Plan B, un plan mais quel plan ? à la Maison de la Danse

Aurélien Bory est un metteur en scène né en 1972 à Colmar qui dirige la compagnie 111. Il rencontre Phil Soltanoff, véritable touche-à-tout dans le domaine des arts et directeur artistique de Mad Dog. Ensemble, ils conçoivent la potentielle réécriture du mythe de Sisyphe : Plan B. créée en 2003, il s’agit d’une performance physique d’1h10 avec 4 comédiens sur scène. Ce spectacle sans paroles, mais en musique, se veut à la portée de tous du 6 au 11 mars 2015 à la Maison de la Danse de Lyon.

Un début captivant

Un début intriguant s’offre à nous : un mur incliné, avec à l’arrière un grand écran coloré, puis grillagé. Et surtout, des hommes en costume qui défilent, qui tombent, qui roulent et se rattrapent sur ce mur mystérieux. Difficile de savoir combien ils sont, qui sera le personnage le plus important ou quelle sera l’histoire dans son ensemble.
Pourtant, Plan B offre une belle entrée en matière, puisque l’on se laisse emporter dans un univers qui nous dépasse. Le plus frappant est peut-être la force des acteurs (qui se révèlent être quatre). Ceux-ci déambulent sur le mur sans jamais sourciller, pour nous couper le souffle.
Peu à peu, une musique sourde s’installe. Nous sommes alors plongés dans un univers carcéral. Est-ce une évasion de prison que l’on découvre sous nos yeux ? Rien n’est moins sûr, car la suite laisse entrevoir une toute autre interprétation.

Entre cirque et danse

Plan B est en effet une performance qui allie cirque et danse. Un passage d’inspiration hip-hop entraîne davantage le public, jusqu’à de longues scènes où le jonglage est à l’honneur. On retrouve ici l’idée d’un spectacle finalement comique, sans trop en faire. Il ne suffit que de quelques balles pour déclencher un fou rire.
Cependant, Plan B c’est aussi des situations rocambolesques comme un concours de force pour atteindre le haut du mur, outil indispensable durant tout le spectacle. Le scénario est simple, mais cela fonctionne. Nous suivons du regard les drôleries de ces quatre personnages qui sont sûrement Monsieur tout le monde.
L’aspect théâtral et dansant n’est pas pour autant mis de côté. Il s’agit avant tout de l’expression de corps qui tentent de se surpasser. Les expressions du visage des acteurs collent avec leurs réussites, ou leurs échec. Car Plan B, si l’on s’en réfère au titre, évoque un changement de directive suite à une défaite. Et c’est bien ce à quoi l’on peut assister dans ce spectacle. Lorsqu’un des comédiens échoue, il change de technique, puis parvient à son but.

De la modernité

De plus, Plan B se veut moderne. Les nouvelles technologies sont à l’honneur sur scène. La musique quelque peu expérimentale s’associe à des jeux de lumière travaillés.
Ce qui retient le plus notre attention est ce mur, qui, une fois abaissé, devient un tapis de jeu extraordinaire. Les acteurs interagissent au sol, et leurs gestes sont retranscrits en direct sur un écran géant. Ainsi, ils s’adonnent à des folies appréciables comme celle d’un combat digne des plus grands jeux vidéos rétros.

En cela, Plan B est une œuvre marquante qui sait toucher un public varié, puisque grand-père et enfant en ressortent le sourire aux lèvres.

Amandine Darmochod

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