Rêver est une chose anodine, mais cela n’est pas le cas pour tout le monde…

En mai dernier, le maître du polar français, Franck Thilliez a sorti son nouveau roman, Rever. Cet auteur de thrillers maîtrise l’art d’intriguer à la perfection. Le titre du roman, tout d’abord, court, intriguant, tout simplement efficace ! Pourquoi le choix de ce palindrome ? Ensuite, la couverture. L’espèce de loup, le relief de l’image et l’écriture de ce titre que l’on peut lire dans les deux sens a de quoi déstabiliser le futur lecteur. Enfin, la phrase inscrite sur la quatrième de couverture, « Pour la plupart des gens, le rêve s’arrête au réveil. », donne au lecteur l’envie d’en savoir plus. Cette phrase interroge et le charme opère, nous n’avons plus qu’une idée en tête : lire ce livre !

Franck Thilliez débute ce roman avec son lecteur. Il l’informe qu’il passera du chapitre 56 au 58, mais pour reprendre ses mots, « Cela est normal et ne gênera aucunement votre compréhension de l’histoire ». Cela donne matière à réfléchir, pourquoi n’y a-t-il pas de chapitre 57 ?

Un thriller au cœur d’une maladie : la narcolepsie

© Fleuve Noir
© Fleuve Noir

L’héroïne de ce nouveau roman, Abigaël Durnan, souffre de narcolepsie. Cette maladie du sommeil la fait s’endormir à n’importe quel moment, si bien que ses collègues la surnomment Tsé-Tsé. Cette jeune psychologue travaille en étroite collaboration avec les gendarmes sur une affaire de disparition d’enfant, malgré sa maladie. Comme toujours, Franck Thilliez allie plaisir de lire et culture scientifique. Ce thriller est documenté de façon remarquable ; nous apprenons ce qu’est cette maladie qui parfois peut être handicapante. Tout tourne autour des rêves et du sommeil, si bien que le lecteur se demande s’il se trouve dans les rêves d’Abigaël ou dans la réalité. Pour faire la distinction, Abigaël a trouvé une solution : consigner ses rêves dans un carnet et se piquer avec une aiguille, du moins à titre temporaire…Quant au lecteur, il se doit d’être d’une attention sans relâche. Malgré les indications du narrateur à chaque début de chapitre pour nous situer dans le temps, nous pouvons nous perdre et nous demander si nous ne rêvons pas…La narcolepsie nous guetterait-elle à chaque fin de page ?

Tout débute avec un accident

Abigaël sort indemne de l’accident de voiture provoqué par son père. Miracle, chance, ou c’est autre chose ? Cette question hante l’héroïne, d’autant plus que sa fille de treize ans, Léa, et son père n’ont pas survécu. Comment se fait-il qu’elle n’en ait plus aucun souvenir ? Cela est-il dû à son traitement, à sa maladie qui lui joue des tours avec sa mémoire ? Cet accident est l’élément déclencheur de Rever et tout le long du roman, le lecteur s’en sert de fil conducteur. En parallèle, une sombre affaire d’enlèvement d’enfants et d’épouvantails…

Plongeons dans un monde ou rêve et réalité se confondent

À travers les cauchemars d’Abigaël, le lecteur comprend l’histoire mais reste déstabilisé, à l’instar de l’héroïne. Nous ne savons si nous sommes dans la réalité. Cela peut s’avérer traitre pour le lecteur et pour Abigaël. En effet, nous lisons un chapitre et le suivant est parfois contradictoire donc nous ne savons que penser. Cependant, les rêves sont indispensables pour comprendre l’histoire. Franck Thilliez réussit un coup de force puisqu’il parvient à nous faire douter de nous-même ! Comme il nous l’énonce au début du thriller, nous devons être attentifs !

Un final surprenant et à l’image de l’ingénieur qu’est Franck Thilliez

À la fin de ce thriller nous sommes surpris mais Franck Thilliez nous réserve un autre cadeau : la lecture du fameux chapitre 57 qui n’est pas présent dans le livre. Pour y parvenir, l’auteur nous donne un site où nous devons rentrer un code à 7 sept chiffres pour pouvoir accéder à ce chapitre. Nous comprenons donc l’avertissement de l’auteur au début du livre car c’est à nous de trouver ce code qui est cité par un des personnages.

Rever est un thriller génialissime qui montre une nouvelle fois que Franck Thilliez maîtrise l’art du polar à la perfection !

Marie Barday

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