Revivre le passé : Histoires de cape et d’épée à Lyon

Le XIXème  siècle est marqué par la volonté des artistes (écrivains, peintres, sculpteurs) de retrouver une époque passée, parfois oubliée et assez fantasmée: l’époque médiévale.
La peinture de cette époque légendaire permet aux artistes romantiques de créer de nouvelles compositions plus vivantes, plus colorées et plus pittoresques et c’est ce que le musée des Beaux-Arts de Lyon met à l’honneur avec cette étonnante exposition du 19 avril au 21 juillet. Son but, retracer le désir des peintres romantiques de peindre cette époque médiévale ainsi que la volonté de remettre au gout du jour cette époque pleine de mystères et de légendes.
La redécouverte de cette « histoire nationale » au XIXème siècle va entrainer un véritable bouleversement culturel et artistique.
Au détour d’un agréable circuit entre peintures d’histoire et peintures « troubadour », le visiteur est plongé dans cette « foule » d’histoires médiévales qui faisaient déjà rêver les romantiques et qui nous font encore rêver aujourd’hui.
Venez découvrir cette exposition qui retrace pour la première fois ce phénomène artistique et culturel qui a eu lieu en France mais aussi dans l’Europe entière.

Bande-annonce de l’exposition

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Des peintures de genres différents

Le visiteur pourra apprécier divers genres de peinture : peintures d’histoire, proches de la scène de genre, peinture que l’on appelle « peintures troubadour » qui privilégient les petits formats et la minutie telle les peintures hollandaises du XVIIème siècle ou encore les peintures de type « anecdotique » dont les peintres romantiques sont particulièrement friands. Ces peintures permettent de remettre au gout du jour certains épisodes de l’Histoire que le « grand genre » ne mettait pas à l’honneur.
Outre ces peintures « petit format », l’amateur de peintures « grand format » pourra aussi trouver des tableaux de « genre historique », dont Paul Delaroche devient la figure majeure dans les années 1820, privilégiant la charge émotive et la puissance dramatique (se plaçant dans la veine des écrivains romantiques comme Walter Scott , chef de file du roman historique au XIXème siècle ou encore Lord Byron).

L'exécution de Lady Jane Grey, Paul Delaroche
L’exécution de Lady Jane Grey, Paul Delaroche (1833)

Des peintures anecdotiques : l’intérêt de la « petite histoire »

L’intérêt de l’exposition réside dans le fait qu’elle porte une attention particulière à la « petite » histoire, souvent fantasmée et rêvée : l’anecdote tragique des Enfants d’Edouard (les enfants assassinés du Roi Edouard IV), L’éxécution de Lady Jane Grey tous deux de Paul Delaroche ou bien l’anecdote morbide d’une servante espagnole assassinée par un Roi ou encore l’anecdote sentimentale de Valentine de Milan, peint par Fleury Richard sont autant d’épisodes récurrents qui reviennent dans l’exposition, peints par différents artistes.
Que le spectateur ne s’offusque pas, il ne verra pas de scènes d’assassinat mais plutôt des scènes sombres, qui retracent l’atmosphère prégnante de cette époque médiévale sur laquelle se pose le regard de ces peintres romantiques.
On pourrait penser à un renversement des valeurs et un abaissement de l’Histoire  mais ce refus des grands tableaux dans le « grand genre » constitue surtout l’intérêt de l’exposition et retrace le mouvement culturel du XIXème siècle (qui a aussi  lieu en littérature).
L’exposition permet au visiteur de découvrir de nouvelles facettes de l’Histoire médiévale et de la Renaissance, qui étaient jusqu’au XIXème siècles passées sous silence.
Outre cette peinture de « genre anecdotique », le visiteur pourra trouver un très beau Delacroix (Louis d’Orléans montrant sa maitresse) ou encore de nombreux tableaux inspirés d’une des plus grandes légendes de l’époque de la fin du Moyen-Âge et du début de la Renaissance : Jeanne d’Arc.

Le meurtre de David Rizzio, William Allan
Le meurtre de David Rizzio, William Allan (1833)

La « mise en scène » du passé a un gout européen

Les amateurs de tournois et de batailles follement chevaleresques pourront être satisfaits avec la splendide sculpture de Theodore Getcher  (Richard de Warwick combattant) ou encore le tableau remarquable de Pierre Révoil (Le tournoi) qui peint l’acmé d’un combat, mais c’est surtout le gout de la puissance dramatique,  de l’émotion, de la mise en scène qui domine dans cette exposition, comme dans le tableau de Sir William Allan, Le meurtre de David Rizzio.  Cependant, les tableaux sont toujours empreints d’une certaine force et captivent l’œil du visiteur au moment fatidique, recréant l’atmosphère du passé le temps d’une visite.
L’exposition est riche et diversifiée ; on ne trouve pas que des tableaux mais aussi des sculptures et des dessins.
Le visiteur pourra remarquer que les tableaux viennent de pays Européens (Italie, Espagne..) mais ce sont surtout les pays de la Grande-Bretagne qui ont une place particulière dans cette exposition, notamment dû aux importantes légendes tragiques dont regorge l’Angleterre ou l’Ecosse par exemple ! Des personnages légendaires comme Mary Stuart ou Anne Boleyn sont ainsi mis en scène à travers ces tableaux.

Découvrez vite cette exposition, qui nous fait sortir de la banalité des sujets mythologiques et antiques, pour nous plonger dans ce fantastique imaginaire de l’époque médiévale !

Alicia

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