventions sont défaillantes, les auteurs nous emportent dans un univers loufoque hilarant et séduisant ! Mais surtout, les différents problèmes de machinerie permettent au récit de sans cesse se relancer et d’être toujours absolument dynamique. Ainsi petits et grands ne s’ennuieront pas à la lecture de ce premier tome qui tout en présentant les personnages parvient dès la première planche à capter notre attention pour ne plus jamais la lâcher et nous incite à en redemander ! Qui plus est les auteurs savent ménager le suspense et la fin ne manquera pas de vous surprendre tant elle paraît improbable au début puis pas si absurde que ça quand on y réfléchit…

Quoi qu’il en soit, la chute, tout comme cette BD, est spectaculaire ! Et ce « cabaret des ombres » méritait d’être mis en pleine lumière !

Jérémy Engler

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