Lion – un deuxième Slumdog Millionaire?

Le nouveau film Lion du réalisateur australien Garth Davis fait un peu Slumdog Millionaire – c’est ce qu’on pense à première vue. Avec Dev Patel on a le même acteur principal et en plus l’histoire se déroule dans le même pays : l’Inde. Mais en réalité, il s’agit d’une histoire totalement différente qui est quand même aussi profonde et aussi passionnante que celle du lauréat de l’Oscar du meilleur film en 2009.

Un voyage bouleversant toute une vie

17554825_1378977152159933_1212673663_nTiré de faits réels, le film raconte l’histoire émouvante du jeune Saroo, qui se perd par hasard en Inde ; et sera par la suite adopté par une famille australienne qui lui offre la possibilité d’une vie privilégiée. Des années plus tard, hanté par des souvenirs de son enfance, il veut refaire son voyage d’autrefois, afin de découvrir ce que sa famille est devenue après son départ.

Tout commence dans le petit village de Khandwa où Saroo, âgé alors de 5 ans, vit avec sa mère et son frère Guddu. Puisque ce dernier accepte des boulots en dehors du village de temps en temps pour arrondir les revenus de sa famille, son petit frère veut l’accompagner un jour. Après avoir pris un train, les deux se retrouvent dans une gare, où Guddu promet à son frère de venir le chercher le lendemain. C’est le pivot du film : comme on peut imaginer, Guddu ne revient pas, et le petit frère, intimidé par la solitude, s’enfuit dans un train vide où il s’est endormi. En se réveillant, le train roule toujours, et il ignore où il se trouve…

Après des semaines de recherches, il finit dans un orphelinat où un couple d’Australiens le trouve et l’emmène en Tasmanie.

À l’exception de quelques moments de bonheur que Saroo partage avec sa nouvelle famille, le film passe sur le reste de son enfance ; on retrouve un jeune adulte qui a su s’épanouir. Sa famille australienne lui a permis de faire des grandes études, et il semble que le passé n’ait plus d’influence sur le quotidien de Saroo… jusqu’à une soirée indienne chez des amis.

Là-bas il découvre un plat qu’il a adoré pendant son enfance qui a l’effet d’une madeleine de Proust. À partir de ce moment-là il est obsédé par deux questions : pourquoi son frère n’est pas venu le chercher ce soir-là à la gare ? Et qu’est-il est advenu de sa famille ? À la fin il trouvera les réponses à ces questions, mais pas celles auxquelles il s’attendait…

17554802_1378977485493233_226272022_n

« Un enfant est le plus grand des cadeaux » (proverbe indien)

Et pourquoi faut-il aller au cinéma pour ce film ? Pour la simple et bonne raison qu’il s’agit d’une histoire jamais vue au cinéma.

Lion ne nous montre pas seulement les conditions de vie en Inde, mais aussi un autre aspect de la vie quotidienne de ce pays : l’adoption. Celle-ci n’a pas forcement un lien avec la pauvreté comme on voit à l’exemple du petit Saroo, qui est pauvre, mais riche de l’amour de sa famille indienne.

Aujourd’hui, on a souvent une image négative de l’adoption, on pense immédiatement aux difficultés de l’intégration au sein d’une famille dont on ne sait rien, ou aux conséquences psychologiques sur l’enfant. Dans le film c’est le frère adoptif de Saroo qui personnifie tous ces clichés ; déjà à l’orphelinat, il commence par se faire du mal, et il continue en terrorisant Saroo et ses parents australiens. Mais peut-on vraiment le lui reprocher, ou s’agit-il d’un comportement normal pour un enfant qui a vécu tant de choses ?

Enfin, il faut mentionner les parents, et notamment la mère adoptive de Saroo, qui impressionne par sa patience et sa volonté de garder sa famille unie ; un projet voué à l’échec dès le début.

Ainsi, Lion est un film qui aborde un sujet très sensible sans porter de jugement. C’est une histoire très intime, et parfois ce manque de pudeur peut créer le malaise chez le spectateur.

La quête d’identité de Saroo culmine dans une fin saisissante, qui ne laissera pas indifférent. Allez la découvrir au cinéma !

Lea Steinbinder

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *