Le retour divin de Corto Maltese pour notre plus grand bonheur !

Le Lyon BD festival se tiendra les 4 et 5 juin 2016, profitez-en et entrez dans l’univers, le temps d’une rencontre, de Rubén Pellejero, dessinateur du treizième album Corto Maltese sous le soleil de minuit. Cette rencontre se déroulera le samedi 4 juin à 12h30 au Palais du commerce. Une séance de dédicace poursuivra cette rencontre.

Juan Diaz Canales est un auteur espagnol de BD. Il travaille comme scénariste pour la Bande Dessinée Blacksad et pour le film d’animation Otel. Il est le scénariste du dernier album de Corto Maltese. En 2006, il remporte le Prix de la série du Festival d’Angoulême pour Blacksad et en 2013, puis en 2015, le Prix Harvey de la meilleure édition américaine étrangère pour deux albums de la même série.

Rubén Pellejero est un dessinateur espagnol et collabore principalement avec le scénariste argentin Jorge Zentner. Il reçoit en 1999 l’Alph Art du meilleur album étranger et le Prix du jury œcuménique de la BD au festival d’Angoulême pour Le silence de Malka (avec Jorge Zentner). En 2013, l’ensemble de son œuvre est récompensé par le prix « Grand Boum » décerné par le Festival BD de Blois.

©Casterman
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Notre « devoir de mémoire »

Un petit rappel pour les lecteurs novices : le personnage de Corto Maltese est créé en 1967 par Hugo Pratt, officiant comme dessinateur et scénariste et douze albums naissent sous la plume et le crayon de cet auteur de génie. Cette série marque l’histoire de la BD européenne et la propulse au rang des plus célèbres du XXe siècle. Elle est traduite en plusieurs langues et adaptée en plusieurs films d’animation. Le personnage de Corto Maltese, capitaine de marine est un anti-héros romantique et solitaire baladant son individualisme et son ton ironique, emprunt parfois d’une certaine poésie, au-delà des océans en parcourant le monde. Au fil de ces aventures il est le témoin, un brin spectateur, d’évènements historiques du début du XXe siècle. Dans presque tous les albums, Hugo Pratt relate des aventures souvent compliqués et nous embarque dans l’univers de légendes et traditions populaires, en toile de fond, des contrées que son personnage traverse.

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©Diaz Canales/Pellejero

Le nouveau Corto Maltese

Au début et à la fin du livre, on trouve la carte du monde datée de 1913 sur laquelle est notée les douze précédents albums d’Hugo Pratt, dont les titres sont comme épinglés aux endroits concernés par les aventures de chaque tome. C’est un bel hommage rendu par notre duo à Hugo Pratt, unique créateur de ce personnage singulier qu’est Corto Maltese. Juan Diaz Canales et Rubén Pellejero mettent en commun leur talent et nous offre un treizième album dans la digne lignée de son créateur. Tout y est ou presque…

L’histoire de ce volume reste du même gabarit : « Aventurier charmeur et ironique. Corto Maltese – amoureux de sa liberté et des femmes – traverse le monde toujours en quête d’un trésor caché, d’un ami à sauver… ou d’une cause perdue à défendre. » Nous sommes en 1915, notre personnage principal en route pour de nouvelles aventures traverse des étendues enneigées à bord d’un traîneau en compagnie de son ami, ou ennemi, Raspoutine dit « Ras ». Dès les premières pages nous retrouvons des planches fidèles dans le dessin des décors et des personnages, même les couleurs nous parlent ! L’histoire en elle-même est, en apparence, assez simple : Corto Maltese doit délivrer une missive écrite par son Jack London, se sentant partir dans l’au-delà et adressé à une femme aimée autrefois mais qui remplit encore son cœur. Jack London pour persuader son ami d’entreprendre ce voyage, lui promet une aventure digne de ce nom et un mystérieux « trésor ». Notre scénariste Juan Diaz Canales réunit tous les ingrédients pour que le lecteur soit dans le même univers qu’avec Hugo Pratt et surtout ne rien changer à la personnalité désinvolte, égocentrique et insaisissable de Corto Maltese : Les tempêtes en mer, l’éternel bateau, le mystère du contenu de la lettre, les rivages, le trésor… Le tout agrémenté par les dessins magistraux de Rubén Pellejero, riches en diversité au point de nous faire ressentir chaque bulle de dialogue des personnages et les encarts sur l’état d’esprit de Corto Maltese. Même les rêveries de notre anti-héros sur les rivages, le regard perdu au loin, les mouettes tournoyantes au-dessus de lui, nous ramènent vers les anciens albums.

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©Diaz Canales/Pellejero

Nous pouvons dire que notre duo d’auteurs vient de réussir le pari « un peu fou » de faire revivre un des plus beaux personnages de notre enfance. C’est une véritable joie de voir évoluer aux détours de chaque page ce nouvel opus de « notre » Corto Maltese au regard si mystérieux et si envoutant ! Ce nouvel album fait preuve d’une grande maîtrise du dessin et du scénario et en même temps garde l’esprit de son créateur : une fabuleuse aventure que nous avons pris plaisir à découvrir.

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©Diaz Canales/Pellejero

Une nouvelle ère

Malgré le respect des auteurs pour le créateur du personnage et ces précédents albums, l’histoire foisonne de personnages et certains lecteurs pourront avoir du mal à suivre le fil car certains méritent d’aller un peu plus en profondeur sur leur parcours personnel.  Le récit manque peut-être d’intrigues complexes chères à Hugo Pratt et Corto Maltese semble avoir perdu un peu de sa poésie et de son romantisme. Mais d’un autre côté Hugo Pratt n’est plus et nos deux auteurs, eux, sont bien vivants comme Raspoutine dans leur album alors il est temps de tourner la page et laisser les aventures de Corto Maltese évoluer au gré de nouveaux scénarios ! Cette petite critique est une goutte d’eau dans l’infini bonheur que Juan Diaz Canales et Rubén Pellejero viennent de nous offrir… Le monde change, les choses bougent et les aventures aussi. Nous espérons sincèrement que nos deux comparses nous concoctent encore pleins de nouvelles aventures dans cette nouvelle ère de Corto Maltese. Un fabuleux « Mistral » gagnant !

Françoise Engler

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