Mémento de Christopher Nolan, Tout à l’envers pour le coup de cœur de Jérémy

Christopher Nolan prouve avec ce second long-métrage à quel point, l’ambiguïté, les rebondissements et le jeu d’acteur est fondamental pour réaliser un bon thriller ! Une audace incroyable pour un film remarquable !

A rebours !

Si Céline fait débuter son Voyage au bout de la Nuit, par « Ça a commencé comme ça » alors je peux dire que mon article « termine comme ça ».

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Hormis Guy Pearce, dont le personnage n’a pas besoin d’avoir une attitude ambiguë, les deux autres acteurs principaux doivent interpréter des personnages qui évoluent sans tenir compte de ces évolutions dans leurs jeux.

Les acteurs de cinéma ayant l’habitude de jouer les scènes d’un film dans le désordre, le fait que le film soit monté à l’envers n’a pas dû les gêner dans l’appréhension du scénario mais un peu plus dans l’appropriation de leurs personnages.

Car qui sont ces personnages exactement ? C’est en remontant le temps avec le film qu’on finit par comprendre qui est qui.

Les personnages de Natalie et Teddy sont ceux qui façonnent l’histoire et Léonard et pour que l’histoire fonctionne et que le thriller soit haletant et efficace, il faut que leur interprétation ne souffle aucune équivoque sur leur réelle identité.

La force de ce film repose sur une exactitude millimétrée dans la complexité des personnages brillamment incarnée par Carrie-Anne Moss et Joe Pantoliano, leurs jeux d’acteur, incroyablement justes, sont la clé du film.

Carrie-Anne Moss incarne Natalie, une serveuse qui aide Léonard dans sa quête du meurtrier, Joe Pantoliano campe Teddy, un officier de police qui meurt dès les premières secondes du film.

Christopher Nolan étant un grand fan de Matrix, on comprend mieux pourquoi son casting compte deux acteurs qui ont joué dans le film des frères Wachowski (dont l’un deux est une femme), Carrie-Anne Moss y jouait Trinity et Joe Pantoliano, Cypher.

Pour le rôle de Léonard Shelby, Christopher Nolan a auditionné Brad Pitt et Aaron Eckhart mais c’est Guy Pearce, acteur peu connu à l’époque qui reçut l’honneur ou le fardeau d’incarner le héros tourmenté de cette histoire.

Dès le début, le spectateur est déstabilisé et placé dans la même situation que Léonard, comme lui, le spectateur ne sait pas ce qui s’est passé avant ; le spectateur ne souffre pas de troubles mémoriels mais ressent exactement la même chose, c’est pourquoi ce film est devenu une référence du thriller.

La toute première scène du film avec la photo polaroid est très perturbante car normalement, lorsqu’on secoue une photo polaroid, l’image est de plus en plus nette, ici, elle l’est de moins en moins.

Ce qui donne un aspect unique à ce film, c’est que Christopher Nolan a décidé de le monter à l’envers, ainsi, on connaît déjà ce qui va se passer mais on ne découvre le « pourquoi » qu’une fois le film terminé.

Chaque scène apparaissant à l’envers, le spectateur doit suivre le même chemin que Léonard Shelby et retrouver les éléments manquants à l’aide de mémos pour comprendre ce qu’il se passe.

Chaque flash-back sur Sammy Jankins nous permet de mieux comprendre la maladie mémorielle dont souffre Léonard, une forme d’amnésie lui empêchant de se créer de nouveaux souvenirs, faisant de lui un homme sans mémoire à court-terme.

Les scènes de noir et blanc montrent presque toutes, Léonard évoquant le cas de Sammy Jankins, un homme sur lequel il enquêtait lorsqu’il travaillait pour une compagnie d’assurance et qui souffre lui aussi de problèmes mémoriels.

L’esthétique de Christopher Nolan réside dans cette capacité à innover, à créer un univers dérangeant pour le spectateur comme le fait d’intégrer des scènes en noir et blanc dans un film en couleurs dans la continuité de Following, entièrement en noir et blanc.

Les premiers films de Christopher Nolan ont été oubliés par les non-cinéphiles alors que ce sont eux qui l’ont consacré comme un réalisateur de génie car réussir à monter un film qui une fois fini nous donne envie de le recommencer est une prouesse de tout premier ordre.

Une idée incroyable servie par de très bons acteurs

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Les photos sont ce qui raccroche Léonard Shelby à la réalité, à sa réalité, mais cette réalité est-elle réelle ? telle est la question que pose le film en proposant un film construit à l’envers pour le laisser lui et le spectateur dans le doute…

Afin de savoir qui est qui, qui lui veut du bien et qui lui veut du mal, il est obligé de noter sur des photos le lien qu’il a avec les personnes.

Depuis son incident, il n’a plus conscience du temps qui passe et est obligé de prendre des photos avec un polaroid pour se souvenir des gens qu’il rencontre ou des choses qui lui appartiennent.

Certaines personnes ont tendance à se servir de lui et à le manipuler pour obtenir quelques arrangements, tandis que d’autres, pris de pitié n’hésitent pas à l’aider…

Au delà de la simple enquête policière, le film interroge sur la capacité de vivre avec une mémoire défaillante.

Parviendra-t-il à résoudre le puzzle et retrouver l’assassin de sa femme ?

Grâce à l’aide d’un policier, il récupère le dossier de l’enquête sur la mort de sa femme et se tatoue sur son corps tous les détails qui pourraient l’aider à retrouver le meurtrier.

Vivre sans souvenir récent est difficile, il est presque impossible d’avoir un but, c’est pourquoi lui décide de venger sa femme quoi qu’il puisse arriver, quoi qu’il puisse vivre.

Son but est de tuer l’homme qui a humilié sa femme avant de la tuer et qui lui a volé sa vie !

Son dernier souvenir c’est sa femme en train de mourir et lui se faisant frapper par le violeur. C’est ce coup qui  lui fait perdre la mémoire.

Il ne peut pas se construire une nouvelle identité, son identité existe déjà, il est Léonard Shelby et le sera toujours, il se souvient de qui il est et a été et de ce qu’il aime et a aimé.

Lui sait qui il est et ça rend son problème plus difficile à accepter.

Ce qui intéressant avec cette forme de maladie c’est que dans le cas d’une amnésie classique, le protagoniste peut être n’importe qui, tout ce qu’on lui dit peut-être vrai.

La mémoire à court-terme du héros dysfonctionne et il est incapable de se souvenir de ce qui s’est passé depuis l’incident.

Christopher Nolan trouve l’idée intéressante et décide d’en faire un film.

Le frère de Christopher Nolan, Jonathan, a écrit une petite nouvelle intitulée Memento Mori qui parle d’un homme qui souffre d’une sorte d’amnésie très rare, il est incapable de se créer de nouveaux souvenirs.

Comment vivre avec une mémoire défaillante ?

C’est pourquoi, mon coup de cœur cinéma de la semaine s’est porté sur Mémento.

Comme pour le personnage principal de son film Mémento, sorti en 2000, il est de notre devoir de vous faire des notes à ce propos.

Christopher Nolan, est un réalisateur dont tout le monde se souvient pour sa trilogie sur Batman et pour Inception mais peu sont ceux qui se souviennent de ses trois premiers chefs-d’œuvre : Following, Mémento et Insomnia.

Jérémy Engler

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