Un orchestre clownesque à deux

Le Kingfestival de Velikiy Novgorod en Russie qui se déroulait du 12 au 16 avril accueillait Solo for two de la Compagnie Batida, mis en scène par Giacomo Ravicchio et interprété par Soren Valente Ovesen et Simon Holm. Ce spectacle musical danois est particulièrement drôle !

Un orchestre à la dérive…

The sweet seven magic orchestra doit faire une représentation mais le trompettiste est le seul présent. Chaque fois qu’il dit que ça va aller, un des artistes l’appelle et annule sa venue. L’action se répète donc pour chaque musicien et même si on s’y attend, Simon Holm, qui joue le trompettiste, parvient à nous surprendre et on se surprend à rire à un gag pourtant prévisible. Tout repose sur la puissance comique de ce clown et de son compère, qu’il considère comme le plus mauvais musicien de la troupe qui, malgré son problème d’orientation parviendra à se rendre à la représentation. Simon Holm incarne le clown strict, celui qui veut que tout aille dans son sens tandis que Soren Valente Ovesen joue le maladroit qui malgré toute la bonne volonté du monde ne cesse de gêner son camarade. Rien que son arrivée lui pose problème… le trompettiste se rejouissait de l’absence de ses comparses qui lui permettait de jouer son solo de trompette en hommage à son frère… solo qu’il aura bien du mal à interpréter avec son acolyte… On ne verra peut-être jamais le show musical à la trompette, mais eux deux font clairement le show !

© Ditte Valente

Le running gag comme clé de cette relation fraternelle ?

Toute la performance repose sur leur complicité et la répétition des gags qui, même si on les anticipe, fonctionnent à chaque fois, car ils arrivent à s’arrêter avant de lasser le public, comme lorsque le trompettiste demande à son camarade de prendre un instrument pour l’accompagner, jamais il n’apportera le bon instrument, la scène dure près de 5 minutes mais on en redemande ! Il sort tous les instruments possibles et inimaginables de son étui à violoncelle mais pas la clarinette tant espérée… qu’il sortira de sa veste quand l’autre se croira tranquille… Ce qui surprend également, c’est l’incroyable capacité de stockage de cet étui qui semble illimitée et adaptable à toute situation. Il peut se transformer à besoin en télévision, en micro-onde… à chaque fois qu’il va vers son étui, il trouve quelque chose de nouveau et de totalement inattendu ! Et à chaque fois, on se demande ce qu’il va sortir de ce sac de Mary Poppins.
Contrairement à Hamlet des clowns Piip et Tuut que nous avons vu lors de ce même festival, leurs blagues servent un plus grand propos. Toutes convergent vers l’hommage à son frère disparu que veut rendre le trompettiste en interprétant le solo qui lui est dédié. Les masques des comédiens nous laissent évidemment pensé que ces deux personnages ont un lien parenté et c’est donc très rapidement qu’on comprend qu’ils sont frères et la reconnaissance, bien qu’attendue, parvient à être touchante ! On se surprend à s’émouvoir car à travers leurs gags, ils ont réussi à installer une forme de relation empathique nous rendant ces deux clowns particulièrement attachant !

Ce spectacle est une belle découverte qui sait doser avec justesse humour et émotion, sans jamais en faire trop et sans jamais nous lasser ! On en redemande !

Jérémy Engler

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