Marshland pour le festival du cinéma Ibérique et latino-américains, un policier dans les règles de l’art, simple mais efficace

Le festival du cinéma Ibérique et latino-américains lancé il y a une semaine au cinéma le Zola de Villeurbanne continue tranquillement sa route vers une édition qui s’annonce d’ores et déjà glorieuses, avec son lot de très bons films ! Marsland, venu tout droit d’Espagne, ne déroge pas à la règle. Entre classicisme et bonne surprise, la salle comble a découvert un film prenant et palpitant.

Policier ou ne sera pas

Dans une Andalousie lointaine des années 80, entre marécages et étendus désertiques, arrivent deux flics. Ceux-ci ont une mission simple : enquêter sur la mort de jeunes sœurs, disparues le soir de la fête locale. Mais comment progresser dans l’enquête face au passé apparemment sulfureux des jeunes filles ? Face à leurs familles, leurs amis, ils vont devoir démêler le faux du vrai, quitte à en payer le prix. Tout ce complique quand d’autres morts refont surface. S’il est parfois difficile, et pas forcément justifié, de mettre des films dans des cases, celui ci s’inscrit sans peine dans la catégorie policière. Et il ne s’en éloigne pas ou peu : tous les éléments qui régissent le genre sont au programme: meurtres atroces, fausses pistes, témoins anonymes, etc… Bref, tout y passe. L’intrigue et la trame narrative restent donc classiques, son dénouement, qu’on vous gardera bien évidemment secret, l’est aussi., même si toujours surprenant. Marshland ne révolutionne pas le genre, Seven de David Fincher ou d’autres encore l’avaient fait bien avant lui. Néanmoins, ce film espagnol nous emporte sans problème. Comme exercice de style, il se révèle être une plutôt bonne réussite, même si pas aussi surprenant que ceux évoqués précédemment. Le suspens, la peur, sont présents tout au long du film, et ne faiblit qu’à de rares moments. Le spectateur est pris dans l’histoire, et ne parvient à relâcher la tension qu’à la toute fin de l’intrigue. Ou presque… Le contexte des années 80 en Espagne, avec l’ombre de Franco encore très présente installe un cadre historique fort, donnant à l’histoire et aux personnages une profondeur supplémentaire pour le coup plus rare dans nos salles obscures.

Des surprises malgré tout

Car en effet, s’il reste classique dans sa forme et son contenu, Marshland parvient malgré tout à nous surprendre. Au niveau de l’intrigue dans un premier temps, quand certaines personnes ne sont finalement pas ce qu’elles prétendent être. C’est un des atouts de ce film, il n’est pas manichéen. Chaque personnage, témoins, flics, amis, ne sont pas toujours d’un seul coté. Chacun a ses propres failles, particulièrement bien exploitées. Le mystère enveloppe chacun des personnages, et ne dévoile que bribes par bribes. Autre atout, surprenant a priori, la touche d’humour ! Inattendu, mais toujours juste, ces répliques humoristiques sont amenées de manière totalement cohérente, et toujours de manière subtile. On n’est évidemment pas avec l’esprit de Pedro Almodovar, plus sarcastique, mais il fonctionne en tout cas tout autant. Enfin, le dernier atout du film est sans conteste son cadre et sa photographie. Les paysages qui ouvrent le film sont bluffants. Les scènes d’intérieur elles, en clair obscur, nous plonge inévitablement dans l’ambiance générale. Inhabituelle dans ce genre de film, c’est l’image plus que la musique qui crée cette atmosphère rempli de tension et de chaleur suffocante. Si la partition musicale joue un rôle important, c’est dans le silence ou le simple bruit de l’eau et du vent que les protagonistes évoluent. Et l’effet d’angoisse et d’inquiétude est alors immédiat. A noter que les deux acteurs incarnant les deux policiers sont tout aussi bluffants. Une mention spéciale pour Raul Arévalo, un des deux, qui avec un simple regard noir, parvient à donner corps à son personnage. Une très jolie performance !

Marshland est donc une agréable surprise. S’il ne déroge pas aux règles du policer et ne prend que peu de risques vis à vis du genre, il réussit au moins à installer un climat efficace et une histoire prenante. Présenté en avant-première, vous pourrez découvrir ou redécouvrir ce film seulement le 15 juillet lors de sa sortie nationale. Mais haut les cœurs, s’il faudra patienter pour celui-ci, plein d’autres films sont encore à découvrir jusqu’au mercredi 25 au cinéma le Zola de Villeurbanne ! Pour le programme, c’est par ici: http://www.lesreflets-cinema.com/programme.php

Marie-Lou Monnot

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