Le passé n’est pas mort

L’auteur britannique, Neil Gaiman, dans Signal d’alerte nous transporte comme à son habitude dans un univers fantastique merveilleux à travers des textes en tous genres : nouvelles, poésies, contes… Ce livre de l’auteur d’American Gods et Neverwhere ; publié en 2015, puis traduit en français et paru aux éditions Au diable vauvert en 2018 ; pourrait constituer un très bon cadeau de Noël pour tout adulte amateur de l’univers fantastique.

Un livre qui se veut dangereux

Les livres devraient-ils être des espaces sans dangers ? Après avoir soulevé cette réflexion dans la préface, Neil Gaiman nous met en garde contre son livre avec l’explication du choix de son titre : signal d’alerte. L’expression signal d’alerte existait en premier lieu sur internet pour nous mettre en garde « face à des liens menaçants à des images et des idées susceptibles de choquer et de déclencher des flash-back, des angoisses et des terreurs », puis celle-ci a atteint les œuvres littéraires. L’univers de Neil Gaiman réunit de nombreux monstres et angoisses tant de notre vie quotidienne que de notre passé. La nouvelle, Le problème de Cassandra, par exemple met en scène un jeune garçon s’inventant une petite amie. Qui ne l’a jamais fait ou n’a au moins jamais eu l’idée de le faire ? Mais l’histoire ne s’arrête pas là, cette fameuse petite amie imaginaire n’est pas si imaginaire que cela ! Notre jeune héros se retrouve perturbé en rencontrant une jeune fille qui rassemble trait pour trait à la jeune fille de son imaginaire et qui connaît tout le récit des aventures qu’il a racontées à son entourage. En refermant cette nouvelle nous ne pouvons que nous imaginer la scène : rencontrer notre petit(e) ami(e) imaginaire, une chose assez angoissante et troublante.

Neil Gaiman a réussi son pari : ses nouvelles ne peuvent nous laisser indifférents, certaines nous font même frisonner !

Une histoire qui en raconte beaucoup d’autres.

Aucune déception à la lecture de ce livre car Neil Gaman reste dans son domaine de prédilection en reprenant un grand nombre de ses histoires. Alors forcément cela fonctionne nous frissonnons comme nous avions frissonné à la lecture des autres nouvelles.

Dans  ses nouvelles nous retrouvons certains personnages de ces histoires, the doctor Who et Shadow. Shadow est un personnage de son livre American Gods. Et doctor Who est celui de la célèbre série. En effet Neil Gamain a contribué au scénario de deux épisodes de la série. Cependant il déclaré ne pas aimer le second épisode car ce qui a été affiché à l’écran n’était pas de la même qualité que son script.

Neil Gaiman a aussi repris plusieurs de ses auteurs de prédilection, tels que Conan Doyle et son Sherlock Holmes dans l’affaire de la mort et du miel ou encore Gene Wolfe et son livre du Nouveau Soleil dans Un labyrinthe lunaire ; ici le labyrinthe n’est pas solaire mais un « Wolfe » hurle à la lune. Neil Gaiman ne décrit jamais ce loup, laissant libre cours à notre imagination. Il crée un ambiance angoissante en laissant planer un mystère sur ce fameux labyrinthe. Un labyrinthe qui ne peut-être détruit ? Un labyrinthe qui est merveilleux , où il est bon de se promener ou un labyrinthe qui abrite une affreuse bête sauvage ?

Nous pouvons même retrouver dans son livre le conte de Charles Perrault, la belle au bois dormant mais une version qui ne pourrait pas devenir un Disney..

Son livre est ainsi plein de références, d’histoires dont il s’empare avec brio pour nous transporter dans un monde plein de peurs et de dangers. 

Léonie Schroeder

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