L’hommage de la rédaction à Robin Williams : « O capitaine ! [Notre] capitaine »

C’est en deuil que s’est réveillée ce matin la rédaction de L’Envolée Culturelle, pour beaucoup d’entre nous, Robin Williams est l’acteur qui a marqué notre génération. Tout d’abord par son talent, puis par ses rôles attachants. Enfants, nous adorions ses personnages, à l’âge adulte, nous adorions son talent en plus de ses personnages. C’est donc avec une très grande peine que nous avons appris le suicide de notre idole, ce 11 août 2014. Nous ne vous parlerons de sa vie car nous préférons nous concentrer sur sa carrière et lui rendre hommage en expliquant toutes les raisons qui nous ont fait l’adorer !

Un OVNI dans le monde du cinéma

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Peu de gens s’en souviennent mais Robin Williams a commencé sa carrière dans la série Happy Days dans le rôle de Mork, un extraterrestre excentrique et banni de sa planète Ork car les blagues sont interdites là-bas. Le personnage connaît un tel succès que les producteurs décident de créer un spin-off intitulé Mork and Mindy (peu de français connaissent cette série seulement diffusée en France pour la première fois en 2008 sur Série Club) dans lequel Mork essaie de comprendre le mode de vie des humains. Grâce à cette série, il obtiendra son premier prix, le Golden Globe du meilleur acteur dans une série télévisée musicale ou comique en 1979.
Dans L’homme bicentenaire (1999), il ne joue pas un extraterrestre mais un robot ménager, appelé Andrew, qui à cause d’un dysfonctionnement comprend les émotions des humains et se donne des buts qui lui permettront de mieux appréhender et apprendre la vie.
Dans Les aventures du baron de Münchausen (1988), il joue un roi de la lune excentrique qui aime faire des chatouilles à sa femme et qui est excessivement jaloux. Un personnage haut en couleurs qui aura amusé bon nombre d’enfants.
Dans Good Morning Vietnam, (1987) il joue l’animateur de radio Cronauer qui ose faire des calembours sur la guerre et braver l’autorité de ses supérieurs en divulguant des informations confidentielles, le tout sur un fond humaniste, ce qui lui vaut d’obtenir le Golden Globe du meilleur acteur dans un film musical ou une comédie en 1988.

Un humaniste philanthrope et rêveur

« Si Garp avait eu le droit de formuler un seul souhait, un souhait immense et naïf, il aurait souhaité pouvoir transformer le monde en un lieu sûr. Pour les enfants et pour les adultes. Le monde frappait Garp comme un lieu rempli de périls inutiles pour les uns comme pour les autres. »

Bien qu’excentrique, il n’hésite pas à endosser des rôles émotionnellement forts dans lesquels il apparaît sinon comme un humaniste au moins comme un philanthrope rêveur. Dans Le monde selon Garp (1982), il joue le rôle de T. S. Garp, un auteur à succès qui entre autres raconte les histoires de jeunes à problèmes qui vivent dans le centre de sa mère pour les aider à guérir. Il veut venir en aide aux gens mais est traumatisé par l’infidélité de sa femme…
En 1989, il joue le rôle qui personnellement m’a le plus touché. Son interprétation magistrale de John Keating dans Le Cercle des poètes disparus a rendu ce film culte à mes yeux, notamment grâce au message qu’il véhicule. John Keating est enseignant dans une très grande école américaine et apprend à ses élèves à réfléchir par eux-mêmes et à ne pas juste se contenter des manuels mais aussi et surtout à vivre leurs rêves. Aujourd’hui professeur, je rêve d’être aussi bon pédagogue que lui dans ce film.

Scène finale du Cercle des poètes disparus à voir et à revoir sans modération

Son rôle dans Will Hunting (1997) est similaire à celui qu’il occupe dans Le Cercle des poètes disparus, il n’est plus professeur mais psychologue et aide un génie en mal de reconnaissance et fortement traumatisé par son passé à s’assumer et à évoluer pour pleinement prendre la mesure de ses capacités, il est si bon dans ce genre de rôle qu’il obtient l’oscar du meilleur acteur dans un second rôle en 1998.
Dans Le roi pêcheur (1991), il joue Parry, un clochard, devenu fou après la mort de sa femme tué par un déséquilibré mental. Un soir, il sauve Jack, un présentateur de radio sur le déclin et entreprend avec lui de trouver le Graal pour Lydia, la femme qui vit dans son monde imaginaire et dont il est amoureux. A la recherche de cette relique, les deux personnages vont peu à peu remonter la pente et s’entraider dans leur évolution et leur réinsertion sociale, ce qui lui vaut le Golden Globe du meilleur acteur dans un film musical ou une comédie en 1992 qu’il partage avec Jeff Bridges, son partenaire à l’écran.
Dans un registre un peu plus léger encore, il interprète la statue du président Théodore Roosevelt dans La nuit au musée 1 et 2, et dans le 3ème qui devrait sortir en décembre 2015. Même si ici, on est dans la comédie, son personnage n’est pas drôle, il sert surtout à conseiller et aiguiller le pauvre gardien de musée complètement démuni devant la charge de travail qui lui incombe.
En plus, d’endosser un rôle de pédagogue qui aide au développement des autres et qui permet à des millions de spectateurs d’évoluer et de travailler sur eux-mêmes, il sait aussi être très drôle…

Des comédies toutes plus folles les unes que les autres

Avant tout, Robin Williams est surtout connu pour ses rôles humoristiques comme dans Harry dans tous ses états (1997), dans Camping Car (2005), dans The Last Show (2006) dans Permis de mariage (2007), dans The Wolrd’s greatest dad (2009) ou encore dans Le psy d’Hollywood (2009), d’ailleurs, il jouera cette année dans The Angriest man in Brooklyn et Absolutely Anything.
En 2013, il était revenu à ses premières amours en reprenant un rôle principal dans une série, The Crazy Ones, au côté de Sarah Michelle Gellar (Buffy). Il incarne le patron d’une agence de pub qui tente de rester dans le coup malgré la concurrence grâce à une folie toute particulière qui l’oppose à sa fille jouée par Sarah Michelle Gellar.
Ces comédies ne sont pas les plus connues car celles qui l’ont fait connaître sont surtout celles à destination des enfants…

Le héros des touts petits

Robin Williams as Peter Pan for the Film Hook

Ce qui a rendu Robin Williams si populaire, ce sont ces rôles dans les comédies pour enfants dans lesquelles son énergie et son talent éblouissaient l’écran et les enfants. D’ailleurs, son premier grand rôle au cinéma, il le doit à un film pour enfants. Il joua le rôle titre dans l’adaptation du célèbre dessin animé Popeye, l’homme incroyablement fort grâce à ses épinards. Si le film n’est pas resté dans les annales, sa performance aura su donner l’élan nécessaire à sa carrière.
Dans Hook ou la revanche du Capitaine Crochet (1991), il campe un Peter Pan adulte, plus vrai que nature, qui a tout oublié de son éternelle enfance et qui revient au Pays Imaginaire pour sauver ses enfants kidnappés par le Capitaine Crochet (joué par un excellent Dustin Hoffman). Quand deux immenses acteurs se rencontrent sous la houlette de Steven Spielberg, ça donne forcément un grand film qui a su faire rêver les petits et les grands.
Après Peter Pan, c’est Jumanji (1995) qui le propulse au rang des aventuriers préférés des enfants. Qui ne se souvient pas de son rôle d’Alan Parrish, prisonnier d’un jeu de plateau qui tente de sauver deux enfants, prisonniers à leur tour ? Une aventure familiale à vivre et à revivre !
Le Disney Flubber (1997) fait de lui un savant un peu fou qui réussit à donner vie à une substance gélatineuse totalement incontrôlable pour un film excessivement drôle !
Enfin, la performance qui le place au rang des meilleurs acteurs de comédie, lui faisant gagner pour son troisième Golden Globe du meilleur acteur dans un film musical ou une comédie en 1994 et son deuxième MTV Movie Award consécutif pour la meilleure performance comique en 1994 aussi, c’est celle qu’il réalise dans le rôle de Daniel Hillard alias Madame Doubtfire (1993). Qui n’a pas rêvé d’avoir une nounou aussi cool qu’elle ? Encore une fois, avec une interprétation sublime, il parvient à enchanter la vie de millions d’enfants qui ont rêvé d’une telle nounou et fait rêver des millions de femmes qui rêveraient de rencontrer un homme capable de faire ça pour voir ses enfants.

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Un doubleur de talent

Si dans Madame Doubtfire, le personnage de Daniel Hillard est un doubleur qui se fait virer, il faut reconnaître que sa carrière dans le doublage a elle été brillante. En effet, il a doublé de nombreux personnages dans des dessins animés tels que Les aventures de Zack et Crysta dans la forêt tropicaleHappy feet 1 et 2, Robots, et Everyone’s hero. En plus des dessins animés, il prête sa voix au Dr. Know dans A.I : Intelligence artificielle (2001).
Mais la voix qui en a fait une super star du doublage est celle du Génie dans les Aladdin de Disney où il donne au Génie une force et une énergie époustouflante. Il est intéressant de noter que Robin Williams fut un précurseur dans ce domaine puisqu’il est le premier acteur célèbre engagé par Disney pour faire la voix d’un de ses personnages, ce qui lui vaut un Golden Globe pour une contribution spéciale en 1993 et un MTV Movie award pour la meilleure performance comique la même année.

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Des personnages tourmentés

Ce qui fait un bon acteur, c’est sa capacité à interpréter les rôles qu’on lui donne, mais ce qui en fait un excellent c’est sa capacité à être à l’aise dans des rôles tous aussi différents les uns que les autres.
Dans Insomnia (2002) Robin Williams interprète avec brio un tueur qui torture psychologiquement Al Pacino, l’enquêteur chargé de le retrouver. Peu de réalisateurs ont fait le pari de lui confier des rôles comme celui-ci et c’est bien dommage car sous la direction de Christopher Nolan, il prouve qu’il est un très grand acteur totalement polyvalent.
Tout comme dans Final Cut (2003), où il reconnecte la mémoire des défunts pour leur rendre hommage. Seulement joué avec la mémoire peut s’avérer dangereux, on découvre des choses qui parfois feraient mieux de rester secrètes… Un thriller déroutant d’Omar Naim.
Que dire de sa performance dans Photo Obsession (2002) où il interprète un photographe qui parce qu’il n’a pas de vie à lui, vie par procuration la vie de ceux qu’ils photographient. Jusqu’au jour, où la famille idéale qu’il suit est victime de l’adultère du mari, alors c’est le drame pour ce photographe qui décide de prendre les choses en main… Pas besoin de photo pour se souvenir du regard de Robin Williams dans ce film tant il est profond et inoubliable…

Cet article un peu plus long que la normale était nécessaire pour rendre hommage à cet acteur incroyable qui m’aura ému, époustouflé, fait rire, fait rêver et devenir une meilleure personne comme c’est le cas pour beaucoup de ceux qui l’ont vu. Et vous quel est le film qui vous a le plus fait vibrer ?

Merci à vous Monsieur Robin Williams, reposez en paix !

Jérémy Engler

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