On part en date avec les Subs !

Le jeudi 26 septembre, nous nous sommes rendu.e.s aux Subsistances pour assister à leur soirée de présentation de la période septembre 2019 – mars 2020. Petit récit de la soirée.

71853367_2995864150440982_8228493977142165504_o©  Romain Etienne

Que le spectacle commence !

C’est dans la grande verrière des Subs que se déroule la soirée. On y déambule, un verre et un pan bagnat dans les mains ; on peut s’asseoir autour des tables et sur les chiliennes, ou bien s’accouder aux petits comptoirs éparpillés dans la salle, et on discute. Soudain des hommes et des femmes, la tête encastrée dans des télévisions, arrivent et se mettent à marcher parmi les petits groupes qui s’étaient formés, et à interagir avec eux en les fixant, en s’asseyant parmi eux, voire en les touchant, parfois. Ces femmes et hommes-téléviseurs sont des élèves de l’ENSBA – école nationale supérieure des Beaux-Arts – ou du Conservatoire, qui participent à la performance de Yannos Majestikos, Tala Lelo (Regarde aujourd’hui). Sur les écrans défilent des images d’hommes et femmes politiques, de dictateurs, ou de personnalités reconnues dans le monde entier. Ainsi l’Abbé Pierre croise Martin Luther King, Nelson Mandela, le Che, Eva Perón, ou encore Khadafi, ainsi que, très régulièrement, la moustache tristement célèbre d’Hitler – son apparition sur les écrans semblait plus récurrente que celle des autres. Derrière chaque téléviseur, une petite enceinte diffusait des discours, très souvent d’hommes politiques français, bien que l’on ait pu par moments reconnaître, par exemple, des extraits du discours de la Marche pour l’emploi et la liberté qu’a prononcé Luther King à Washington le 28 août 1963. Il était difficile, pour un.e spectateur.trice jeune ou manquant de repères historiques, non seulement d’identifier l’ensemble des visages observables sur les écrans, mais plus encore de mettre des noms sur les différentes voix diffusées par les enceintes. Cette dernière difficulté était aggravée par le fait que l’on entendait finalement assez mal. Il est dommage que la performance n’ait pas été davantage « didactique » pour ainsi dire, qu’elle n’ait pas pris en compte les problèmes d’identification des personnes et des discours pour essayer, au moins, de rendre ces problèmes moins gênants, et donc, en un sens, discriminants. Il était malaisé d’établir des liens entre l’image et le discours diffusé, d’autant qu’il n’y avait pas toujours de rapport direct entre ces deux éléments. Pour la première performance de ce premier épisode de « Party en exil », un cycle d’invitations d’artistes exilés en partenariat avec l’Atelier des Artistes en Exil, le bilan est donc mitigé. En revanche, le concert de Wael Alkak était un beau moment ! Après la présentation des différents temps forts de cette première partie de la saison des Subs, le musicien syrien a investi la scène et nous a fait presque entrer en transe avec un concert électro-chaâbi : ses téléscopages de musiques électroniques, de rythmes traditionnels et de chants populaires étaient étonnants et nous ont séduit.e.s !

71096052_2995871050440292_9197718828555960320_o  ©  Romain Etienne

 

Les Subs : it’s a match !

Après la performance de Yannos Majestikos, Stéphane Malfettes, le nouveau directeur des Subs a pris son rôle de Monsieur Loyal très à cœur. Avec humour, il a expliqué le déroulement de la soirée. La présentation de la saison va prendre une forme originale : chacun.e d’entre nous va pouvoir passer sept minutes autour de chaque stand consacré à une partie de la mi-saison, à la manière d’un speed-dating. Nous sommes donc allé.e.s au stand consacré aux deux spectacles programmés dans le cadre du festival Sens Interdits, Girls Boys Love Cashdu Citizen.KANE.Kollectiv, et Burning (Je ne mourus pas et pourtant nulle vie ne demeurera)de Julien Fournier et de L’Habeas Corpus Compagnie. Le premier spectacle, proposé les jeudi 17 et vendredi 18 octobre, est une performance collective visant à explorer les tensions entre les corps, leur vente et leur consommation dans le cadre de la prostitution. Le second mêle « cirque documentaire » et « poésie chorégraphique » dans une réflexion sur le burn-out et la souffrance au travail. Il aura lieu les jeudi 24 et vendredi 25 octobre. Dans le cadre du temps fort « Never Complain Never Explain », dédié à des propositions subversives d’artistes accueillis en résidence, les Subs proposent notamment Les Sphères Curieuses, un spectacle d’Antoine Clée. Drones, smartphones et robots deviennent les nouvelles balles de ce jongleur 2.0, qui compte bien nous impressionner les 15, 16 et 17 novembre ! De même, Corinne Linder use de nouvelles techniques dans une perspective artistique dans The Ordinary Circus Girl : équipé.e.s de lunettes de réalité virtuelle, les spectateurs.trices pourront se glisser dans la peau d’un voltigeur, de ses séances d’entraînement à son numéro devant un public. Cette expérience est proposée ici aussi du 15 au 17 novembre. Spectacle à retenir en décembre, Compulsory Figuresde Xavier Veilhan et Stephen Thompson redonne vie à une discipline olympique disparue du patinage artistique, qui consistait à reproduire des figures imposées de la manière la plus exacte possible. Àcette occasion, la verrière des Subs se transformera en gigantesque patinoire sur laquelle Stephen Thompson, le patineur, fera de la sculpture en mouvement, sur la glace, en gravant des formes de la lame de ses patins. Cette performance est à voir du jeudi 5 au dimanche 8 décembre. Les 11 et 12 décembre, la compagnie 32 novembre présente ÀVue. Magie performative : elle renouvelle les codes de la magie en lui faisant raconter une histoire, et en créant des paysages magiques à partir de matériaux du quotidien. Une scène de fakirisme est prévue pendant le spectacle, cela promet d’être impressionnant ! Les spectacles du Moi de la danse promettent aussi de belles surprises. Nous retenons notamment Today is a beautiful day, de Youness Aboulakoul. Dans un seul en scène, le chorégraphe interroge la manière dont la violence fait vibrer des choses en nous, et nous détermine à agir pour changer le monde. Il la traduit donc de manière vibratoire, en créant des vibrations à partir d’objets qu’il manipule. Le résultat de ses expérimentations est à voir du jeudi 23 au samedi 25 janvier 2020.

 

Cette soirée de présentation de mi-saison était en fin de compte agréable et dynamique. Elle nous a permis de nous faire une petite idée de ce qui allait se passer aux Subs ! Si vous voulez approfondir ce que nous avons évoqué, et découvrir les autres spectacles dont nous n’avons pas parlé, nous vous invitons à consulter le programme ! Et à vous rendre aux Subs, évidemment !

 

 

AliceArticle écrit par Alice Boucherie

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