Le rock à tendance hardcore à l’honneur au CCO Villeurbanne

Ce lundi 27 juin, nous avons eu l’occasion d’assister au concert de Our Last Night, accompagné de Being As An Ocean, Merge et Barbie Sailers, au CCO (Centre Culturel Œcuménique) de Villeurbanne. Our Last Night venait pour la première fois à Lyon, et étaient très attendus, de même que Being As An Ocean, qui eux venaient ici pour la 3ème fois. La soirée était donc séparée en trois concerts, d’abord les Suisses de Barbie Sailers, puis les Français de Merge, tous deux avec des sets plutôt courts, puis des sets plus longs pour Being As An Ocean et Our Last Night, tête d’affiche de la soirée.

©LoupGuyot
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Barbie Sailers et Merge, deux découvertes rock

Il est souvent assez difficile de décrire précisément le style d’un groupe, entre rock, punk, hardcore, et tous ses dérivés, et ce soir au CCO nous avons pu voir les différences qu’il peut y avoir entre plusieurs groupes, et leurs ressemblances. La soirée commence vers 19h30 avec Barbie Sailers, groupe suisse, qui semble très heureux d’être présent ce soir en France. Ils nous livrent un set de trente minutes, assez court, mais qui commence doucement à chauffer la salle. Ils jouent un rock punk entrainant qui semble plaire au public, qui remplit au fur et à mesure la salle. Puis arrive en deuxième partie le groupe Merge, des Français qui jouent un rock plus hardcore, avec plus de scream (le fait pour un chanteur, non pas de chanter en voix claire, mais de crier ses paroles) que Barbie Sailers. Si au niveau des instrumentales on retrouve des ressemblances, le chant fait ici toute la différence entre les deux premiers groupes.

©LoupGuyot
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Being As An Ocean, la beauté du scream

Originaire de Californie, les cinq membres de Being As An Ocean ont formé ce groupe il y a cinq ans, et leur troisième album éponyme est sorti en juin 2015. C’est la troisième fois qu’ils viennent à Lyon, et le public les attendait impatiemment. Ils nous livrent un show grandiose, où le chanteur commence directement à chanter de l’intérieur de la foule. En effet, le chanteur principal, Joël Quartuccio, aime rester proche de son public, et tout au long du concert il saute dans la foule, pour faire du crowdsurfing, ou simplement prendre part à l’ambiance du concert (avec ses nombreux moshpits, c’est à dire des cercles ouverts au milieu de la foule où les gens dansent librement en se bousculant). Il fait également souvent chanter les membres du public, en tendant le micro vers la foule entière, ou vers une personne directement pour qu’elle crie elle-même les paroles dans le micro. La foule se déchaine face à ces chansons qu’elle connait par cœur et qui la touchent, reprenant en cœur les paroles du chanteur ou du deuxième vocaliste en voix clair, Michael McGough. Le groupe joue pendant 45 min, avec environ sept chansons, mélangeant leurs trois albums ainsi que leur dernier single, « Dissolve ». Le public est heureux d’entendre les morceaux les plus attendus, tels que « L’exquisite Douleur » ou « This Loneliness Won’t Be The Death of Me ». De plus, les Californiens de Being As An Ocean savent très bien faire durer les intros de chacune de leurs chansons, afin de faire durer la beauté des morceaux plus longtemps. Lors du troisième morceau, « The Poets Cry For More », le groupe permet au public de se déchainer et de monter sur scène pour se jeter dans la foule et faire du crowdsurfing, et la foule s’en donne à cœur joie jusqu’à la fin du concert, le premier sautant de la scène étant un jeune garçon d’à peine une dizaine d’années, ce qui fait sourire le public et les membres du groupe. Being As An Ocean finit son set dans la bonne humeur, avec l’air heureux d’être face à un public en grande partie réactif.

©LoupGuyot
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Our Last Night, rock-punk mitigé

Mais la soirée n’est pas finie, et la tête d’affiche très attendue par une majorité du public arrive enfin sur les coups de 22h15. Our Last Night nous joue un rock qui tend vers la pop-punk (comme All Time Low), mais avec une pointe de scream pour le côté punk/hardcore (comme Sleeping With Sirens). Le public très fan de ce groupe était donc moins réactifs aux précédents groupes, ce qui a un peu gêné l’échauffement de la salle par moment. Mais une fois Our Last Night sur scène, le public impatient se met à chanter et danser en cœur avec le groupe. Ils nous jouent leurs morceaux les plus attendus, comme « Younger Dreams », « White Tiger » ou « Home », avec des versions qui restent assez proches de leurs versions studio. Le groupe est à fond sur scène, fait chanter le public, blague et s’adresse à la foule. On sent pourtant qu’ils ont un show assez rodé, qu’ils savent ce qu’ils doivent faire et dire pour faire le show face au public. Assez réputés pour leur reprise de chansons pop à la sauce punk, ils nous jouent donc une version rock de « Eleanor Rigby » des Beatles ainsi qu’une version plus hardcore de « Radioactive » de Imagine Dragons. Ces deux chansons sont très bien reçues par le public, qui reprend en cœur ces refrains très connus. On reste cependant un peu mitigé par la douceur des Beatles remixés un peu trop violemment. Le concert se termine au bout d’une heure, avec une setlist assez longue mélangeant les morceaux de leurs albums et EPs. Lors du rappel, les chanteurs (puisqu’ils sont deux, une voix claire et une voix principale) nous offrent une version acoustique de « Falling Away », avant de terminer le set avec « Sunrise », extrait de leur dernier album.

On quitte donc la salle accueillante du CCO après presque quatre heures de concert. Chaque groupe présent avait sa particularité et son intérêt musicalement, ce qui nous a permis de découvrir différents genres dans le rock/hardcore. Nous avons été particulièrement touchés par la puissance live de Being As An Ocean, et un peu déçue par le live de Our Last Night, un peu trop simples par rapport à leurs versions studio et bloqué par une partie du public qui ne semblait s’intéresser qu’à ce groupe en tête d’affiche.

Éléonore Arnould

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