Port Authority

Port Authority, c’est le nom d’un terminus de bus à New York. C’est aussi le titre du premier long métrage de Danielle Lessovitz, dans les salles depuis le 25 septembre. Paul, fraichement débarqué dans la ville, fait la rencontre d’un groupe de vogueurs*. Parmi eux, Wye, va lui faire découvrir sa famille d’adoption et le milieu queer New Yorkais.

*Dérivé de voguing : style de danse urbaine né dans les années 70 dans les milieux LGBTQ+ surtout à NYC.

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  ©  Port Authority

« No shade »

Constamment utilisé par l’un des personnages, « No shade » peut se traduire en français par « respect » et c’est ce qui ressort de l’intégralité du film. Le respect pour une culture, un art, des personnages, l’envie, avant de donner une visibilité à une communauté qui, bien trop souvent n’en a pas. Car si le récit est raconté du point de vue de Paul, c’est bel et bien la communauté LGBTQ+ qui est représentée avec une douce justesse. Elle prend peu à peu la place qui lui est si peu accordée dans le paysage audiovisuel.

L’intérêt d’avoir choisi comme personnage principal Paul, qui est complètement hors de ce milieu dit « Queer« , donne la possibilité de découvrir à travers ses yeux la vie de Wye, de sa famille. Et ainsi créer de beaux moments où l’acceptation de soi et de l’autre sont en jeu. Avec lui, nous sommes plongés dans de magnifiques scènes comme celles de ballrooms, qui nous renvoient au magnifique documentaire Paris is Burning, disponible sur Netflix (que nous conseillons à toutes les personnes qui souhaitent en apprendre plus sur le milieu queer des années 70 ! ).
Le film se passe à notre époque, mais l’héritage est présent. Nous retrouvons New York, berceau de cette communauté et lieu emblématique du voguing. La ville est un personnage du film à part entière, qui accompagne Paul et Wye dans leurs découvertes mutuelles et les fait grandir.

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  ©  Port Authority

Une esthétique de l’intimité

Avec une caméra épaule qui offre au cadre un plus grand sentiment d’humanité, ainsi que des personnages filmés en gros plan, le film développe une véritable l’intimité. Nous assistons au plus près aux rencontres et aux réactions de Paul, dans une poésie des détails envoutants. Une intimité travaillée jusque dans les moindres bruits, celui du sparadrap décollé doucement de la peau ou des bijoux qui claquent au rythme du mouvement des corps qui dansent.

C’est d’ailleurs les seuls moments ou la caméra s’autorise à quitter le jeune homme, pour aller danser avec les vogueurs, dans de sublimes scènes où le temps s’arrête.

Si le film ne cherche évidemment pas à être exhaustif sur la vie de la communauté queer et son histoire, il est en revanche un beau portrait de l’amour et de la persévérance qui se dégage de cette communauté. Le tout porté par un jeu d’acteur tout en retenue et en justesse. Une belle réussite que nous vous encourageons vivement à aller voir pendant qu’il est encore temps !

Port Authority réalisé par Danielle Lessovitz.
Le film est sorti le 25 septembre 2019 et est toujours disponible en salles. 

AmbreArticle écrit par Ambre Bouillot

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