Ochos apellidos vascos : le pittoresque basque !

Le samedi 12 mars, le cinéma Le Zola continuait son périple hispanophone dans le cadre du festival 32es Reflets du cinéma ibérique et latino-américain avec le film Ocho Apellidos Vascos (huit noms basques), un film espagnol de Emilio Martínez-Lázaro sortit en 2014. Le film a eu un succès retentissant en Espagne puisqu’il est à ce jour le film le plus vu en Espagne et le 2e plus grand succès du box-office. Cette comédie a en effet un dynamisme bien à elle !

Un voyage loufoque

Le film a l’originalité de commencer d’une manière totalement farfelue. Amaia et ses amies sont dans un bar à Séville, mais s’ennuient. Un homme repère qu’elles sont Basques et commencent à les taquiner en public avec des blagues. Vu la teneur des propos, on comprend vite que le film va venir blaguer sur la communauté basque. Après s’être criés dessus, le blagueur, Rafa, et Amaia tombent dans les bras l’un de l’autre, et Rafa la ramène chez lui. Sauf que la jeune fille s’endort. On commence alors à bien rire puisque les situations s’enchaînent rapidement, et les réactions des personnages sont totalement inattendues. En effet, Rafa pose un regard attendri sur Amaia qui dort complètement ivre. Il en tombe amoureux. Mais le lendemain, alors que ses amis le préviennent sur les dangers de sortir avec une Basque, l’intéressée par sans laisser d’autre trace que son sac à main, qu’elle oublie. Rafa décide alors de la rejoindre au Pays basque et puis sûr de son charme, de la ramener ensuite chez lui. Mais aller au Pays basque n’est pas si sûr que cela…

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On a d’ailleurs un peu peur, lorsqu’il prend cette décision, que le film ne se transforme en Bienvenue chez les Ch’tis. Si l’on rit bien des quelques clichés sur les Basques avancés dès le début, on craint que cela empire et qu’on tombe dans un film peu distingué. Il y a d’ailleurs quelques scènes qui s’y rapprochent beaucoup donc on peut penser qu’il y a eu inspiration de ce côté-là. Heureusement, l’humour ne tourne pas qu’autour des Basques, on porte l’attention sur les réactions des personnages face aux situations délirantes, sans qu’ils en deviennent totalement clownesques et caricaturaux. Lors de certaines scènes, on s’attend un peu aux rebondissements, mais il faut bien avouer que la dynamique du film en fait un divertissement entraînant.

Des personnages plutôt attachants

Le point fort de ce film est donc sûrement des personnages qui vont un peu plus loin que la simple farce grossière sur les régions. Les personnages sont bien caractériels et du coup on ne les prend pas pour représentants de leur communauté. Si forcément reviennent les sujets de l’indépendance et de l’accent, ils ne prennent pas toute la place et l’on peut alors se concentrer sur les quatre personnages impliqués dans la supercherie grotesque dans laquelle Amaia a plongé Rafa lors de son arrivée. La comédie est toujours présente et heureusement, car lorsqu’on part d’une sorte d’histoire d’amour, on a toujours un peu peur du film fourre-tout, comique puis pathétique, rarement très fin. Mais même si l’humour est accessible à tous, il n’est pas lourd et l’histoire d’amour y trouve son compte, en filigrane, sans besoin de scène romantique à proprement parler. Le film a sa propre dynamique, ce qui lui permet de distiller des caractéristiques de différents registres, sans passer de l’un à l’autre et en gardant toujours une cohérence dans son côté un peu extravagant.

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On peut aussi apprécier la performance des acteurs, surtout Dani Rovira, l’acteur qui joue Rafa, qui est souvent en gros plan et qui le gère assez bien, en condensant bien ses émotions pour les rendre plus intenses et efficaces. Et tous les acteurs sont bons, puisqu’ils arrivent à faire de leurs personnages une figure qui se démarque du cliché dans lequel le film aurait pu tomber.

Ce film est une bonne comédie rafraîchissante et où on ne voit pas le temps passer. Si tout n’est pas raffiné, si quelques scènes sont parfois un peu répétitives, on prend plaisir à voir ce Pays basque espagnol, taquiné, mais bien apprécié. Et l’on est content de se dire qu’en tant que français on peut rire sur les problématiques régionales des pays frontaliers ! Ce film a eu un succès tel qu’est sorti en Espagne, il y a quelques mois, Ocho Apellidos Catalanes, le deuxième volet, en Catalogne.

Solène Lacroix

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