Moriarty, au Toboggan, un concert de présentation pour leur nouvel album Épitaph – Entre plaisir auditif et visuel

Moriarty, c’est un groupe fondé en 1995. Moriarty, c ‘est cinq excellent musiciens, et une chanteuse à la voix exceptionnelle, Rosemary Standley. C’est un groupe français dont les origines américaines, notamment régissent l’ensemble de leurs musiques. Ce sont ces mêmes origines qui définissent leur style, un parfait mélange entre blues, rock, musique traditionnelle irlandaise et pop, parfois. Moriarty c’est un monde chaleureux qui s’offre à vous. Moriarty, c’est simplement un petit bijoux dont on ne se lasse pas, un bonheur pour les oreilles. Déjà venu au Toboggan avec Dom la Nena, dans Birds on Wire, Rosemary Standley revient cette fois avec le reste du groupe pour nous offrir un concert de présentation de leur nouvel album, Épitaph.

Un concert scénographié…

Outre l’univers musical très riche et parfaitement maîtrisé, Moriarty c’est également une ambiance scénique bien particulière. Au niveau visuel simplement, le décor donne immédiatement le ton. Lampadaire surplombant la scène, miroir derrière les musiciens, un vrai capharnaüm. Mais attention, un joyeux capharnaüm. Avec eux, pas de grand « ça va? », si il y en a un, il est murmuré. Tout comme le sont les présentations de chansons, dites à voix basses, un simple titre, parfois quelques brèves explications. Un concert toujours intime, peu importe la salle en face d’eux, que ce soient celles de grands festivals ou bien celle de se soir, au Toboggan de Décines. Le travail sur la lumière est lui aussi parfaitement remarquable. Venant de derrière, ou en frontale, l’ambiance bougie s’adapte à chacun des univers proposés dans chaque chanson. Le moment où cette lumière vient éclairer, seulement grâce à une bande blanche, les visages des membres du groupe est particulièrement élégant. Bref, un spectacle sonore, bien évidemment, mais aussi, et toujours avec la même qualité artistique, un spectacle visuel. Tout cela pour notre plus grand bonheur.

Et un spectacle musical

© Léa Crespi

 Une fois l’ambiance installée, vient alors la musique. Et pour elle aussi, il ne suffit que de quelques secondes pour nous mettre dans l’ambiance. La majorité des titres interprétés ce soir se retrouvera sur leur prochain album, Epitaph, qui devrait sortir courant mars. Le public ne les connaît donc pas. Mais, à vrai dire, il n’en a pas besoin. Instantanément, le rythme s’immisce en nous, et nous charme, sans le moindre détour. Moriarty reste dans ce qu’il sait faire, du Moriarty. Certains leurs reprocheront peut-être leur manque de renouvellement. Mais au fond, peut importe, parce que ce qu’ils font, il le font divinement bien. Bien évidement, ils reprendront quelques morceaux de leurs albums précédents, comme Fugitives, excellent album de reprises sorti en 2013. Mais des tubes également tirés de Gee Whiz But This Is a Lonesome Town (2007) comme le titre « Private Lily » ou le fameux « Jimmy », chantés lors des rappels face à un public très impatient de l’entendre.
Mais peu importe la chanson, dans tous les cas, la voix de Rosemary Standley nous subjugue, encore et encore. Le talent des musiciens qui sont avec elle est lui aussi, magistral. Car c’est ça aussi le force de Moriarty, ils sont un groupe uni. Le voix est un instrument comme un autre, qui n’est pas plus mis en avant que l’harmonica ou la guitare par exemple. Leur envie de jouer ensemble se ressent inévitablement dans la salle, et ça fait du bien. Chacun s’attachera bien sur plus à un membre du groupe. Quand certains craqueront pour la douce folie du guitariste Arthur Gilette, d’autres préféreront la froideur charismatique de Rosemary Standley, la chanteuse. Un groupe aux personnalités fortes et aux multiples origines, qui arrive encore une fois à emporter un public avec eux, même s’il était déjà conquis depuis longtemps pour la plupart.

Malgré de légers problèmes d’organisations de la part du Toboggan, une jauge allant au delà de sa capacité faisant que les personnes désireuses de s’asseoir ne le pouvaient pas, la soirée à été réussi, notamment avec une première partie, Yannik Berger, plutôt sympathique. Moriarty est donc une belle découverte pour ceux qui ne les connaissait pas, et une admiration d’avantage encore renforcée pour les fans de la première heure. Sans autre concert prévu en agglomération lyonnaise pour le moment, il ne nous reste plus qu’a attendre patiemment leurs nouvel album, qui s’annonce, encore une fois, très prometteur.

Marie-Lou Monnot

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