RENT ou le coup de cœur de Korra pour la Vie Bohème des temps modernes !

RENT est une comédie musicale américaine écrite par un jeune compositeur : Jonathan Larson. En 1996 le jeune Larson réécrit et propulse l’opéra La Bohème de Giacomo Puccini à New York, la nouvelle capitale de l’art. Dix ans après, plusieurs Tony Awards et un prix Pulitzer remportés, on rappelle les acteurs de l’époque et on en fait un film digne de la pièce, de son esprit, de ses chansons et de son message. RENT vous ouvre les portes de la vie bohème.

Une histoire qui connaît un franc succès depuis plus de trois siècles !

Et oui, il faut le savoir, La Bohème n’était pas un opéra au départ ! Tout d’abord un roman français, Scène de la vie de bohème de Henri Murger, et une pièce de théâtre, ce n’est que quarante ans plus tard que Puccini l’adapte en opéra et en fait un succès. La pièce présente des jeunes artistes ou intellectuels qui, sans le sou, cherchent désespérément à être reconnus pour leurs talents. Comble du malheur, certains souffrent de la tuberculose, maladie très courante à l’époque. Le jeune poète Rodolfo avait perdu l’inspiration jusqu’à ce qu’il croise la route de la jeune et jolie Mimi qui va lui redonner la joie de vivre. Jonathan Larson modernise cet opéra en en gardant toute la beauté.
A New York le 24 décembre 1989, Mark, réalisateur, et son colocataire Roger, chanteur, ont très froid : et pour cause, ils n’ont plus d’électricité parce qu’ils n’ont pas payé le loyer de l’année. Le titre de l’œuvre fait directement référence à cette difficulté, « rent » signifiant « loyer » en français. Leur ancien colocataire Benny, à présent marié à la fille du propriétaire des immeubles du quartier, les menace de les expulser s’ils ne paient pas. En effet Benny a un rêve : construire un grand studio de tournage ultra-moderne à la place des immeubles. Si Benny a peu de considération pour le bien-être d’autrui, son raisonnement se tient : il explique à Mark et Roger que sans argent mais en s’accrochant à leurs principes, ils ne font pas d’art, ils se contentent de mourir de faim. En effet, sans équipe de tournage et sans budget Mark ne peut tourner son film. L’histoire présente ainsi dès le début deux opinions contradictoires qui sont néanmoins toutes deux défendables.


Sur ce, arrive Collins leur ami philosophe et génie de l’informatique, avec le jeune Angel qu’il a rencontré sur la route. Avec leurs autres amis, Joanne, une avocate, et Maureen, une chanteuse, le groupe affronte le froid dans la bonne humeur et la joie de vivre, parce que c’est là que réside toute la beauté de RENT : ce film vous remplit de bonheur et vous donne envie de vivre. Les personnages sont dépourvus de tous clichés : attention je ne dis pas cela à la légère. Il y a des clichés dans tout, évidemment, mais dans RENT ils ne sont pas pointés du doigt, ou plutôt ils n’ont rien à voir avec l’intrigue. Je m’explique : Collins et Angel sont homosexuels et ils ont la peau noire, et on ne voit jamais dans le film ou la pièce ces deux jeunes hommes être critiqués parce qu’ils s’aiment. Un autre exemple : Joanne est une jeune avocate à la peau noire, mais jamais il n’est précisé qu’elle a eu des difficultés à faire des études à cause de sa couleur de peau, ou qu’elle a du mal à trouver du travail. Bien au contraire : elle est très intelligente et a fait ses études dans une des meilleures universités des Etats-Unis. Joanne et sa compagne, Maureen, sont un couple très habituel qui décide de se marier et d’organiser une fête de fiançailles à laquelle les parents des deux jeunes femmes réagissent de la façon la plus normale du monde. Non, vraiment, le seul à avoir un souci avec la sexualité de Maureen est Mark, le narrateur de l’histoire, parce que, voyez-vous, avant de se découvrir homosexuelle, Maureen était avec lui. Ai-je besoin de préciser que Mark et Joanne, tout d’abord méfiants l’un envers l’autre, se lient d’une amitié indéfectible ? Vous voyez, RENT passe au-delà des clichés qui veulent que les couples homosexuels et les couples aux couleurs de peau différentes soient des effets de mode. Ici, ce sont des couples comme des autres, ni mieux, ni moins bien, et c’est ce que la caméra nous présente.
Mais si RENT ne parle pas de la révolution sexuelle, de quoi parle-t-il ? D’artistes bien sûr, de vrais artistes qui souhaitent faire de l’art mais n’ont pas les moyens de le faire, pas d’artistes bobos qui veulent être « dans le vent ». Ce film est donc tout en justesse, c’est un hymne à l’amitié. Le sous-titre du DVD est d’ailleurs « L’amitié naît, mais ne meurt jamais ».

Un hymne à la vie

RENT tourne autour d’un principe simple : la vie est précieuse. Si en 1989 la tuberculose ne fait plus de ravages, le SIDA se propage dangereusement. Certains de nos héros sont ainsi séropositifs. On ne sait jamais précisément comment ils l’ont attrapé, et après tout cela a très peu d’importance, ce qui est important c’est que leur existence peut être bouleversée du jour au lendemain. Le chanteur Roger (autrefois Rodolfo) est séropositif et a beaucoup de mal à émerger d’une sorte de torpeur : il sera peut-être mort demain, mais il voudrait écrire une dernière chanson, approcher une dernière fois la gloire. Mais c’est la jeune Mimi qui bouleverse son existence : jeune fille d’origine latine, séropositive elle aussi, elle profite de la vie et déborde d’énergie. Elle essaye de faire comprendre à Roger qu’il doit vivre aujourd’hui, parce qu’il n’y aura peut-être pas de demain, mais il a trop peur. Etant le personnage le plus jeune de cette histoire, Mimi est finalement celle qui a tout compris. Les autres partagent son opinion, et ils se rejoignent tous pour chanter une chanson très importante « No Day But Today » ou « Aujourd’hui Ou Jamais ».

Une véritable adaptation

Un point très intéressant à soulever : le film RENT fait un véritable effort d’adaptation. Le réalisateur et son équipe ont pris la décision de couper certaines scènes pour une raison très légitime : ils ne pouvaient pas les insérer au film sans que cela ne soit étrange. Je m’explique : dans une comédie musicale, tout est théâtral, et pour cause, nous sommes au théâtre. Ainsi d’une part la scène est exploitée au maximum et d’autre part on rit beaucoup. S’ils avaient adapté la pièce de théâtre RENT en film sans enlever ces éléments, le rendu aurait été absurde, ridicule, et les spectateurs se seraient sentis mal à l’aise, ils se seraient dit à un moment ou à un autre : « Mais… Ils chantent un peu trop non ? ». C’est le défaut des adaptations de comédies musicales aujourd’hui : elles sont très bien filmées, mais il n’y a aucune adaptation, on se contente de filmer la pièce dans des décors bien réels. Le film RENT se différencie très nettement de la pièce RENT, et c’est pour cela que l’histoire reste intacte. Vous pouvez vérifier, il existe un DVD de la dernière représentation de la pièce à Broadway avec le casting de 2008. Les acteurs jouent différemment, beaucoup de scènes changent, mais l’histoire et les personnages restent les mêmes. La mise en scène est très inspirée de la mise en scène d’un opéra, ce qui donne un rendu à la fois moderne et classique à la pièce, c’est splendide.
Certains préfèrent le film, d’autres la pièce, mais ne faisons pas de distinctions, les deux produisent la même magie : on nous raconte l’histoire de huit amis du 24 décembre 1989 jusqu’au 24 décembre 1990, un an d’amitié et d’amour, résumé par le titre « Seasons of Love ». Il est très intéressant de comparer les deux œuvres, et de découvrir les merveilleux morceaux musicaux qui ont été retirés du film. Douze ans à Broadway, c’est exceptionnel ! C’est ainsi que RENT est entré dans la légende et a apporté une grande renommée à certains de ses acteurs.
Pour les sceptiques, voici un dernier argument : la musique est très belle. Jonathan Larson était un compositeur de génie et il a transposé les personnages de l’opéra La Bohème dans un univers moderne et rock’n’roll dans lequel « La Vie Bohème » est un titre de jeunes gens dynamiques qui chantent à la gloire de la fête, de la vie, des imperfections, et du rock !

Un article, c’est trop court. Il y aurait tant de choses à ajouter, tant d’aspects à expliquer, tant d’ingéniosités à soulever ! Mais RENT est une expérience à faire soi-même. Ce film aborde tant de sujets et si bien que vous serez forcément touchés par son histoire, et comme nous, votre perception du monde en sera changée.

Korra

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