Machines Urbaines, une exposition hybride rue de Crimée

Le 23 mars a eu lieu dans un bâtiment du 19ème arrondissement le vernissage de Machines Urbaines, une exposition collective et expérimentale. Sur l’invitation de Plateau Urbain, le collectif SOUKMACHINES a réuni quinze jeunes artistes plasticiens qui prennent possession des lieux. Jusqu’au 12 mars, ils présentent leurs travaux ainsi que de nombreux autres évènements.

Une expo expérimentale

Crédits photo © Guillaume Sergent
Crédits photo © Guillaume Sergent

C’est dans une ancienne salle de sport de la rue de Crimée, à deux pas des Buttes-Chaumont, que se tient le nouveau projet collectif organisé par le collectif SOUKMACHINES (SM), connu pour organiser, entre autres, des résidences d’artistes dans des lieux atypiques. Ici, sur trois étages, 15 artistes, pour certains tout juste sortis de l’école, présentent leurs œuvres conçues spécialement pour l’exposition. Le principe est de ne pas rester dans son coin, on réfléchit et on crée ensemble. « Là on n’imagine pas, on pense que chacun a fait ses trucs avant mais on a bossé ensemble pendant 4 semaines. Et on a discuté, on a échangé » raconte Diane Benoit Du Rey, sortie il y a deux ans des Arts Déco de Strasbourg. « La force de l’expo c’est qu’on a tous des univers assez différents. Je suis la seule qui peint sur toile. Mais l’idée c’est que tout résonne ».

Les univers et les techniques diffèrent aussi. Huiles sur toile, compositions sur les murs et autres sculptures, tous les moyens sont bons pour s’exprimer et investir le lieu du sol au plafond. Vanina Langer, commissaire de l’exposition, propose un espace d’interaction entre les artistes, mais aussi avec le lieu. « Il fallait que ce soit pour cet espace, d’une manière ou d’une autre. Il fallait développer de l’interaction avec les autres artistes qui sont à coté pour créer des liens. Et il fallait proposer un événement artistique qui aurait lieu pendant l’exposition ». Les différentes œuvres ont donc été placées, et crées, les unes par rapports aux autres et par rapport au lieu. Ainsi dans l’ancienne salle de gym, elles composent avec les miroirs déjà présents et interagissent avec les formes des fenêtres. « J’ai proposé à 15 artistes émergents. Ils sont venus visiter, ils ont fait un projet sur un espace particulier du lieu. Vraiment un projet in situ, c’était obligatoire, c’était dans le cahier des charges »

Espace en mouvement

Crédits photo © Guillaume Sergent
Crédits photo © Guillaume Sergent

Le concept n’aurait pas vu le jour sans l’initiative de Plateau Urbain. Le but de ce collectif d’urbanistes : dégoter des espaces vacants dans les villes et les banlieues et les mettre à disposition des gens qui créent des évènements. L’immeuble de la rue de Crimée a ici été récupéré dans le cadre d’un partenariat avec la Semaest, société mixte spécialisée dans l’animation économique des quartiers. Par la suite, SM a proposé d’en fait un projet art plastique. Ces derniers avaient notamment investi le Pavillon du Dr Pierre à Nanterre en 2015, réhabilité en logements et bureaux depuis.

L’autre principe de l’exposition tient dans son caractère éphémère et inachevé. « On vient de faire pendant un mois une résidence avec les 15 artistes. On était ici tous les jours, on a créé, on a inventé des choses », raconte Vanina. Tel un être vivant, elle nait, grandit et meurt, dans l’espace du temps qui lui est imparti. « L’idée est que la machine urbaine prenne vie, elle est humaine, elle est sensible et elle se métamorphose au fur et à mesure jusqu’au finissage ou on va peut-être défaire l’expo devant le public ». Sans fioriture, Machines Urbaines est avant tout une expo de quartier qui s’adresse aussi bien à l’amateur d’art qu’au passant nonchalant. « L’idée c’est de trouver un espace vide et d’en faire non seulement un espace artistique mais aussi un lieu de vie. Sans le coté snob art contemporain qu’on a d’habitude ». Pour attirer jeunes et moins jeunes, de nombreux évènements seront proposés aux horaires d’ouvertures, allant du concert à la conférence, de l’atelier à la poésie.

Machines Urbaines se tiendra jusqu’au 12 mars du mercredi au dimanche de 15 à 22h au 36 rue de Crimée (M° Botzaris).

Guillaume Sergent

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