Pour tous les amoureux des chats !

Sheila Jeffries est une auteur britannique qui a publié des livres pour enfants sous les pseudonymes de Sheila Chapman ou encore Sheila Haigh. Les moustaches de la sagesse, publié en décembre 2014, est son premier roman pour les grands. C’est aussi son premier ouvrage publié en France.

De la simplicité pour cette fin d’année

Les moustaches de la sagesse : Le conte du chat Salomon qui tomba des étoiles puis d’un camion pour aider une famille en crise est d’une légèreté captivante. Nous sommes très rapidement plongés dans les aventures rocambolesques d’un chat revenu de l’au-delà pour retrouver Ellen, sa maîtresse d’antan.
L’histoire évoque la théorie qu’un chat a sept vies. Salomon, durant sa première vie, a été le compagnon de jeu de la petite Ellen. A sa mort, et donc à son retour au paradis, l’ange de Salomon le charge d’une mission hors du commun : tout faire pour retrouver Ellen, pour l’aimer et régler sa montagne de problèmes.

« Dans cet autre monde, nous les chats sommes des chats lumineux, et la vie que nous menons est impossible sur Terre. Nous sommes invisibles aux yeux des humains. Il n’y a pas de miaulements, mais nous ronronnons, et nous communiquons par télépathie. De nombreuses autres créatures lumineuses y vivent avec nous, des chiens, des chevaux, et même des cochons d’Inde. Il y a aussi des gens lumineux. Personne ne se dispute. Il n’y a ni pollution, ni maladie, ni guerre. »

Ellen est la jeune mère de John qu’elle a eu avec Joe, un homme plutôt violent et même alcoolique. Ce dernier est fortement endetté et Salomon, né dans le corps de « l’avorton de la portée », va se battre et user de stratagèmes pour se faire adopter par la famille d’Ellen. C’est ainsi que lors d’un solstice d’été il se retrouve dans la chaleureuse maison d’Ellen en compagnie de Jessica, la chatte un peu agressive mais très fascinante, déjà présente dans la demeure.
La particularité du roman Les moustaches de la sagesse est que le narrateur n’est autre que Salomon. Cela rend le récit attrayant, drôle et l’on s’attache inévitablement très vite à ce chat guérisseur.

« Ellen changeait. […] Mais elle recevait toujours mon amour avec joie, et les réserves de croquettes ne s’épuisaient pas. »

Un soupçon d’anthropomorphisme

« Je me sentais fragile car, quelques jours auparavant, Joe m’avait emmené chez le vétérinaire. Celui-ci m’avait endormi pour me faire quelque chose qui m’empêcherait de faire d’autres petits. C’était douloureux et humiliant, et après coup je me sentis déprimé, même si j’en comprenais la raison. »

Le rendez-vous des chats, Edouard Manet, 1868
Le rendez-vous des chats, Edouard Manet, 1868

Salomon s’exprime parfois comme un être humain. Il fait souvent allusion à des émotions plutôt propres à l’homme, comme la tristesse et les larmes (Cf. Chapitre 11 « Si les chats pouvaient pleurer »), ou encore la colère et l’humiliation. Vers la fin du roman, Salomon semble même tenir un journal intime. Il ne l’écrit pas, mais le pense.
L’intelligence de ce chat exceptionnel est mise en avant. Et il est vrai que ceux qui possèdent un chat peuvent facilement s’identifier aux personnes qui entourent Salomon.
Mais surtout, Salomon incarne en fait tous les chats du monde. Sheila Jeffries prouve à quel point un animal est important dans le quotidien d’une famille, pour l’équilibre du foyer.

Les inspirations de Sheila Jeffries

Salomon est un chat qui a en fait réellement existé. Il a vécu pendant 23 ans auprès de l’auteur et de son mari Ted. Tout comme dans le roman, il était noir avec les pattes blanches, c’est à dire au pelage « tuxedo »* Jessica, la chatte d’Ellen et Joe a elle aussi réellement existé.
D’ailleurs, la rencontre entre Sheila Jeffries et Salomon est exactement la même qu’entre Ellen et le pauvre petit chat « couvert de quelque chose de noir » (l’huile du camion dont il est tombé).
Nous pourrions donc presque croire à une autobiographie de la part de l’auteur. Cependant, Les moustaches de la sagesse semble plutôt être la preuve qu’un chat est une excellente thérapie.

Nous ne ressortons par conséquent pas indemne du conte de Salomon. Nous voulons à tout prix un chat. Et si nous l’avons déjà, nous courrons vers lui pour l’embrasser à n’en plus finir.
Car, comme le dit Charles Darwin : « Lorsqu’un chat accorde sa confiance à un Homme, c’est sa plus belle offrande ».

Amandine Darmochod


* smoking

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