Levinas rendu accessible par le Collège Supérieur de philosophie

« La philosophie n’est pas une construction de système mais la résolution, une fois prise, de regarder naïvement en soi et autour de soi » disait Bergson.
Le Collège Supérieur de philosophie à travers ses ateliers, conférences et rencontres propose de nous interroger sur les questions existentielles et nous émerveiller devant  la pensée des grands philosophes.
Le 1er octobre a eu lieu le premier atelier de lecture ouvrant ainsi le début d’un cycle de six ateliers. Les lectures animées par Arthur Craplet, philosophe et responsable du pôle Philosophie du soin et avec la participation d’Eric Peyron, psychiatre, portent sur Le temps et l’autre d’Emmanuel Levinas.

L’atelier de lecture : un excellent moyen d’appréhender la philosophie 

Appréhender seul la philosophie n’est pas une tâche facile mais appréhender seul la philosophie de Lévinas est un travail encore plus ardu. L’atelier de lecture permet de ne pas être seul, désemparé et dubitatif devant notre livre. Et, mieux qu’un cours ou qu’une conférence, il nous permet de débattre et de partager sur notre compréhension du livre.
Cet atelier de lecture permet donc de « descendre la philosophie sur la place publique » comme dirait Arthur Craplet. Ce professeur en classes préparatoires HEC aux Minimes, affirme que la philosophie ne devrait pas être enseignée qu’en classe mais qu’elle devrait être mise à la portée de toute personne s’interrogeant sur l’existence.
Eric Peyron, psychiatre, addictologue et responsable du centre d’addictologie ADDIPSY,  complète les réflexions d’Arthur Craplet sur la philosophie du soin chez Lévinas par son expérience et  ses connaissances théoriques au sujet de la relation patient/médecin.
En parfaite complémentarité, en suivant la linéarité du Temps et l’autre de Lévinas,  ils aborderont les 4 thèmes de l’ouvrage que sont le visage, la féminité, la mort et le désir.

Levinas un philosophe incontournable

Emmanuel Levinas est  un philosophe français né en Lituanie en 1906. Obligé de s’exiler dès le début de la première guerre mondiale, il prit la nationalité française en 1930. Après un détour par l’Allemagne, il partit faire ses études à Strasbourg. A ce moment il rédigea une thèse sur Husserl sous la direction d’ Heidegger. Il devient alors le disciple de ces deux illustres philosophes.
Levinas est un penseur de l’éthique et de l’altérité qui s’inscrit dans une philosophie du soin. Sa vision du temps est très novatrice. Dans la première partie de Le temps et l’autre (L’objet et le plan) à la page 17 il dit que « le but de ces conférences consiste à montrer que le temps n’est pas le fait d’un sujet isolé et seul mais qu’il est la relation même du sujet avec autrui ». C’est donc dans l’expérience du temps que va se révéler la relation avec autrui et même sa signification. Le temps comme transcendance vers l’autre ne se définira plus comme une synthèse intentionnelle, il ne se présentera plus comme une frise chronologique de notre passé ou le programme de notre journée. Il sera l’événement toujours renouvelé du dépassement de la finitude du sujet. Le soin est un lieu où l’expérience de cette temporalité est très marquante, le soignant n’est jamais seul et isolé, il est toujours sollicité par les patients. Les patients vont même jusqu’à rentrer dans la sphère intime du médecin et inversement.

 

Lévinas, à l’instar de Platon et Descartes, se dresse contre la philosophie occidentale pour placer  l’autre au-dessus du même, de moi-même. La philosophie occidentale, elle, considère l’autre comme un étranger, un étranger qui ne rentrera jamais dans la singularité du sujet ! Cette philosophie se condamne alors à être une philosophie du narcissisme, voire une philosophie de l’égoïsme.
Mais l’originalité de Lévinas vis-à-vis de Platon et Descartes est de se demander si « l’ être n’est pas toujours impersonnel, sans fondement », ce qui expliquerait le primat de l’autre sur ses désirs, car selon Lévinas, dans l’expérience de la temporalité, il y a le surgissement de l’autre. Alors qu’avant lui, l’être était vu comme ontologique, comme principe et valeur de fondement.
Tout l’enjeu de la pensée de Lévinas est d’intégrer l’autre en moi-même. Le monde deviendrait peut être alors plus paisible…

Alors nous n’avons plus qu’un mot à dire : foncez ! Le prochain atelier se déroule le 15 octobre de 20h à 21h30 au 17 rue Mazagran Lyon 69007.

Léonie Schroeder

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