Réparer les vivants : un appel à avoir du coeur

Du premier au neuf juin au Théâtre Nouvelle Génération (site Les Ateliers) se joue Réparer les vivants. Il s’agit d’une adaptation pour la scène du roman éponyme de Maylis de Kerangal, écrite et mise en scène par Sylvain Maurice. Ce spectacle est en partenariat avec le Théâtre des Célestins.

Raconter l’histoire

Adapter un roman pour la scène est une tâche délicate. Ici, Sylvain Maurice a vraiment conservé l’esprit narratif de Réparer les vivants. On assiste au récit théâtralisé de l’histoire de Simon. Un comédien nous raconte la dernière journée de Simon Limbres, de l’accident qui lui coûtera la vie à la transplantation de son cœur à une autre patiente en attente vitale de greffe. Il est toujours précis ; tantôt détaché, tantôt très impliqué.

La scénographie fait partie intégrante du récit. En effet, au centre de la scène est établi un très grand tapis roulant. Il se met en route à certains moments : parfois très rapide lors des accélérations de l’histoire ; souvent lent, il permet à l’acteur de dérouler le fil de sa pensée. Le tapis roulant rythme la narration. Au-dessus du tapis, en fond de scène, une large et haute arche permet au musicien présent d’assister au récit.

Un spectacle sonore et visuel

© E.Carecchio
© E.Carecchio

Le musicien en question accompagne l’acteur sur scène et crée une musique en live. Il utilise différents instruments pour produire essentiellement des sons et des ambiances plutôt qu’une véritable mélodie. L’objectif est d’encadrer l’histoire, de la faire vivre davantage.

Il y a un vrai travail de recherche sur l’éclairage du spectacle. La plupart des états lumineux sont blancs. Pourtant, ils ne ressemblent pas. Le créateur lumière (Éric Soyer) a pris soin d’utiliser différents projecteurs, en face, en contre, au sol ou en hauteur. Plusieurs fois il utilise des effets stroboscopiques (le stroboscope est une source de lumière alternant des phases de pleins feux et des phases sans lumière), eux aussi toujours différents. Le seul effet non blanc est un projecteur à large faisceau, en contre, gélatiné en rouge, au moment de l’opération d’extraction des organes.

Voir ce spectacle

Les éléments de la mise en scène sont bien mis en œuvre mais relativement simples. Si on les met de côté, reste l’histoire. Probablement le plus important pour ce spectacle, véritable plaidoyer pour le don d’organes.

Au début du récit, Simon et ses deux amis reviennent d’une sortie surf à la plage. La voiture percute un poteau sur la route. Simon n’est pas attaché. Il est transporté par les secours à l’hôpital. Un médecin le prend en charge, cependant il est déjà dans un état de coma grave. Les examens montrent que son état empire et il est déclaré en état de mort cérébrale. Le médecin prévient un infirmier du centre des greffes, qui va avoir la délicate mission de demander aux parents si Simon était donneur puis d’encadrer l’opération. Les parents vont prendre la décision de donner ses organes. La fable raconte la prise de décision puis les opérations d’explantation et d’implantation, décrivant la réalité de toutes les personnes qui vont permettre la greffe.

Le spectacle est le croisement de l’histoire de Simon, du son et de la lumière. L’origine romanesque de ce spectacle et les choix de mise en scène en font davantage un conte théâtral, le récit théâtralisé de la dernière journée de Simon Limbres. Si vous êtes prêts à voir ce théâtre différent, allez-y pour cette intéressante et touchante histoire.

 

Caroline Demandière

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