Persepolis ou l’histoire d’une jeune iranienne

Ce mardi 3 novembre 2015, le ciné-club de l’université Lumière Lyon 2 projetait le film Persepolis réalisé par Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud. L’Envolée Culturelle s’est invitée à la projection qui se déroulait dans l’amphithéâtre culturel sur le campus de Bron.
Persepolis est un film d’animation réalisé par Marjane Strapi et Vincent Parronnaud. Ce film est sorti en 2007 aux Etats-Unis. Nous y retrouvons de belles voix telles que celle de Sean Penn, Iggy Pop ou encore de Catherine Deneuve. Persepolis a été censuré en Iran au grand désarroi de la réalisatrice.

Imaginez-vous à Téhéran…

Marjane, huit ans et héroïne du film, se rêve en prophète sauvant le monde. C’est à travers ses yeux que nous verrons l’Iran. Cette petite fille est curieuse et n’a pas sa langue dans sa poche. La révolution contre le régime du Shah est telle une tempête qui ne faiblit pas. Une fois cette dernière passée et après avoir vécu l’euphorie et la joie d’être libre, succède l’instauration de la République islamique. Marjane a déjà connu sa première révolte. Ce nouveau régime instaure le temps des « commissaires de la révolution » qui contrôlent les tenues et les comportements. Marjane se voit obligée de porter le voile, une de ses libertés disparaît et elle rêve désormais de devenir révolutionnaire. Les répressions sont de plus en plus nombreuses et la vie de moins en moins facile. L’Iran déclare la guerre à l’Irak et la vie à Téhéran devient insupportable. Les parents de Marjane décident donc de l’envoyer en Autriche afin de la protéger.

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Une atmosphère qui ne laisse pas  le spectateur de marbre

Persepolis est peuplé de silhouettes noires et d’arbres inquiétants qui permettent de retranscrire le sentiment que les habitants de Téhéran pouvaient ressentir dans ces périodes de troubles et de terreur. Les dessins sont très bien travaillés, ce qui en fait également un très bon film d’animations. L’atmosphère est parfois inquiétante et sombre, et cela se traduit par un dégradé de gris et noir. Cependant, il ne faudrait pas réduire Persepolis à un sentiment négatif tel que la peur des représailles ou la guerre. En effet, Nous trouvons dans ce film des traces d’humour qui permettent de dédramatiser quelque peu les terribles évènements que subit Marjane et sa famille. La musique joue aussi ce rôle lorsque l’on entend Eye of the Tiger de Survivor ou bien Iron Maiden.

Un film qui laisse place à la révolution…

Outre la révolution contre le régime du Chah ou les révoltes cachées comme les fêtes contre la République islamique, Marjane connait une seconde révolution : l’adolescence. C’est à Vienne que la jeune fille connait cette seconde révolte. Elle y découvre la liberté, l’amour, le chagrin. C’est ici aussi que Marjane fait connaissance avec l’exil et l’isolement dû au fait qu’elle est loin de ses parents et que sa culture est bien différente de celle de ses amis autrichiens. De plus, elle rencontre la différence. Marjane est différente des autres, elle le sait et ce statut d’étrangère lui est difficile à accepter.
Persepolis nous permet de comprendre l’histoire de l’Iran avec un personnage attachant et haut en couleur. Ce film nous montre également la dureté de la vie au sein des régimes politiques difficiles.

Marie Barday

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