Rendons sa place au citoyen – retour sur la table ronde intitulée « La société civile au secours de la politique et de l’Europe »

Dans le cadre de l’European Lab Forum,à Lyon, la question de la survie du modèle démocratique en Europe s’est posée aujourd’hui. Avec le concours de quatre intervenants impliqués dans la politique européenne contemporaine, Flore Vasseur, écrivaine et journaliste politique française, tente d’esquisser des réponses à l’interrogation sur la souveraineté populaire en Europe.

Il faut arrêter le hold-up de la parole politique, et s’organiser au niveau européen

Selon Niccolo Milanese, membre de Diem25 (Democracy In Europe Movement 2025), on observe en Europe une recrudescence des votes extrémistes et une montée d’une forme de populisme parce que les Hommes ont la mémoire courte. Lentement, les citoyens de l’Europe se réengagent dans un processus national – et c’est pour cela qu’il faut réinventer une culture européenne, sujet de cette série de conférences portées par l’European lab Forum.

Flore Vasseur
Flore Vasseur

Aujourd’hui, remarque Flore Vasseur, la parole politique est détenue par une minorité de personnages politiques identifiables, dont l’honnêteté n’est pas toujours très claire. #Mavoix, représentée au cours de cette table ronde par deux intervenants, est une mouvance politique française qui va se présenter aux élections législatives en 2017 : ce collectif vise à faire élire des citoyens lambdas, dont la profession n’est à la base pas politique, à l’Assemblée. Par un système de vote sur des plateformes numériques, le citoyen pourrait directement donner son opinion sur tel ou tel sujet, et les députés #Mavoix voteraient ainsi proportionnellement aux choix faits : le but est de redonner au citoyen sa place au sein des institutions.

Mettre en place de nouvelles structures pour donner au système démocratique des moyens concrets d’agir

L’année dernière, en Grèce, un gouvernement radical a été élu démocratiquement – mais la démocratie n’a pas eu le pouvoir de mettre en place des décisions et s’est vue rapidement freinée par de grosses compagnies grecques, qui étaient contre les politiques sociales que le nouveau gouvernement et à travers lui, le peuple, voulait instaurer : il s’agit d’un refus d’appliquer la démocratie qui est humiliante pour la Grèce, mais aussi pour l’Europe entière. Andreas Karitzis, qui appartenait à ce parti élu en Grèce, affirme qu’un gouvernement, pourtant placé légitimement au pouvoir, n’a pas eu en main les outils nécessaires à l’application de ses politiques. Aujourd’hui, on retomberait donc dans une sorte de féodalité, dans laquelle les plus puissants seulement auraient leur mot à dire, et seraient capables d’imposer le silence à leurs opposants. Birgitta Jonsdottir (députée islandaise, membre du parti pirate) abonde dans ce sens : elle avance que le processus démocratique, qui repose sur les compagnies, reste très opaque, et qu’il faut faire en sorte que le parlement, qui ressemble le plus aux citoyens, deviennent le véritable ancrage de l’appareil démocratique.

Si vous êtes intéressés par la question de la crise de la démocratie, rendez-vous

> le 5 mai, de 15h00 à 16h30, à la conférence : « Shift et reset : pour une sphère publique européenne ! »
> le 6 mai, de 13h30 à 15h00 à la conférence : « Repenser la politique aujourd’hui »
> le 6 mai, de 15h00 à 16h30 : « Lanceurs d’alertes et nouvelles formes de militantisme » .

Adélaïde Dewavrin


Un autre article sur l’European Lab Forum : La crise culturelle = crise européenne ?

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