Mon mec est parti avec une poupée, plus qu’une comédie : un témoignage

Du 20 au 25 novembre, Mon mec est parti avec une poupée est de nouveau interprété à l’Espace 44. Cela fait déjà 4 ans que cette pièce se produit dans ce théâtre. 

Sandrine Bauer, auteur et interprète de cette œuvre, veille à ce que nous nous détendions devant sa pièce qui fait écho à « 40ans de féminisme ». Alors que cela leur plaise ou non, les hommes vont en prendre pour leur grade. Mais cette comédie féministe, convient tout de même aux hommes qui apprécieront des scènes bouillonnantes d’émotions. En effet, Vétéranes des scènes Lyonnaise et Viennoise, Annie-Claude Sauton (Philomène) et Sandrine Bauer (Stéphanie) savent mouvoir et émouvoir le public. Débordantes de move elles nous offrent de bonnes raisons d’oublier notre séance de fitness du soir.

La dure réalité des femmes au XIXeme siècle racontée avec beaucoup de légèreté

Suite à son divorce, après 20ans de mariage, Stéphanie emménage contre son gré chez sa tante. Inconnues l’une de l’autre, elles apprendront chacune à laisser le passé derrière elles. Pleine de bonne intention Philomène dévergonde sa nièce avec des discours féministes portant sur l’égalité des droits, le partages des tâches, la libération sexuelle ou encore sur l’émancipation. En sommes Philomène prône la liberté et le bonheur pour les femme!  Elle apprend à sa nièce à exprimer sa haine et à retrouver la paix. « Pas le temps de niaiser », dirait elle sûrement. Mise en scène par André Sanfratello, propriétaire des lieux, Mon mec est parti avec une poupée dégage une ambiance particulièrement saine avec un décor reflétant parfaitement la philosophie eudemoniste de Philomène ainsi que son unique but dans la vie: atteindre le bonheur. 

La salle atypique de l’Espace 44 se prête à merveille à ce genre de spectacle. Ses murs en pierre brute et sa sphère conviviale, aidée par une scénographie millimétrée, transportent le public dans un salon à l’allure d’un bouchon lyonnais. Pleine de surprise, la régie, l’homme de l’ombre, éclaire avec brio la scène de son savoir. Fort d’inventivité, il fait apport de techniques qui peuvent nous être méconnues. Depuis plus de 30 ans, l’espace 44 nous ravit et présente de jeunes professionnels sortant des écoles qui constitueront le socle commun d’une grande histoire.

Ainsi tout est présent pour que nous soyons captivé par ce témoignage de la difficulté d’être une femme au XIXeme siècle.

Une légèreté cachant un fond de noirceur:

Cette pièce est un bout de music-hall. Agrémenter de chanson du XXeme siècle, il est évident que nous perçevons les influences musicales de son auteur tout au long de la représentation. Orné de ses chanson populair entre les noirs (ellipse entre les scènes), on redécouvre le répertoire de Boris Vian ou encore celui-là d’Anne Sylvestre. Intercalé non pas par souci d’incompréhension mais par désir d’émouvoir, ses chansonnettes rompent l’aspect très léger du contenu de la pièce. Une sorcière comme les autres, est l’exemple même de la coupure entre comiques et tragédies. 

Avec l’étiquette du drame bourgeois, la pièce de Sandrine Bauer nous éduque moralement en touchant nos cordes sensibles en alternant délicatesse et  dureté.  « L’expression douche écossaise convient à mon travail » dit-elle.

Vassily Hüngsberg

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