Scaramouche, il pique, il touche !

Scaramuccia est une pièce de commedia dell’arte présentée à la Cours du Barouf (au même titre que La Locandiera ou encore L’École des femmes). Elle est interprétée par les élèves jeunes comédiens de l’Académie Internationale des Arts du Spectacle au festival d’Avignon cette année. Reprenant le héros légendaire de la commedia dell’arte, Carlo Boso, l’écrivain de cette comédie confirme son appétence pour le théâtre populaire et le théâtre de masque.

Fougue de l’action

Cette pièce a trente ans et a tourné partout. De l’Europe à l’Asie et passant par l’Amérique du Sud, c’est visiblement un immense succès que ce Scaramuccia de Carlo Boso. Grâce à ce spectacle, l’Académie Internationale des Arts du Spectacle de Versailles (AIDAS) permet à ses élèves de participer au festival d’Avignon. La troupe est donc constituée essentiellement de jeunes éléments. Leur plaisir à jouer est visible et leur énergie semble nécessaire pour porter un spectacle si foisonnant. Entre quiproquos et retournements de situations, il est peut-être nécessaire de faire un point. Scaramouche revient de la guerre pour retrouver son village, dont les habitants sont en plein imbroglio amoureux. Un marquis étranger est arrivé, et est tombé très amoureux de Lucrezia, une magnifique jeune femme pourtant sur le point d’épouser un homme très influent dans le village : le juge Justin. La fille du Juge elle-même, Violette, en pince pour ce marquis et ne vois pas que Cinzio, le neveu de l’Aubergiste Amelia, est amoureux d’elle. Violette a une servante du nom de Franceschina, dont tombe amoureux le serviteur du Marquis, Pulcinella. Ce dernier, pour tenter de conquérir sa belle décide, grâce à Scaramouche, de voler les tapis du Juge Justin afin d’avoir assez d’argent. Aux jeux d’amour se mêlent les fourberies et les mascarades, l’argent, la cupidité et l’envie. Bref, un cocktail explosif de vices pour créer des situations aussi loufoques qu’absurdes.

© Académie internationale des Arts du Spectacles
© Académie internationale des Arts du Spectacles

Une pièce bien rodée

« Allons chercher les tapis, Bernard ! »

Après trente ans de montage, la pièce aborde pourtant des thématiques très contemporaines. On y trouve de nombreuses références à l’actualité ainsi qu’à nos hommes politiques et médiatiques. C’est donc un travail permanent qui est fait sur cette pièce au succès international, le terrain de jeux et d’apprentissages des élèves de l’AIDAS. On salue d’ailleurs la performance de ses onze élèves qui ne sont pas épargnés. Les voilà au cœur de l’action, et il faut sauter, courir, se battre et dire ses vers ! Certains comédiens avaient en réalité la voix fatiguée et menaçant de se briser : un mois en Avignon pour le festival ne doit pas être de tout repos pour cette troupe qui a joué 7 au 30 juillet, et ce sans relâche ! Un grand bravo pour eux tous, donc. Une pensée en particulier pour les comédiens étrangers qui ont récité leur texte avec une diction impeccable. Le plaisir du théâtre est renouvelé dans cette mise en scène avec costumes et masques. Les chants permettaient également de plonger au cœur même du théâtre dell’arte. Le décor était des plus simples : un drap de couleur tendu sur une scène de tréteaux : cela permettait de traiter l’action avec efficacité grâce aux ouvertures faites à même le drap pour symboliser les fenêtres des diverses maisons par exemple. Un comédien permet aussi de nous faire rentrer dans l’esprit du théâtre dell’arte en n’intervenant pas dans la pièce mais uniquement aux entractes pour nous signifier la progression de la pièce. Il ne joue pas au sens propre avec les autres comédiens et ne fait pas avancer l’action, mais accompagne le public dans ce spectacle, comme un conteur qui serait muet. Voilà pourquoi nous nous retrouvons tous autour du théâtre dell’arte, c’est qu’il fait participer le spectateur et s’adresse directement à lui, dans un lien authentique à l’art qui s’exprime ici.

Voilà une pièce qui fait beaucoup de bruit : les amateurs de comédie populaire seront ravis ! La troupe semble s’entendre à merveille et véhicule énergie et bonne humeur.

Carlo Boso, metteur en scène du spectacle et directeur de l’Académie nous parle de son projet d’enseignement et de l’école qu’il dirige.

Margot Delarue

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