LYON & SON ROCK

Nous avons la chance de vivre dans une ville riche culturellement parlant et qui accueille en son sein un grand nombre de salles de concert. Nous pourrions vous faire une liste, mais nous sommes certain.e.s que vous n’en avez pas besoin. Bien sûr, Lyon est connue pour sa techno et son électro, mais le rock est également fortement présent depuis quelques décennies déjà, et de nombreux groupes indés continuent à le faire vivre. (photo mise en avant : Marie et les Garçons à Fourvière en 1978 © Photo SD)

lyoncapitaledurock .jpgLyon Capitale du Rock  ©  Acim

Un peu d’histoire locale 

Le rock est une histoire qui dure depuis de longues années à Lyon. Cette scène locale va vraiment débuter dans les années 60 avec quelques petits groupes indépendants, mais c’est dans les années 70 que la nouvelle vague lyonnaise va se réveiller et faire parler d’elle ! L’aura de mai 68 et des révolutions étudiantes plane encore sur la France et c’est dans ce contexte que le punk lyonnais explose et déprave toute la ville. Jacques Higelin a été le parrain de la vague rock lyonnaise, un grand nom qui a joué à côté des groupes émergents de l’époque. Pendant des années de nombreux groupes allant du punk à la new wave jouent et retournent Lyon, on peut citer Marie et les Garçons parmi les plus connus. C’est aussi à cette période que les groupes vont laisser tomber les reprises et laisser place à des compos. On parle à cette époque de Lyon comme un lieu fort du rock français, voire de « Capitale du rock » pour reprendre le nom de l’exposition qui se déroulait à la bibliothèque de la Part-Dieu. 

En 1974 Louis Pradel annonce qu’il interdit tout concert de rock. Cette décision est certainement due au concert de Led Zeppelin début 70, car des fans qui n’avaient pas pu avoir de place ont littéralement cassé des vitres afin de pouvoir assister au concert de leurs idôles. Le maire finira par assouplir ses mesures, mais la scène rock va surtout exister à travers des scènes qui transgressent la loi. Mais pas que, car en 1978 se déroule le concert « New wave French connection » au Théâtre Antique de Fourvière. Cette soirée restera mythique dans l’histoire du rock à Lyon en accueillant des artistes de la scène nationale comme Bijou ou Téléphone et des artistes locaux. Les exemples sont nombreux, on peut citer Electric Callas et Starshooter dont les concerts étaient de véritables expériences, en témoignent les lives !
Dans les années 90, Lyon est encore marquée par le rock cependant elle penche de plus en plus vers un style que l’on peut qualifier de noise. Même si en 2019 le rock n’est plus le style de musique qui peut définir Lyon (comme l’est l’électro par exemple), il est toujours présent à travers une mutlitude de groupes et de petites salles qui entrent en résistance.

 

L’émergence du rock à Lyon 

Cette semaine, nous vous avons déjà proposé déjà trois belles interviews avec Vagues, The Great Delusion et Kitch. Pourtant, les groupes de rock à Lyon sont encore nombreux. L’Envolée Culturelle a décidé de vous en présenter quelques-uns, pour que vous puissiez continuer à vous épanouir musicalement parlant durant cette semaine rock. 

  • CAPTURNE 

Capturne évoque autant le krautrock des années 70 que la scène alternative des 90’s, ou que la pop mélodieuse. Radiohead, Nirvana, Neu!, Kin Gizzard and the Lizard Wizard, Sonic Youth ou Bon Iver font partie de leurs inspirations, tant dans leur recherche de transe que de mélodies accrocheuses. Trois guitares s’entremêlent, tanguent, stagnent, parfois le temps d’une mesure, parfois tout au long d’un morceau. Ce travail de superposition de lignes mélodiques, cette volonté de brouiller les pistes et de s’affranchir d’un style précis donne une atmosphère particulière et complexe. L’expérience délivrée durant chaque concert est peu ordinaire et force la curiosité, même des plus réticents. Vous avez de la chance aujourd’hui (10 octobre 2019 jour de publication de l’article) Capturne a sorti le clip de leur premier single, « Emmys ». Leur premier EP sortira le 13 novembre et ils partent en tournée pendant la deuxième moitié de novembre pour terminer au Chromatic à Lyon le 7 décembre. Un groupe prometteur et à suivre.

Pour les écouter : 

Emmys

Filtered

Listen up

capturneLogo Capturne  ©  @capturne

 

  • ABSCHAUM 

Depuis 2010, le trio français Abschaum navigue en terrains sauvages, comme pour mieux dégager la tension, subtile, de leur musique. Un héritage définitivement krautrockAbschaum, « vermine » en allemand, vacille entre boucles hypnotiques, synthétiques, riffs saturés et voix noire. Du côté français, aussi, avec un Bashung sombre et sans compromis. De la vermine qu’on aime écouter. Et c’est ce qu’Abschaum inspire de mieux : nous faire danser, tanguer sous les étoiles, avec la lune comme lampadaire de fortune.
Le groupe fait partie du collectif Misère Records, créé en 2016 à Lyon. Si vous aimez l’esthétique krautrock d’Abschaum, nous ne pouvons que vous inviter à aller écouter les autres groupes du collectif (Pratos, Ashinoa, Serge pour ne citer qu’eux). Envoûtants sur scène, ils se produisent souvent dans la région (comment oublier la fête de la musique 2019 à Lyon!) et il ne faut surtout pas hésiter à entrer dans le grabuge.

Pour les écouter : 

Moon Tango

Le démon sonne à ta porte

Amour liquide

abschaumAbschaum  ©  Lucie Rimey Meille

 

  • KING SWEET 

Les membres de King Sweet s’inscrivent eux aussi dans la scène lyonnaise. Ils ont compris qu’il ne fallait porter aucune attention aux restrictions stylistiques et qu’il fallait plutôt les brouiller en se laissant déborder par les influences. Ils naviguent entre un rock garage et un univers psychédélique. Suivez leur actualité, pour aller les voir en live ! 

Pour les écouter : 

Rrose Selavy

La Mariée ira mal 

Humuhumunukunukuapua’a

King SweetKing Sweet  ©  Thomas emillieux

 

  • PLTHR 

Que ce soit le rock psyché 70’s de Pink Floyd, le rock alternatif de Radiohead, le jazz fusion de Morphine ou encore le post-bop de BadBadNotGood, PLTHR garde une inspiration très large dans un univers rock aux multiples influences. Le groupe se place aux confins de différents styles musicaux et se crée une identité sonore progressive jonglant entre plénitude et frivolité. 

Pour les écouter : 

Lost in bliss

Les cinquantièmes hurlants

Pariah

PLTHR 2.jpgPLTHR ©  Léana Thollet

 

Article rédigé par

LucileLucile Sauverzac

CandiceCandice Grousset.

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