Que reste-t-il quand tout bascule ? La tête de l’emploi de David Foenkinos, Le coup de Coeur de Marie de Kako

David Foenkinos est l’auteur français en vogue du moment. Pas seulement parce qu’il a étudié à la Sorbonne mais parce qu’il faisait partie des 5 plus gros vendeurs de romans en 2011 et que sa popularité ne cesse de grimper, comme en témoigne le fait que ses romans soient traduits dans 35 langues. De plus, il publie un roman par an depuis 2005 et a remporté 4 prix littéraires différents, chaque fois pour une œuvre différente. Ce qui propulse cet homme simple sur le devant de la scène c’est le succès du film La Délicatesse inspiré de son roman éponyme. Paradoxalement, depuis sa révélation avec La Délicatesse, il n’a plus reçu un seul prix, est-ce que ses romans sont moins bons ? Je ne le pense pas, c’est pourquoi je fais de son dernier roman, La tête de l’emploi, mon coup de cœur cette semaine.

L’histoire d’une vie qui bascule avec pour héros « Monsieur tout le monde »

À 50 ans, Bernard est persuadé que sa bonne petite vie tranquille se déroulera ainsi jusqu’à la fin de ses jours. C’est sans compter sur sa femme, qui décide d’un coup de divorcer, et la crise, qui lui fait perdre son emploi. Sans logement, sans argent, incapable d’avouer son chômage à sa famille, il n’a d’autre alternative que de retourner vivre dans sa chambre d’adolescent, chez ses parents. Ceux-ci ne semblent pas réjouis de recueillir leur unique rejeton, qui trouble leur vieillesse paisible. Jusqu’à ce que Bernard rencontre la fille d’un quincaillier, aussi perdue que lui… Comment trouver sa place dans un monde en crise, quand on n’est ni très jeune, ni très beau, quand, finalement, on ne désire que le bonheur ? Un destin d’aujourd’hui, une histoire drôle et mélancolique.

Toute personne d’une cinquantaine d’année peut s’identifier à ce personnage quinquagénaire qu’est Bernard. Bien installé dans son quotidien, dans sa routine, dans sa vie de couple, il est persuadé que tout cela va continuer encore bien longtemps… peut-être jusqu’à la fin de ses jours, mais la vie va se charger de lui prouver le contraire.
Du jour au lendemain, tout bascule, sa femme lui annonce qu’elle veut prendre de la distance, que leur couple n’est plus ce qu’il était, qu’elle envisage de demander le divorce. Il en est le premier surpris, il l’aime toujours, mais peut-être ne lui a-t-il pas dit depuis longtemps tout simplement ?  Est-ce qu’ils se parlent encore vraiment ?
À son travail, c’est la crise, il ne fait plus partie de l’élite, ses compétences sont mises en doute, il perd son boulot et n’ose même pas en parler à sa femme. Sans travail, contraint de quitter son appartement (sa femme exige une séparation temporaire) et faute de moyens, c’est retour à la case départ, chez ses parents dans sa chambre d’adolescent. Quel gâchis ! Ses parents, tout comme lui, vivent mal la situation. Là encore, les habitudes ont pris le pli, et accueillir leur fils les bouscule dans leur quotidien. Pour eux ce n’est pas dans l’ordre des choses, leur fils les dérange.
Ce pauvre Bernard complètement déboussolé subit la situation de plein fouet, on a même l’impression qu’il ne va pas  lutter, qu’il va accepter sa nouvelle existence si pire soit-elle !
Mais c’était sans compter sur  un petit coup de pouce de papa et maman qui vont tout faire pour « recaser » leurs fils.

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Un savant mélange d’humour et de mélancolie

Malgré une situation difficile, ce livre reste léger. Pendant sa lecture, on sourit, on rit même parfois aussi. On est aussi empreint de tendresse pour ce pauvre Bernard parce qu’à chaque page on se dit que ce pourrait être notre propre histoire.
Ce qui lui arrive nous renvoie à notre propre existence, au fil des années on s’installe dans notre quotidien, les habitudes prennent le pas, les jours, les semaines s’enchaînent réglées par le travail, les soucis domestiques, les weekends, les vacances, les années passent… Les enfants grandissent, quittent la maison…Et c’est là qu’un jour on se rend compte que la routine tue tout !
Ce livre peut amener à faire le bilan, on pense que tout va bien et puis du jour au lendemain, nos repères s’effondrent, tout est bouleversé, c’est comme si notre vie avait subi un véritable tremblement de terre. Alors avant d’en arriver là, il est indispensable de « casser » le quotidien, de faire la chasse à nos foutues habitudes, il faut continuer de faire attention à l’autre, l’étonner, le surprendre même parfois. Il faut toujours se remettre en question et considérer que rien n’est jamais acquis et surtout, il est important que le courant continue de passer et que le dialogue soit toujours de mise.

Une leçon de vie

Chacun d’entre nous sait bien que la vie n’est pas « un long fleuve tranquille », qu’elle se charge de nous le rappeler tous les jours mais que sans aucun doute, elle vaut la peine d’être vécue et que n’en ayant qu’une, il ne faut surtout pas la gâcher.
Ce livre nous apporte aussi une certaine dose d’optimisme, il nous démontre qu’après le pire, il peut y avoir le meilleur, mais que le bonheur ça se mérite et qu’il a souvent besoin d’un petit coup de pouce.

À lire pour « éventuellement » se remettre en question,  mais aussi se faire plaisir. David Foenkinos sait mettre le doigt là où ça fait mal avec des mots simples, dans un style très touchant nous donnant l’impression d’avoir vécu ce que l’on est en train de lire.

Marie de Kako

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