Scapin revisité : Empreint d’actualité, ils se sont démarqués

Du 4 au 9 Décembre la compagnie des idiots interprète Les fourberies de Scapin à l’Espace 44. Scapin est un jeune homme malicieux, vertueux. Il fait preuve d’une certaine perversion pour assister ses amis dans la noble quête consistant à prendre au riche pour donner au « moins riche ». C’est de leurs aînés qu’ils se moquent en testant leur avarice. Compagnon d’infortune, Scapin est un renard …

Au côté de la bonne fortune, le destin a voulu qu’il se retrouve dans de belles entreprises. Louables ou non c’est à vous de le dire. Ce héros populaire de Molière fait vivre un cauchemar a ses maîtres. Il les vole, les bat, testant sans cesse leurs limites.

De la jeunesse, de la fraîcheur

Le théâtre se dépoussière. Interprété par la Compagnie des Idiots, les fourberies de Scapin sont revisitées par une petit bande de jeunes sortant de l’école de comédiens Art en scène à Lyon. Au nombre de 8, ils avancent ensemble vers la réussite.

Un masque (expressivité du visage) travaillé, de la tête au pied ils s’animent. Tous ont joué de façon à nous démontrer l’étendue des acquis qui leurs ont été enseignés. Cette représentation du 4 décembre 2018, à l’espace 44, est leur seconde à Lyon. Ils ont déjà eu l’occasion, lors de leurs cursus scolaire, de jouer cette pièce. Ce n’est pas une raison pour Mohamed Brikat, metteur en scène, de la laisser se pétrifier par le temps. Maintenu dans le courant actuel, elle présente des éléments informels et critiques de notre époque. Les gilets jaunes font une apparition furtive. (acte II, scène 7). Des pièces actuelles, des stéréotypes qui s’entrecroisent, de Molière au berbère le métissage est réussi.

LGBT, Longuement et Grandement Bien Traité :

Insinué, mais non plus revendiqué, il est évident que les tendances qui affectent notre jeunesse pénètrent leurs sens de la mise en scène. Amusons-nous à voir ce thème charnel se faire déflorer. La rédaction de cette pièce n’a pas pour but de traiter de sujet sensible. Molière n’a pas forcement eu ce même objectif. Et qu’il lui déplaise ou non, nous y voyons 2 hommes s’embrasser.

Par un jeu de dialogue provocateur, nous pouvons comprendre que de grandes aventures ont pu avoir lieu entre les jeunes gens (Octave et Léandre). Provoquer ceci revient à promouvoir l’idée qu’une pièce prend d’autres dimensions selon comment elle est mise en scène. La compagnie des idiots promeut des idées qui, en ce moment, font débat. C’est un jeu qui est constamment en éveil.

Leurs travaux portent leurs fruits : ils affichaient salle comble, comblaient les blancs par nos éclats de rire. Le metteur en scène lui-même, qui assistait à la représentation, ne pouvait s’empêcher d’y contribuer : contribution à créer un esprit de groupe, nous étions amenés à nous extasier devant cette pièce.

Vassily Hüngsberg

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