Simplicité, puissance et douceur, tout est là : Kings of Convenience ou le coup de cœur de Sarah !

Kings of Convenience est un groupe norvégien de musique folk et pop, actif depuis la fin des années 90. Aujourd’hui illégitimement méconnu du grand public, L’Envolée culturelle se devait de vous faire découvrir ce merveilleux groupe, aux chansons parfois douces et apaisantes, parfois festives et ensoleillées.

Un soir d’hiver près du feu, je décide de me laisser guider par les suggestions de Youtube. D’ordinaire, je déteste qu’on me suggère quoi écouter ou quoi acheter sur Internet, mais là, je me dis : « Après tout, pourquoi pas… ». Et je ne le regrette pas. Youtube m’a fait voyager, m’a fait partir loin de ce froid glacial lyonnais – venant de Marseille, Lyon est le « grand Nord » – et de la pluie hivernale. Ce voyage, c’est le groupe Kings of Convenience qui m’a permis de l’entreprendre.

Harmonies et douces mélodies

coup de coeurOn ferme les yeux… On se détend… Et on savoure les voix de Eirik Glambek Bøe, de Erlend Øye, et le son des guitares. On reconnaît un peu des Pink Floyd, des Beatles, de Simon & Garfunkel ou encore, de groupes plus récents comme Smoking Bambino… Prenons la chanson « 24-25 » dans leur album Declaration of Dependance (2009) par exemple. Les deux guitares se complètent à merveille et créent d’admirables harmonies, tout comme le font les deux voix. Nous avons affaire à un chef d’œuvre de la musique contemporaine, vraiment. Vous me direz : « Et à quoi reconnaît-on une si belle chanson ? ». Je vous répondrai simplement qu’on se sent grandi, qu’on se sent changé après avoir écouté une telle musique, tout en ayant l’impression qu’on la connaît déjà, comme si la mélodie était évidente à nos oreilles. Ce groupe m’a fait sentir cela, et cette chanson plus particulièrement. Un mélange si parfait et si simple, avec seulement deux voix, deux guitares, deux artistes… C’est prodigieux. La simplicité est d’ailleurs le maître-mot du groupe : leur nom, Kings of Convenience, signifie bien « Rois de la facilité » ou « Rois de la simplicité ».
« 24-25 » est une chanson assez mélancolique mais le groupe est aussi capable de produire des mélodies d’un tout autre registre. C’est le cas de « Mrs Cold » par exemple : une guitare d’accompagnement pour un rythme plus joyeux et pétillant, une mandoline, deux guitares de lead, une basse, et on se croirait presque sur une plage en train de siroter un jus de fruits exotiques…
Si l’on s’intéresse à un autre album du groupe, disons Riot on a Empty Street (2004), l’ambiance change mais est tout aussi agréable. Nous avons affaire à un très bel album, du fait notamment de la participation de Feist – chanteuse, musicienne et compositrice canadienne – à la voix douce et aérienne, qui apporte encore plus de profondeur aux harmonies du groupe, comme en témoigne la chanson « Know How ».

« Tous les mots qu’[ils ont] à dire se sont changés en étoiles » (Apollinaire, Alcools)

coup de coeur 2

Rien n’est laissé au hasard pour le groupe et leur musique est d’autant plus profonde que leurs textes sont poétiques et parfois même philosophiques. Ces artistes maîtrisent l’art de la mélodie, de l’harmonie et savent écrire des textes à la fois simples et puissants : de petites étoiles qui brillent dans la voûte céleste de la musique actuelle.

Leurs textes reprennent des thèmes assez communs et arrivent tout de même à être originaux et étonnants. Pour citer quelques exemples : « Love is no big truth » reprend le thème de l’échec en amour et de la rupture amoureuse sur un ton nostalgique et tinté de tristesse. Le texte parle de la relation bien connue entre l’amour et la haine, et le chanteur finit par conclure douloureusement qu’il ne voudra plus jamais aimer (« I’ll never nef it again » ou « Je n’aurai plus jamais besoin [d’aimer] »). « Freedom and its owner » revêt quant à elle une dimension presque philosophique puisqu’elle pourrait renvoyer à l’Allégorie de la caverne de Platon (notamment le deuxième couplet) : en effet, il est dit que la liberté ne dépend que de son « propriétaire », c’est pourquoi nous devons chercher à découvrir l’inconnu plutôt que de rester enfermer dans une grotte à nous rassurer avec ce que l’on connaît déjà. On retrouve le thème de la prise de distance nécessaire pour la compréhension d’autrui dans « Peacetime of Resistance ». Les paroles de « Homesick » parlent du déracinement et de la perte de valeur d’un individu coincé dans la société contemporaine – elle revêt par-là une dimension critique. Une mise en abyme semble se dessiner dans cette chanson d’ailleurs, puisque le texte dit que seule une douce mélodie permettrait à cet individu de s’évader loin de sa triste réalité, tout comme le permet la chanson elle-même à celui qui l’écoute. Voici comment se terminent les paroles :

coup de coeur 3

«On a chance that on a tape I’d find a song for someone who needs somewhere to long for. Homesick because I no longer know where home is »

(« Espérant trouver sur une bande une chanson pour quelqu’un qui a besoin de quelque part pour s’évader. Mal du pays parce que je ne sais plus où sont mes racines »).

C’est ainsi qu’on voyage, qu’on sourit, qu’on a envie de profiter de la vie… Que demander de plus ? Je vous laisse découvrir par vous-même : allez écouter ces petites merveilles de la musique norvégienne, vous ne serez pas déçus…

Sarah Chovelon

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