Par le pouvoir de l’humour et des dessins !

En parodiant Sailor Moon et son célèbre « Pouvoir du prisme lunaire, transforme-moi ! », Elsa Brants nous offre un nostalgique retour en enfance pour les trentenaires et un véritable hommage au manga et à la passion qui habite tout fan d’animés japonais avec son dernier opus Par le pouvoir des dessins animés, publié chez Kana. Après le succès made in France de Save me Pythie et notre rencontre lors de la Japan Touch de Lyon en 2016, c’est avec impatience que nous attendions la prochaine parution d’Elsa Brants et une chose est sûre, nous ne sommes pas déçus. Tous les ingrédients de son précédent succès sont réunis pour nous livrer un petit bijou ! (Par le pouvoir des dessins animés  ©  Kana)

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Par le pouvoir des dessins animés  ©  Kana

Une ode à notre enfance télévisuelle

Qui n’est pas tombé au moins une fois sur un animé japonais ? À l’époque où il n’y avait que six chaînes, pas d’internet, les mangas ne passaient qu’à certains horaires très précis et il fallait donc batailler pour y avoir accès. Il s’agissait du début de l’importation des dessins animés du pays du soleil levant et Elsa Brants, à travers une version d’elle-même enfant, nous rappelle que la découverte de ces séries par les programmateurs et les parents n’étaient pas de tout repos. À l’époque, un Ken le survivant pouvait succéder à un Ranma ½ et un épisode de Dragon Ball Z à un de Lucille Amour et Rock’n Roll. On passait du dessin pour enfants, au dessin animé pour adolescents et à ceux pour adultes. La mangaka explique sa découverte des animés, la difficulté d’accès aux mangas, avant qu’ils ne deviennent un phénomène en France, les conflits avec ses parents et surtout les rêves qui peuplaient la tête d’Elsa… À la lecture de ce manga, votre âme d’enfant reprendra le contrôle, vous serez touchés par les micro-victoires d’Elsa, ridicules mais tellement fondamentales quand nous étions enfants. Loin de se contenter de faire une biographie, Elsa Brants utilise ses souvenirs pour rendre hommage à cette culture japonaise qui, n’en déplaise à une ancienne candidate socialiste à la présidentielle, ont permis à de nombreux enfants de découvrir une nouvelle culture, un nouveau mode d’expression, la différence entre le bien et le mal mais surtout de rêver ! Le plus souvent, à la mention d’un souvenir ou d’une attitude, elle convoque un personnage ou un animé qui l’a inspiré ou aidé à se construire… que dire de Ranma ½ qui brise le tabou du transgenre à une époque où le sujet était bien moins présent dans les débats de société. Les dessins animés étaient moins éducatifs et pédagogiques que ceux qui passent aujourd’hui sur les chaines principales mais permettaient de rêver à l’aventure avec Fly, Albator, Les chevaliers du Zodiaque, Dragon Ball, etc. sans parler de ceux sur le sport tels que Olive et Tom (Captain Tsubasa) ou Jeanne et Serge qui prônaient les valeurs du dépassement de soi dont s’inspire la petite Elsa en se fixant des défis pour s’améliorer. La culture de l’effort et l’effervescence de l’imagination étaient sans cesse stimulées, comme l’autrice nous le fait aisément ressentir en nous racontant les innombrables aventures qu’elle a vécu…

On y découvre une vie de famille que certains trentenaires bercés au Club Dorothée ont dû vivre. Les anecdotes sont toutes plus drôles et savoureuses les unes que les autres, mais sont surtout l’occasion de comprendre comment naît une vocation…

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Par le pouvoir des dessins animés  ©  Kana

À la découverte d’une auteure, d’une vocation et d’un métier

On découvre la personnalité d’Elsa Brants, façonnée par sa découverte des animés japonais qui a dû prendre un plaisir incommensurable à dessiner les héros et héroïnes de sa jeunesse. La couverture a aussi dû être une expérience incroyable pour cette fan d’animés qui a pu se parer d’objets appartenant à des personnages qu’elle admirait. Le style qu’on avait tant aimé dans Save me Pythie, à qui elle fait constamment référence pour nous parler de sa vie d’artiste, se retrouve dans cet ouvrage, les traits d’Elsa faisant souvent penser à ceux de Pythie. On comprend alors que sa rencontre avec les mangas ont forgé l’autrice qu’Elsa Brants est aujourd’hui, mais le chemin pour arriver à la publication de son premier manga n’était pas un long fleuve tranquille. Elle évoque les échecs, le temps passer à travailler pour d’autres avant de pouvoir faire ce qu’elle voulait et les difficultés à percer dans ce milieu où la concurrence est rude et où il ne faut pas compter ses heures surtout en tant que mangaka. En plus d’expliquer ce métier, elle souligne les différences entre ce style et celui de la BD franco-belge mais aussi dans l’organisation du travail. Ce manga tout en étant très drôle et nostalgique se pare régulièrement d’un volet didactique en nous narrant l’histoire du développement du manga en France mais aussi la composition d’une planche de manga et le parcours sinueux qu’il faut emprunter pour atteindre ses rêves… 

L’héroïne de cette œuvre a connu de nombreux rebondissements, la route n’a pas été linéaire, il a fallu surmonter de nombreuses épreuves, faire preuve d’abnégation, de persévérance et de sacrifices pour arriver à son but, comme le font tous les personnages de Shônen auxquels elle fait référence et qui l’ont accompagnés depuis son plus jeune âge.

Sous couvert d’une biographie et d’un hommage aux dessins animés japonais de notre enfance, Elsa Brants réussit à nous offrir un Shônen (manga d’aventures le plus souvent destiné à des adolescents) dans la pure tradition japonaise, illustrant, s’il en était besoin, le talent de cette mangaka made in France !

Article rédigé par Jérémy Engler.

« En lisant cet ouvrage, c’est toute mon enfance qui a refait surface, j’ai été touché par les anecdotes qu’elle raconte et que je partage pour certaines. Je me suis reconnu dans cette petite Elsa qui défiait ses parents pour avoir accès aux dessins animés qu’elle aimait tant et dans ses rêves ! Un manga nostalgique, drôle et intelligemment construit que je recommande chaleureusement ! »

Pour en découvrir plus sur l’univers d’Elsa Brants, nous vous invitons à découvrir nos critiques et interviews : 

Interview d’Elsa Brants juste ici

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