Patients, un film poignant et rempli d’humanité

En 2012 sortait le roman du même nom et c’est le 1er mars 2017 que sort le film de Grand Corps Malade et de Mehdi Idir. Portés par Pablo Pauly dans le rôle de Ben, Soufiane Guerrab qui joue Farid, un jeune homme en fauteuil depuis qu’il a 4 ans, Moussa Mansaly dans le rôle de Toussaint ou encore Franck Falise pour Steeve ; cette comédie dramatique a un joli casting.

Un film qui reste très fidèle au livre

385646Dans le livre, nous faisions la connaissance de Fabien Marsaud alias Grand Corps Malade. Il a à peine vingt ans lorsque que son accident survient. Il plonge la tête la première dans une petite piscine et se retrouve tétraplégique incomplet. Dans le film, il ne s’agit pas de Fabien mais de Ben. C’est un choix qui peut poser question. S’agissant d’une partie de la vie de Grand Corps Malade, puisque nous suivons sa rééducation dans un centre, il aurait semblé logique que le personnage principal de l’histoire s’appelle Fabien. Cela n’enlève rien à l’attachement qu’éprouve le spectateur pour Ben, mais cela peut toutefois nous interroger.

Dès les premières scènes, le décor est planté. Il y a du blanc, des flashs lumineux et des voix : nous voici dans un hôpital. Puis vient ensuite le centre de rééducation en banlieue parisienne. C’est dans ce dernier lieu que nous passerons la plupart du temps aux côtés de Ben et ses amis. Nous retrouvons comme dans le livre le monde en centre de rééducation sans fioriture et avec un réalisme saisissant. Rien n’est écarté : le rapport intime avec les aides-soignants, les séances de rééducation, le quotidien des personnes en centre de rééducation…les scènes-clés du livre sont présentes à l’écran. Nous retrouvons dans le film tous les personnages du livre en passant par François le kinésithérapeute, Jean-Marie et Christiane les aides-soignants, Samia, la jolie jeune femme qui va peut-être faire chavirer des cœurs. C’est donc avec joie que nous rencontrons – ou que nous retrouvons – l’infatigable Jean-Marie, toujours de bonne humeur qui parle à une personne dans la pièce en utilisant un pronom, à la troisième personne du singulier, comme si cela n’avait rien de bizarre, ou encore Christiane la maladroite.

Le livre était rempli d’émotion et d’humour, il en est de même pour le film

Patients était un livre rempli d’humour. Avec Toussaint, Farid et quelques autres, la vie dans ce centre devient un peu plus facile à supporter. Là aussi, l’humour du livre est bien présent à l’écran, les vannes sur le handicap, sur les moments de détente à la cantine, les petits concours, le fameux concept de Farid qui consiste à « niquer une heure » nous montrent que ce film est bien une comédie, dramatique certes mais une comédie tout de même.

Des questions actuelles sont traitées tout en mêlant humour et sérieux. Le vison des autres sur le handicap, l’acceptation, les progrès, les difficultés, le suicide, toutes ces thématiques sont traitées dans un seul film ce qui est remarquable car il est rare de trouver un film traitant d’autant de sujets forts. Ce film montre aussi le formidable travail du personnel médical et soignants qui permettent aux personnes en centre de rééducation de vivre, tout simplement.

Une véritable leçon de vie

De par son histoire, le film nous donne une bouffée d’oxygène. Malgré les sujets traités, nous ressortons de la salle avec l’envie de vivre et le cœur gonflé d’espoir. Patients nous montre que la vie ne nous fait pas forcément de cadeau, cependant il y a toujours une raison de vivre et d’espérer. Que ce soit les amitiés liées un peu au gré du hasard, les blagues ou encore le fait d’être bien entouré, nous voyons que la vie est un magnifique cadeau malgré les obstacles que nous pouvons rencontrer. Patients est un film qui permet de voir un monde que peu connaissent ou que peu veulent voir, celui des personnes handicapées. Nous voyons ce qu’est le courage, la volonté ou bien la tristesse relative au deuil de « sa vie d’avant ». Autant d’émotions qui nous font rire ou pleurer permettent à ce film d’avoir une dimension humaine inimitable ; cela est sans doute aussi dû au fait que c’est une autobiographie.

De formidables acteurs pour un formidable film

Nous pourrions penser que les acteurs sont des personnes à mobilité réduite mais ce serait à tort ! Tous les acteurs ont dû apprendre à vivre comme s’ils vivaient dans un centre de rééducation. Une performance extrêmement difficile lorsque que l’on a l’usage de tout son corps ! Cela montre combien les acteurs ont réalisés un travail extraordinaire car nous pensons réellement que ce sont des personnes atteintes d’un handicap.

Un choix musical quelque peu surprenant

Nous aurions pu penser que ce film serait accompagné des notes de slam de Grand Corps Malade. Il n’en est rien alors que le livre commence avec la chanson 6ème sens puis Je dors sur mes deux oreilles issues de l’album Midi 20. C’est légèrement déroutant mais il y a malgré tout de la musique. Du rap, du hip-hop rythment le film et ce n’est qu’à la toute fin que nous avons droit à une chanson du slameur. Le choix musical est sans nul doute lié Mehdi Idir qui est un ancien danseur de hip-hop.

Patients est un film fort et nous montre l’envers du décor du monde des personnes handicapés sans embellir la réalité. Un film où l’on rit et parfois où les larmes coulent de nos yeux, c’est une magnifique leçon de vie et d’humanité. Si l’on devait trouver un bémol, on pourrait dire que le fait que Grand Corps Malade ne fasse pas une apparition à l’écran est (très légèrement) dommageable.

Ce film vous l’aurez compris est une ode à la vie et ne laisse personne indifférent, tout comme le livre.

Marie Barday

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