Nos Nouvelles voix s’élèveront toujours.

Cette semaine se tient à Villefranche-sur-Saône le festival Nouvelles Voix en Beaujolais. C’est un festival qui paraît au premier abord assez discret, situé au nord de Lyon, mais depuis ses débuts en 2005, Nouvelles Voix en Beaujolais a développé sa réputation avec toujours de belles têtes d’affiches. On a ainsi pu voir au fil des années Fauve, Woodkid, Revolver, Lilly Wood and the Prick, Stromae… Restant toujours dans l’idée de nous faire découvrir de jeunes artistes, nous avons pu découvrir en live ce jeudi soir Radio Elvis, Nach et Luce (accompagnée de Mathieu Boogaerts), trois artistes de la nouvelle scène musicale française.

Luce & Mathieu Boogaerts : entre musique et humour

©France2
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Pour ceux qui l’auraient oublié, Luce est la gagnante de la Nouvelle Star 2010. Après un premier album en 2011, Première Phalange, puis des reprises de comptines, elle est revenue cette année avec son album Chaud. Toujours pop et joyeuse, elle fait cette tournée accompagnée de Mathieu Boogaerts, artiste aux multiples talents et albums. On rentre dans la salle un peu avant 20h30. Première surprise, ce soir, le théâtre n’a pas de fosse debout : tout le monde est assis. Les lumières s’éteignent, la scène apparaît presque vide, puis Luce et Mathieu, guitare en mains, arrivent sur scène et se placent devant leurs micros. Guitare et chant, simplement. Ils nous chantent la Polka ou bien le Malibu. Ils nous offrent des chansons joyeuses, toujours joliment mises en scène par les danses de Luce ou les déplacements de Mathieu Boogaerts sur la scène vide, ou encore par des jeux de lumière. Luce nous chante également des reprises, que cela soit Elvis Presley, Dalida ou encore le fameux SexyBack de Justin Timberlake, surprenant mais très bien interprété par la voix aux multiples tonalités de Luce. Mais outre les chansons, ils ne cessent de nous faire rire. Les chansons de Luce ont toujours une touche d’humour, un peu salace parfois. Avec ces « miaous » à répétition et langoureux, lors de Chat Doux par exemple. Mais en plus de ça ils nous parlent, nous racontent des anecdotes et nous font sourire. Par exemple, Mathieu nous demande de ne pas taper dans nos mains, ce par quoi le public continue de plus belle, et Luce se moque gentiment de lui en disant « qu’à chaque fois le public fait ça ». Ils nous quittent après une heure de rire, de chansons, de danse et de légèreté.

Nach, le dynamisme mêlé à l’émotion

©Patrick Fouque
©Patrick Fouque

Sous le nom de Nach se cache Anna Chedid, petite dernière de la famille de musiciens Chedid. Son premier album (Nach) est sorti cette année. N’étant pas à ses débuts musicaux et après avoir déjà été en tournée, seule ou avec sa famille, on ne doute pas de ses capacités scéniques, ce qu’elle nous a prouvé ce soir-là. La scène se métamorphose. Le logo coloré de Nach vient se placer au-dessus de la scène, les instruments apparaissent. Puis Nach arrive, accompagnée de quatre musiciennes. Elles commencent rapidement, à fond, notamment avec le single Coeur de Pierre, sur lequel Nach danse avec chaque musicienne. Puis Nach se retrouve seule sur scène, et nous offre ses émotions presque nues. Elle nous parle un peu des évènements de ce 13 novembre, nous remercie d’être là, puis nous chante une très belle version de Ce Qu’ils Deviennent, suivi d’une reprise de son père, Louis Chedid, Les Absents Ont Toujours Tort, tout ça seule sur scène avec son piano. On sent une émotion très forte qui la traverse. Les musiciennes reviennent, et elles enchainent avec A Toi Mon Étranger que Nach place également dans notre actualité. Elles nous offrent encore plusieurs belles chansons, et finissent par nous faire lever et danser sur Je Suis Moi et Oh Oui Je T’Aime, avant de nous laisser, ébahis par cette belle prestation.

Radio Elvis nous transporte dans leur univers

©Nicolas Despis
©Nicolas Despis

Jeune groupe parisien, Radio Elvis a pour l’instant sorti trois EPs : deux studios (Les Moissons et Juste Avant la Ruée) et un live (Live aux [PIAS] Nites). Entre rock et acoustique, ils nous offrent toujours de belles paroles en français, accompagnées d’instrumentales toujours très rythmées. Très attendu pour nous, nous avons enfin pu les découvrir en live ce soir-là. Dernier groupe de la soirée, c’est vers 23h20 que Radio Elvis apparaît. Ils sont trois sur scène, et ils démarrent fort. Le chanteur nous parle, nous demande si l’on connait le roman de John Fante qui leur a fait écrire le morceau Demande À La Poussière, il nous parle de voyage et le groupe enchaine avec Le Continent, qui nous fait partir avec eux dans des contrées lointaines. Le public est transporté, dans leur paroles si bien écrites et dans leurs instrumentales. On vit le concert avec eux. Le groupe semble un peu timide, mais heureux d’être face à nous. Ils bougent un peu sur scène, parlent au public, et au fur et à mesure que le temps passe, se laissent aller sur scène. Ils enchainent des chansons que le public connait déjà, s’il a eu la chance d’écouter leurs EPs, mais également de nombreuses autres chansons qu’ils nous font découvrir, comme le très beau et puissant morceau Synesthésie. Puis ils nous chantent Au Loin les Pyramides qui commence à faire bouger en rythme le public sur son siège. Ils finissent avec Goliath et tout le monde debout, le public bougeant et claquant des mains en rythme, alors que le chanteur nous chante et répète « Où est Goliath ? ».

On ressort ce jeudi soir heureux de ce concert. Luce et Mathieu Boogaerts nous ont fait rire et chantonner, de manière presque enfantine. Nach a su nous montrer ses capacités scéniques qui font se lever et danser le public. Et Radio Elvis nous ont prouvé que leur live est définitivement à la hauteur de leurs versions studios. Nouvelles Voix en Beaujolais confirme donc les capacités live de ces groupes, jeunes artistes francophones qui, on espère, continueront de jouer et de dégager leurs énergies avec nous.

Éléonore Arnould

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