Sept Reines: des sirènes qui tentent de se tenir debout.

Nous retrouvons le collectif Le Bleu d’Armand au théâtre de la Renaissance du 12 au 17 novembre avec sa pièce Sept Reines – épopée d’un crachin d’amour inspirée du projet photographique Sea Reine de Kevin Buy.

La pièce met en scène des sirènes quittant avec leur reine comme tous les étés le port d’Alexandrie pour se rendre en Bretagne à la rencontre des marins. Des marins qui deviendront des amants pleins de désir mais jamais pleins d’amour. Causeront-ils la fin du règne des sirènes ?

Qui sont ces sirènes ?

A l’origine les sirènes étaient des oiseaux à tête humaine symbolisant les âmes des morts. A partir du Moyen-Age elle troquèrent leurs ailes d’oiseau contre une queue de poisson. Mais quelque soit leur forme elles avaient le pouvoir de charmer les hommes afin de les attirer pour ensuite les tuer.

Cependant deux marins réussirent à lors échapper : Orphée et Ulysse. Orphée grâce à sa voix plus puissante que la leur et Ulysse grâce à la ruse. Il boucha avec de la cire les oreilles de ses matelots, afin que ces derniers ne puissent plus entendre le chant séducteur des sirènes, et il s’attacha ensuite au mat de son bateau. A la suite de ces deux échecs les Sirènes choisirent de disparaître dans les profondeurs de l’océan.

Dans la pièce les sirènes ont également perdu leur pouvoir, elles ne sont plus de maléfiques séductrices mais au contraire des femmes délaissées, trompées et surtout très malheureuses préférant alors le suicide.

Entre fiction et réalité

La pièce oscille entre l’histoire des sirènes et le récit d’un amour déchu… Un énième cri contre l’amour ? Cette pièce arrive à se démarquer en mélangeant fiction et réalité. Les trois comédiennes très impliquées dans leur rôle nous transportent dans un océan d’amour à sens unique. Étant inspiré de véritables histoires d’amour, celles des comédiennes, le texte écrit par Martinage résonne profondément en nous.

Comment survivre à un amour malheureux ? Comme réussir à choisir la vie plutôt que le suicide quand le chagrin nous submerge ? Des questions lourdes de sens tant dans l’univers des sirènes que dans notre vie quotidienne. La solution est peut-être de parler, de se confier à des amies, des amies partageant notre désir de paroles, de prières, de danses et de chants autour de la mort..

Une belle pièce oscillant entre théâtre et poésie qui se détourne de l’imaginaire collectif à propos des sirènes pour questionner la féminité, le fantasme et la mort.

Raphael Teoli

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